Andrésy : la ville qui demande le label UNICEF tout en fermant sa crèche familiale

Sans aucune concertation, ni travail en commission municipale, Hugues Ribault, maire d’Andrésy, soutenu par son adjointe à l’Enfance et aux Solidarités, Nicole Gendron, et par toute sa majorité, a décidé de fermer la crèche familiale d’Andrésy et, par conséquent, de licencier les assistantes-maternelles de la ville.

Laurence Alavi, conseillère municipale d’opposition AER, est vivement intervenue, en conseil municipal du 17 mars 2017, pour regretter cette fermeture et ses conséquences dramatiques tant pour les assistantes-maternelles de la ville que pour certaines familles modestes d’Andrésy.

Apparemment, une ville peut obtenir le label UNICEF, « Ville amie des Enfants », tout en fermant une crèche !

Décision de fermeture unilatérale et sans concertation

C’est avec surprise que les élus d’opposition ont appris, lors de la commission enfance-famille du 21 mars, la fermeture programmée de la crèche familiale au 31 décembre 2017.

A aucun moment, de quelconques problématiques, financière, structurelle ou de personnel, n’ont été remontée lors des commissions précédentes. On nous informe, sans nous communiquer aucun chiffre détaillé, que le coût financier de la crèche familiale est 2,5 fois plus élevé que celui du multi-accueil des Oursons et que la commune ne peut plus y faire face.

La crèche familiale : un rôle social essentiel pour les familles andrésiennes modestes

La crèche familiale remplit pourtant un rôle social primordial dans toute commune. Elle permet à des parents à faibles revenus de faire garder leurs enfants sur une plage horaire plus large que le multi-accueil et à un coût financier 2 fois moins élevé qu’auprès d’une assistante maternelle (AM) libérale. Elle permet à ces personnes, souvent des parents isolés, de pouvoir travailler et rapporter un revenu leur permettant de ne pas être à la charge de la société.

Les AM de la crèche familiale avaient pour obligation de recevoir les enfants de 7 h à 19 h et 5 jours par semaine. En cas d’absence de l’AM, les enfants étaient automatiquement pris en charge par une autre AM de la crèche familiale.

Comparativement, les Oursons reçoivent les enfants de 8h00 à 18h30, au maximum 4 jours par semaine et ferment 7 semaines dans l’année (1).

N’est-il pas alors normal alors qu’à services et nombre d’enfants accueillis non comparables, le coût ne le soit pas non plus ? Les AM reçoivent 42 enfants quand le multi accueil n’en reçoit que 25 à 4/5ème de temps.

Licenciement des AM de la ville

De leur côté, les AM de la crèche familiale profitaient d’un statut de contractuelles leur garantissant l’emploi (du moins le croyaient-elles jusque-là). Elles n’avaient aucun rapport, hiérarchique ou financier, avec les parents et n’avaient pas à gérer toute la partie administrative de la relation avec les parents. Elles étaient, par ailleurs, dotées du matériel nécessaire à la réalisation de leur mission. Avec cette fermeture, elles vont devoir changer de statut (modification du système de retraite, de sécurité sociale), vivre dans l’incertitude d’obtenir des contrats d’une année sur l’autre (et on sait qu’actuellement les AM libérales ont beaucoup de mal à trouver des contrats) et devoir renouveller, à leurs seuls frais, le matériel.

Les interrogations de AER

  • Une crèche familiale n’est pas obligatoirement prise en charge par une commune. A-t-il été envisagé d’en demander la reprise par le Conseil Régional, la CU ou encore une association ?
  • Qu’a-t-il été prévu pour les parents qui ne pourront pas s’offrir les services d’une AM libérale soit parce que les horaires, choisis par l’AM, ne conviendront pas aux contraintes professionnelles des parents et/ou parce que le tarif mensuel ne sera pas compatible avec leurs revenus ?
  • Même si une place leur était proposée au multi accueil, que feront-ils le jour de la semaine où le multi-accueil ne s’en occupera pas ?
  • Devront-ils envisager de travailler en 4/5ème pour gagner encore moins bien leur vie ? 

Andrésy ferme la crèche tout en demandant le label UNICEF « Ville Amie des Enfants »

Vous avez déjà coupé vos subventions à BabyLoup il y a quelques années lors que plusieurs familles andrésiennes profitaient des services exceptionnels rendus par cette structure, tel que l’accueil 24h/24 qui permettait à des parents en horaires décalés de pouvoir aller travailler.

Aujourd’hui vous fermez la seule vraie structure adaptée aux parents à faibles revenus. Pour une ville qui cherche à obtenir le label UNICEF « Ville amie des enfants », cela le fiche un peu mal.

Surtout ne concourez pas au label « Ville amie des parents ». Que doit-on en déduire ? Que la majorité andrésienne souhaite voir partir les familles à faibles revenus ?

Je vous rappelle que nous sommes tenus de rejoindre un taux de 25% de logements sociaux et que ces derniers sont attribués à des locataires qui travaillent mais sont, et ils le regrettent surement, faiblement rémunérés. Que proposerez-vous comme solutions à ces familles ?

Il ne reste à Andrésy qu’une seule structure d’accueil de la petite enfance et cette dernière n’offre que 25 places « à plein temps ». Pour 12500 habitants, et bientôt 15.000, cela est pitoyable.

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(1) Face au tollé suscité par cette fermeture, le maire, Hugues Ribault, a annoncé, dans la presse, que Les Oursons ouvriraient dorénavant 5 jours par semaine...