Agrandissement du groupe scolaire le Parc : un projet qui ne répond pas aux besoins des andrésiens

L’occasion manquée de penser l’avenir des andrésiens

Alors que les travaux d’agrandissement, de rénovation et de mise aux normes de l’école Le Parc ont commencé en juillet nous publions la retranscription de l’intervention des élus AER lors du conseil municipal du 8 juin 2018 au cours duquel était mis à l’ordre du jour le vote des crédit pour le lancement des travaux d’agrandissement de l’école Le Parc.

Les projets immobiliers nécessitent la création de 11 classes sur la ville

En 2015 vous (la majorité de MM. Ribault & Faist) avez fait réaliser une étude prospective sur les besoins scolaires afin d’anticiper l’impact des nombreux projets immobiliers prévus ces prochaines années à Andrésy. Vous souhaitiez, cette fois, éviter les conséquences de la non anticipation de l’impact du projet immobilier sur les terrains de l’ancien collège qui vous avait obligé à modifier la carte scolaire afin de diriger les nouveaux arrivants vers Saint-Exupéry plutôt que vers Denouval dont la logique géographique les faisait dépendre. Votre impréparation vous avait, par ailleurs, contraints à démarrer dans l’urgence l’agrandissement de la maternelle Saint-Exupery.

L’étude de 2015, donc, vous a amenés à envisager la création de 11 classes sur l’ensemble des écoles. Saint-Exupery est aujourd’hui terminé, Denouval est en cours d’appel d’offre, les travaux sur le groupe scolaire Le Parc débuteront dès le 7 juillet 2018 et ceux, un temps envisagés aux Charvaux, sont pour l’instant suspendus (en dehors de la mise aux normes PMR bien entendu).

Aucun travaux d’envergure en 17 ans de mandats dans le groupe scolaire Le Parc

Les travaux du Parc, qui nous intéressent ce soir, concernent le plus gros groupe scolaire de la ville comptant actuellement 16 classes (13 en élémentaire et 3 en maternelle) pour environ 420 élèves. Les travaux visent à ajouter deux classes en maternelle et deux classes en élémentaire ainsi qu’à réhabiliter ce groupe scolaire qui n’a connu aucune intervention majeure depuis 50 ans alors qu’il en aurait bien eu besoin et que vous auriez largement eu le temps de les faire, M. Ribault, durant vos trois mandats qui couvrent les 17 dernières années.

Un coût de rénovation et d’agrandissement de 4,5 millions d’euros au bas mot

Cette longue période de délaissement se reflète d’ailleurs dans le coût financier du projet qui s’élève à 4,5 millions d’euros : l’agrandissement, en lui-même, ne coûtant qu’environ 1,5 millions, les 2/3 restants du budget allant donc à la rénovation du bâtiment et à sa mise aux normes PMR.

Plus de dix ans de retard sur l’accessibilité
La mise aux normes PMR aurait dû être terminée pour le 1er janvier 2015, la loi ayant été votée en février 2005. Cela vous laissait treize ans, soit deux mandats, pour envisager cette mise en accessibilité, mais vous n’avez rien fait, bien que la loi vous y obligeait.

Cela aurait sans doute été l’occasion de rénover l’école avant et de ne pas avoir à le faire aujourd’hui, donc de lisser les coûts dans le temps...

Pour cela, il aurait fallu que vous vous projetiez dans l’avenir, que vous anticipiez et que vous soyez soucieux du bien-être des élèves et enseignants. Nous savons depuis longtemps que c’est une des incompétences de votre équipe.
 

Les points positifs du projet de l’architecte

Aujourd’hui, et si nous nous intéressons au projet, les élus AER soulignent de nombreux points positifs.

L’architecte que vous avez retenu a fait un travail intéressant avec les contraintes que vous lui avez imposées.

Côté maternelle les deux classes ajoutées permettent de ne pas toucher à la cour et s’implantent de façon intelligente dans les espaces libres situés à l’arrière. Il faut souligner le gros travail conjoint des parents d’élèves, des enseignants et des animateurs, réalisé à leur initiative, et qui a permis de répartir finement les nouveaux espaces en retravaillant directement les plans de l’architecte pour s’adapter au plus près aux besoins des enseignants et du périscolaire.

