À Andrésy : 5 ans de consommation d’eau gâchée en 1 mois

Les Andrésiens habitant ou traversant l’avenue des Robaresses voient de l’eau couler d’une canalisation, directement dans le caniveau, depuis plus d’un mois.

Les chiffres donnent le tournis : 260 000 litres d’eau se sont écoulés depuis un mois, ce qui équivaut à la consommation d’un Andrésien pendant 5 ans !

Alors que les Andrésiens paient déjà plus cher l’eau que les communes environnantes, les élus de MM. Ribault et Faist ne font rien pour trouver une solution, se limitant à rappeler que c’est à notre interco de le faire.

Récit d’un petit scandale local dans une ville qui a décidément tourné le dos à toute considération écologique.

Entre le 24 et le 26 juillet 2018, les riverains de l’avenue des Robaresses ont vu apparaître un tuyau sortant du sol et duquel coule de l’eau en continu. Cela dure donc maintenant depuis un mois. Plusieurs riverains ayant pris contact avec la SEFO ont appris qu’il s’agissait d’une purge. Le 21 août une photo a été postée sur la page Facebook « Andrésy Notre Ville :) » demandant là aussi des explications.

Retour sur un gâchis d’eau

En juillet 2018, les habitants du 24 avenue des Robaresses ont signalé à la SEFO que l’eau avait une forte odeur et qu’elle était imbuvable. Après analyses, il a été détecté la présence de bactéries dues au manque d’oxygénation de l’eau à cette extrémité de la canalisation.

La solution temporaire mise en œuvre, par la SEFO et GPSeO (notre communauté d’agglomération est responsable de la canalisation) pour éviter l’odeur et maintenir l’eau potable, est d’empêcher la stagnation par la mise en place d’une « purge ». L’objectif n’est donc pas de vider la canalisation mais seulement de maintenir un flot contenu qui permet l’oxygénation et ce jusqu’à la réparation de la canalisation par l’agglo (GPSeO).

Mais quand cette réparation aura-t-elle lieu ? Là est la question car, avec notre interco géante et les problèmes de 73 communes a gérer, les délais peuvent être très longs : tous les Andrésiens ont pu le constater s’agissant des nids de poule à reboucher !

L’agglomération ne s’est pas encore penchée sur le sujet et l’origine du problème ne semble, pour l’heure, pas déterminée avec certitude. On l’aura compris : cela risque de durer, surtout qu’il est évoqué de, peut-être, devoir refaire une partie de la canalisation !

Dans une de ses réponses au message Facebook, M. Faist, maire adjoint aux Finances, explique que « dans l’attente de la réalisation d’une jonction avec d’autres canalisations, c’est le seul moyen (temporaire) pour lui de rendre la qualité de service attendue. C’est donc une situation qui risque de durer plusieurs mois (validation de la solution, devis, bon de commande de la Communauté Urbaine, réalisation...) »

Un gaspillage de 260 000 litres par mois...

En attendant l’eau coule... et pas qu’un peu…

Si M. Faist annonce qu’il s’agit là « de la mise en place d’une « purge » à faible débit », nous avons voulu, pour notre part, établir un constat précis en allant mesurer le débit : une bouteille d’1 litre se remplit en 10 secondes. Cela donne 6 litres à la minute, 360 l/heure, 8640 l/jour, 259 200 l/mois soit 260 m³ par mois.

Lorsque l’on sait qu’une personne consomme en moyenne 52 m³ [1]] par an on constate que la mairie d’Andrésy et GPSeO ont déjà mis au caniveau la consommation annuelle d’une famille de 5 personnes ou autrement dit la consommation d’une personne pendant plus de 5 ans.

1209 € gâchés sur le mois de juillet : Andrésy est une des villes de l’interco qui paye le plus cher le litre d’eau. A raison de 4,65 € le litre d’eau payé par un ménage andrésien, les 260 m3 écoulés dans le caniveau durant le seul mois de juillet aurait généré une facture de 1209 € pour le ménage. Et à nouveau 1209 € pour le mois d’août qui s’achève !

Lorsque M. Faist nous dit que cela risque de durer des mois, on s’étonne que les élus en charge des affaires de notre ville se limitent aux constats et ne réagissent pas plus.

On reste aussi pantois devant l’inaction de l’Agglomération face au volume d’eau perdue et qu’elle aura à payer avec nos deniers.

Un volume d’eau équivalent à la consommation d’une personne pendant 6 années ne peut être considéré comme négligeable. Cela est faire injure aux citoyens à qui on tente d’enseigner le bon usage des ressources naturelles (surtout l’eau en période de canicule) et à certains peuples du monde qui ont des kilomètres à faire pour pouvoir pauvrement s’approvisionner en eau potable, de plus en plus rare. Gâcher, en toute connaissance de cause, de l’eau potable est une honte.

Les élus de la majorité municipale d’Andrésy incapables d’imagination

Manifestement, le maire d’Andrésy et son Premier adjoint, M. Faist, ont pris les renseignements au niveau de l’interco pour... prendre acte de la situation. Nous aurions attendu de leur part beaucoup plus de pression auprès des services de GPS&O pour trouver une solution très rapidement, quitte à médiatiser l’affaire.

La ville a un adjoint dédié aux Travaux, Alain Mazagol, qui, encore une fois, est aux abonnés absents. Voilà un élu qui devrait, chaque jour, téléphoner aux services de l’interco et contacter directement le vice-président de GPS&O, en charge de la voirie du territoire, pour cesser cet inacceptable gâchis.

Une municipalité pourrait aussi faire preuve d’imagination ou de débrouillardise. Si cette eau coule à perte, autant en faire profiter les riverains ou les parterres fleuris de la commune.

Pourquoi ne pas mettre un tuyau plus haut qui permette de récupérer l’eau dans un réservoir lui-même doté d’un robinet ? Les services municipaux d’espaces verts et les riverains pourraient s’en servir pour arroser jardins et potagers ?

Cet exemple, pas si trivial au regard des quantités d’eau gâchées, nous montre à quel point les élus de la majorité Ribault-Faist peuvent faire preuve de passivité. A partir du moment où l’affaire est du ressort de l’interco, ils ne font plus rien.

Les élus de la majorité municipale d’Andrésy sont, encore une fois, uniquement capables de constater un problème mais pas d’imaginer des solutions au quotidien.

 


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