Andrésy ne respecte pas le PADD intercommunal

Toute collectivité doit élaborer un programme d’aménagement et de développement durables (PADD), avant tout plan local d’urbanisme (PLU).

Le PADD précise les grandes orientations d’une commune, ou d’une intercommunalité, en matière d’aménagement et d’urbanisation. Le PLU doit ensuite être en cohérence avec le PADD voté préalablement.

Les élus d’opposition AER avaient déjà constaté que le PADD d’Andrésy enchainait les belles phrases, les scénarii les plus attirants qui ne pouvaient que satisfaire tout le monde.

Le PADD intercommunal (PADDi) de Grand Paris Seine-et-Oise (GP&SO) n’échappe pas à la règle (voir notre article).

De surcroît, les élus AER constatent des contradictions entre les orientations d’aménagement prônées par le PADDi et les projets d’urbanisation d’Andrésy.

Déjà dans le PADD d’Andrésy...

Rappelons-nous des grandes ambitions du maire d’Andrésy et de sa majorité municipale dans son PADD de 2015. Les « orientations » évoquent trois points : « une ville à taille humaine », « maintenir l’écrin naturel et patrimonial identitaire d’Andrésy », « constituer un territoire durable »...

Comparons maintenant ces objectifs avec les décisions du maire d’Andrésy :

  • la « ville à taille humaine », c’est une augmentation de la population de 23% en 8 ans et des projets immobiliers de grande ampleur (projets Rue des Robaresses + Gare = 600 logements) ;
  • le « maintien de l’écrin naturel d’Andrésy », c’est une urbanisation programmée du bas des coteaux, et un projet immobilier dans un espace boisé classé en plein centre-ville (projet Rue des Courcieux) ;
  • le « maintien de l’écrin patrimonial d’Andrésy », c’est la destruction des ateliers de travail des années 30 (projet CCI) et de l’ancienne halle à marchandises (fin XIXème siècle) dans le projet Gare ; c’est aussi le démembrement d’une propriété classée « remarquable » (fiche 21, AVAP d’Andrésy)...

 

Les contradictions entre l’urbanisation d’Andrésy et le PADDi

Notre intercommunalité vient de voter son PADDi qu’Andrésy est censée respecter. De nombreuses contradictions existent pourtant...

- page 28 du PADDi GP&SO : « valoriser le patrimoine bâti dans les rénovations urbaines ».

Or, les deux gros projets immobiliers sur Andrésy font table rase du patrimoine architectural historique que sont les ateliers de travail de la CCI et l’ancienne halle à marchandises SNCF.

 

- Le PADDi insiste aussi (page 20) sur la préservation de «  continuités écologiques dans les espaces urbains ».

Or, le maire d’Andrésy va laisser détruire en plein cœur du centre ancien une trame verte, avec la disparition du jardin remarquable d’une bâtisse elle-même classée dans l’AVAP d’Andrésy, rue des Courcieux – le tout pour faire un immeuble.

 

- p. 24 & p. 62 : « favoriser l’efficacité énergétique, la production d’énergies renouvelables, la performance du bâti » :

Or à Andrésy, le PLU freine voire rend impossible la pose de panneaux photovoltaïques. Ceux-ci notamment ne doivent pas être visibles de la rue ! Toutes les communes sont en train de supprimer cette législation anti-écologique, contraire aux engagements du Grenelle de l’Environnement - pas à Andrésy.

Les deux projets immobiliers (Gare et CCI) n’apportent aucune plus-value écologique. Aucun éco-quartier, aucun bâtiment BBC, aucun investissement d’économies d’énergies. Les riverains verront surgir devant chez eux 600 logements qui respecteront la règlementation thermique de... 2012 (RT 2012), alors qu’ils seront construits entre 2018 et 2021, et alors que la RT 2020 existe déjà et prône des bâtiments à « énergie positive ».

De même, alors qu’Andrésy se lance dans de grands chantiers immobiliers, rappelons que ce PADD prône des « chantiers à faible impact environnemental » (page 24). Nous attendons donc les propositions du maire et de l’aménageur-monopole choisi (Citallios) pour respecter ce point du PADDi…

La liste n’est pas exhaustive. Mais elle en dit long déjà sur la pertinence de ces PADD qui ne sont pas ou peu respectés dans les PLU. Mais qui osera faire des recours ? Personne, car les juges les débouteront : les termes sont suffisamment généraux dans les PADD pour que les maires puissent élaborer des PLU sensiblement différents et de moindre qualité...