Côté élémentaire, l’architecte a été plutôt créatif avec la mise en place de marches géantes qui viennent fermer la première cour (celle des CP/CE1/CE2) et t permettent aux enfants de s’y asseoir et d’y jouer. L’habillage extérieur du bâtiment ne semble pas laid et devrait permettre de se protéger du soleil. Espérons que le coût d’entretien du bardage bois a été anticipé car il peut s’avérer fort coûteux.

Autre bonne idée de l’architecte, la création de toilettes à chaque étage évitera aux élèves de devoir redescendre au RDC sans besoin d’être accompagné.

Les problèmes que le projet ne résout pas OU qu’il génère

Des enfants qui ne sont plus protégés des intempéries

Premièrement, l’ajout des classes se fait en lieu et place du préau, qui est un espace précieux et unique car il permet de se protéger des intempéries lors des récréations et du temps de pause méridienne

Certes un auvent est créé en fond de cour mais il est de faible largeur, posé assez haut et ouvert à tout vents. Il ne protègera en rien les élèves contre les éléments. Le préau servait aussi d’espace de jeu et, alors que le nombre d’élèves va croissant, les m² de cour vont, eux, diminuant. Comme va probablement nous l’opposer M. Faist, la mairie reste dans les préconisations du ministère. Rappelons que ces préconisations indiquent les minima à respecter. Le fait que l’on ne tente pas de maintenir la qualité de vie actuelle des espaces extérieurs en agglutinant plus d’enfants dans moins d’espace démontre, une fois de plus, que la casquette d’adjoint aux finances de M. FAIST passe toujours avant celle d’adjoint au scolaire.

Une cantine étriquée

Aujourd’hui il faut 1h30 minimum pour faire passer 254 enfants

L’autre point inquiétant est celui de la restauration. En mars 2017, en tant que parent d’élèves élu j’ai été à l’initiative d’une observation d’un temps de cantine. Nous avons pu constater « qu’un jour idéal avec une nourriture peut compliquée » (dixit les animateurs), 254 élèves mangent dans des conditions relativement bonnes en termes de durée du repas et d’espace. Un point noir demeure : le bruit. Avec 80 décibels en permanence, les nerfs des enfants et adultes présents sont mis à rude épreuve, entrainant fatigue et surexcitation.

Malgré cette « nourriture peu compliquée », les derniers enfants sont sortis à 13h35 en ayant une durée de repas de 20 à 30 minutes.

Lorsque les conditions ont été moins idéales il n’a pas été rare que les enfants sortent de la cantine à 13h45.

15 minutes de moins pour manger à la rentrée 2018

Qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Avec le retour de la semaine de 4 jours et un temps de pause méridienne ramené à 2h au lieu de 2h15, le temps de cantine se voit amputé de 15 minutes (retour en classe à 13h45). Il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que nous allons au-devant de grandes difficultés.

Alors, certes, la rénovation de l’établissement prévoit un léger agrandissement de 25 places pour l’espace restauration (ce qui d’ailleurs réduit le préau de la cour des grands, qui est déjà petit), passant ainsi de 88 à 113 places.

50 enfants de plus à terme

La cuisine, elle, ne peut être physiquement agrandie. Elle est agréée aujourd’hui pour 300 repas maximum. Même si vous dites qu’il est possible d’augmenter encore sa capacité de production, le temps de passage sur la ligne de self, lui, n’est pas compressible, pas plus que ne l’est le temps passé à table par les enfants qui doit être officiellement de 30 minutes. Il est aussi à considérer que les 2 nouvelles classes induiront une plus grande fréquentation de la cantine (probablement autour de 320 enfants).

Le bien-être des enfants non pris en compte

En résumé, nous aurons plus d’enfants à la cantine, 15 min de moins qu’aujourd’hui et un temps incompressible de passage sur la ligne de self : Il nous semble que ce seul problème du bien être des enfants et des personnels péri-scolaires aurait dû vous amener à réfléchir.

Car face à cette question du bien-être des enfants à la cantine il y avait plusieurs approches possibles et, une fois de plus, c’est la dimension financière qui a pris le pas sur les autres. On rajoute des chaises et des tables et ça ira bien.

Pourtant il y avait au moins une autre solution et ses avantages dépassaient d’ailleurs la seule question de l’agrandissement du groupe scolaire Le Parc. C’est ce qui nous amène à notre seconde remarque.

Un autre projet architectural était possible

Si l’on regarde le groupe scolaire dans sa totalité on s’aperçoit que l’école est inscrite dans un terrain où se situent d’autres bâtiment appartenant à la mairie.

Du côté de la maternelle on trouve la salle associative Lepic et un petit immeuble social. (cet immeuble appartient à la mairie qui y loge des enseignants et du personnel de mairie).

Sur la droite de l’entrée actuelle de l’école élémentaire, on trouve un immeuble vétuste construit en même temps que l’école. Il est composé de 4 appartements sur deux niveaux, les deux logements du haut étant aujourd’hui inoccupés depuis très longtemps et l’un du RDC devant se libérer très prochainement.

Des contraintes posées dès l’appel d’offre par MM. Faist ont limité les possibilités de l’architecte

Lors du lancement de l’appel d’offre, M. Faist nous avait indiqué que les architectes avaient toute latitude dans leurs propositions. Et puis lorsque le choix de l’architecte final a été arrêté, le problème de la cantine n’ayant pas été traité de façon satisfaisante, de notre point de vue, nous avons reposé la question.

M. Faist nous a alors indiqué que seuls les bâtiments scolaires faisaient partie de l’appel d’offre… L’architecte n’a donc pas eu d’autre choix que de boucher le préau avec deux classes car c’est ce que vous lui avez demandé et il n’a rien pu proposer pour agrandir significativement la cantine.

Penser un groupe scolaire qui puisse aussi servir de centre périscolaire municipal en remplacement de Saint-Exupery

Pourtant il y avait au moins une autre solution. Elle demandait, certes, de reloger les deux familles habitant le petit immeuble vétuste, mais cela ne valait-il pas le coup d’y penser au nom de l’intérêt général de plus de 400 enfants ?

Inclure tous les bâtiments de la zone dans l’appel d’offre

Car ce faisant il était possible d’intégrer, dans un projet plus ambitieux, cet immeuble et de construire, à sa place, un ensemble cuisine/réfectoire sur la base d’éléments modulaires et d’intégrer à ce bâtiment, l’espace nécessaire au RASED pour recevoir parents et enfants, en RDC et en toute confidentialité.

Ce nouvel ensemble cuisine/réfectoire, RASED avait de nombreuses vertus :

  • Convertir le réfectoire en espace périscolaire
    L’ensemble réfectoire/cantine actuel pouvait être reconverti en plusieurs espaces périscolaires utilisés pour les temps du midi et du soir, pour se mettre au calme, au chaud en hiver, etc. Idéalement placés de surcroît entre les deux cours.
  • Maintenir le préau et ne plus construire d’auvent
    Le déplacement des locaux du RASED et la récupération de la salle du périscolaire permettaient de ne pas avoir à construire de nouvelle classe. Cela permettait le maintien du préau et ne nécessitait plus la construction du auvent
  • Transférer l’accueil des 6ans et plus du mercredi et des vacances
    Mieux encore, il était envisageable de regrouper ici le centre aéré des 6 ans et plus du mercredi et des vacances scolaires ce qui permettait de bénéficier de deux cours et d’un terrain de sport sur place alors que l’espace Saint-Exupery est exigu avec une toute petite cour et sans terrain de sport depuis qu’il a été remplacé par le parking des Courcieux.
  • Centraliser la dépose des enfants
    Cerise sur le gâteau cela permettait aux parents déposant des enfants d’âges différents de déposer et récupérer petits et grands facilement puisque les deux centres se retrouvaient face à face
  • Offrir de l’espace supplémentaire à la bibliothèque
    L’espace Saint-Exupery libéré du périscolaire pouvait être repensé pour recevoir la bibliothèque, qui a bien besoin d’espace,
  • Agrandir l’école de musique
    L’espace libéré par la bibliothèque permettait l’agrandissement de l’école de musique et de danse qui en a bien besoin aussi.

Pourquoi ne pas avoir non plus intégré dans votre projet la maison associative Lepic ? Alors que nous manquons de structures d’accueil pour nos associations, alors que vous souhaitez atteindre 15 000 habitants, vous auriez pu songer à un projet global intégrant structures scolaires et associatives.

Vous me rétorquerez sûrement que ce projet est plus cher. Il l’est peut-être, quoi que cela soit discutable, mais il :

  • Solutionne 4 problématiques de locaux (groupe scolaire Le Parc, bibliothèque, école de musique et de danse et salles Lepic) qui coûteraient beaucoup plus chers à solutionner indépendamment les uns des autres,
  • Facilite la vie des parents andrésiens (les 2 centres aérés sont face à face), offrent de plus grands espaces culturels et associatifs (très demandés tant par les utilisateurs que par les personnels concernés)
  • Donne à la ville 20 à 30 ans avant de devoir initier d’autres travaux.

Incompétence chronique des élus de la majorité à penser économies financières et frais de fonctionnement

Avez-vous mené une telle réflexion globale ? Il ne semble pas.

Avez-vous pensé à l’échelle de la ville et du temps au lieu de ne voir que le petit bout de la lorgnette ? Non, comme à votre habitude

Vous êtes-vous seulement offert la possibilité de choisir en donnant divers axes de réflexion aux architectes ? Toujours pas.

Vous est-il venu à l’idée d’envisager la contrainte des travaux comme une opportunité et non une calamité ? On voit bien que non.

Avez-vous envisagé ce projet comme l’opportunité de réfléchir au mieux aux économies en frais de fonctionnement futurs ? Non.

Vous respectez les normes de la RT 2012 par obligation mais une isolation supérieure au minima demandés par la RT2012 existe . Le devis parle d’isolation des façades, on comprend donc que vous n’isolez pas la toiture pourtant espace majeur de la déperdition de chaleur. Vous n’envisagez pas de panneaux solaires. Tous ces éléments auraient induit des économies d’énergie.

N’êtes-vous pas les premiers à nous rappeler à chaque conseil municipal que les frais de fonctionnement doivent impérativement baisser ? Pourquoi ne faites-vous rien quand vous en avez l’opportunité ? Pourquoi toujours cette vision à court terme et toujours fondée sur le cout financier immédiat sans réflexion sur les économies sur la durée ? Pensez-vous, MM. RIBAULT, M. FAIST, que vous agissez là en bons gestionnaires des deniers des andrésiens pour les 20 ans à venir ?

MM Faist et Ribault privilégient l’apparence, AER privilégie le quotidien des andrésiens

Ce mode de pensée souligne tout ce qui nous sépare. Vous démontrez une nouvelle fois dans ce projet votre incapacité à vous projeter dans l’avenir et à être créatifs. Quand vous privilégiez l’apparence (Trek’Ile, halte de plaisance), AER privilégie le quotidien des andrésiens de tout âge et le porte-monnaie de ces derniers. C’est sûr, cela se remarque moins mais c’est ce que des citoyens demandent aux représentants qu’ils ont élu pour préserver leurs intérêts et non briller à leurs frais.

Un projet qui ne répond pas aux besoins des andrésiens

En conclusion, nous admettons que la rénovation du groupe scolaire Le Parc recèle quelques qualités, mais aussi des défauts que nous avons soulignés.

Mais surtout, ce projet de rénovation manque d’une part d’ambition (car une fois fait, les nouveaux bâtiments cohabiteront avec des bâtiments vieillis) et d’anticipation, ne permettant pas de répondre aux besoins des Andrésiens à long terme.

Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de voter « contre » votre projet d’extension et de rénovation du groupe scolaire. Nos enfants méritaient bien mieux.

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Conseil municipal exceptionnel du 8 juin 2018

Tribune AER - Août 2018