AVAP d’Andrésy : les raisons du vote « contre » des élus de l’opposition AER

Les élus AER s’étaient exprimé « contre » le projet AVAP du maire d’Andrésy, lors du Conseil municipal du 26 mai 2016.

Protéger ainsi 50% de la ville est totalement excessif. D’autant que la règlementation de l’AVAP freine voire empêche tout travaux de réhabilitation et d’écoconstruction. En ce sens, l’AVAP de M. Ribault est anti-écologique : elle ne permet plus d’investissements en matière d’éco-matériaux, d’isolation durable, d’économies d’énergies (panneaux solaires très restreints), etc.

Des bâtiments historiques de la ville s’abiment car leur réhabilitation devient impossible et onéreuse.

La majorité de M. Ribault impose une règlementation stricte qu’ils ne sont même pas capables d’appliquer pour les batiments municipaux. Enfin, l’AVAP n’a pas empêché de voir disparaitre, sous la mandature de M. Ribault, l’ancienne clouterie du XIXème siècle et les tilleuls centenaires du centre-ville, sans parler de la destruction de l’espace naturel sauvage d’Andrésy... Et l’AVAP, qui contourne intelligemment les projets immobiliers de M. Ribault, n’empêchera pas la destruction programmée de la halle à marchandises SNCF (XIXème siècle) et des ateliers de travail de la CCI (années 50).

Un périmètre totalement excessif et non justifié

Trois constats généraux s’imposent avant toute lecture du projet AVAP de la majorité d’Andrésy.

  • Hors communes dont les monuments historiques et le classement des 500 mètres ne nécessitent pas d’AVAP (comme Versailles ou St Germain), très peu de communes ont une AVAP. En général, il s’agit de communes à grande richesse patrimoniale, en matière de bâti, souvent constituées d’un centre-ville ancien de grande valeur. Elles sont très peu nombreuses. Andrésy n’est pas une ville à haute valeur patrimoniale, à l’exception des batiments classés « monument historique » et de quelques batiments interessants, disséminés dans la ville.
  • La proportion de l’aire AVAP est faible dans toutes les communes ayant cette aire : elle se limite aux centres historiques ou aux quartiers à forte spécificité.Le tableau ci-dessous démontre que la superficie de l’AVAP d’Andrésy est énorme (la moitié de la ville) : le périmètre AVAP d’Andresy est vraiment excessif et donc peu justifié. Seules Enghien, Monfort et Neauphle ont une proportion supérieure à 50%. 

Ville

ZPPAUP

Superficie ville

%

Logement sociaux

Andrésy

 

3421028,25

 

6,91

 

49,51

 

15,54%

 

Auvers-sur-Oise

4062941,31

12,69

32,02

7,06%

Boisemont

2008314,79

13,22

15,19

S/O

Carrières-sur-Seine

1208750,78

5,02

24,08

20,19%

Cergy

5313763,29

11,2

47,44

S/O

Croissy-sur-Seine

1143014,82

3,44

33,23

13,14%

Enghien-les-Bains

1750258,95

1,77

98,88

9,53%

Le Pecq

725627,15

2,84

25,55

21,08%

Mantes

4532350,76

9,38

48,32

S/O

Monfort-l’Amaury

5441663,41

5,71

95,30

S/O

Neauphle-le-Château

1133686,18

2,15

52,73

3,59%

Pontoise

1381620,63

7,15

19,32

S/O


  • Puisque l’AVAP est extrêmement restrictive en matière d’urbanisme, elle freine et empêche les constructions de collectifs.
    La corrélation entre les villes à AVAP et les villes qui ne respectent pas la loi SRU est éclatante. Les mauvaises langues diront ainsi qu’une AVAP est aussi un très bon instrument pour ne pas construire de logements sociaux ! Or, Andrésy ne respecte pas la loi SRU.

 

Concernant l’AVAP d’Andrésy :

  • L’AVAP est encore plus grande que l’ancienne ZPPAUP. Quels sont les critères pris en compte pour délimiter le périmètre ? Par exemple, elle englobe dorénavant des quartiers dont la qualité urbanistique n’est pas évidente. Ainsi, les hauts des Charvaux (Penthièvre) sont en AVAP ! Ses pavillons construits après-guerre deviennent ainsi des bâtiments à conserver tels quels…

 

 L’AVAP rend impossible des travaux d’amélioration de l’habitat

… car là est le 1er problème : l’AVAP est extrêmement contraignante et restrictive en matière d’urbanisme et de rénovation.

Si l’on peut accepter que les bâtiments exceptionnels et remarquables ne puissent subir aucune modification, les restrictions pour toutes les habitations dans le périmètre AVAP sont contestables.

- Protection des cônes de vues ;

- Extensions et surélévations quasi impossibles ;

- Restrictions sur les matériaux, façades, volets, … menuiserie obligatoire partout… ;

- Interdiction de supprimer lucarnes, souches de cheminées : toiture en l’état primitif… ;

- Restrictions sur… les abris de jardin !...

 

Une AVAP qui évite les grandes zones à urbaniser... « comme par hasard »

« Comme par hasard », les grandes zones à urbaniser sont exclues de l’AVAP : zone de la Gare, zone CCI. Alors que ce sont des zones à la même hauteur que d’autres quartiers dans l’AVAP.

Pour la Gare, elle a été sortie du périmètre en 2008.

C’est ainsi que l’ancienne halle à marchandises (1898) n’est pas dans les « 88 bâtiments de l’Inventaire Ville ».

C’est ainsi que les anciens ateliers de travail de la CCI n’y sont pas non plus. Alors que la DRAC les a répertorié comme « intéressants » et sont même en photo dans le rapport PLU !

 L’AVAP protège les espaces verts et naturels qui feraient l’identité de la ville. Certaines friches vertes sur les coteaux ne doivent pas être touchées : très bien. Par contre, on bétonne la friche verte la plus importante de la ville : autour de la gare.

On protège, on préserve… et en même temps on creuse sur un mètre de profondeur une zone naturelle, et on coule de la bentonite sur l’espace sauvage de l’île d’Andrésy !!! C’est dire, si on peut faire n’importe quoi…

 

Panneaux solaires, isolation par l’extérieur, récupération des eaux, éco-matériaux : une AVAP qui empêche l’éco-urbanisme

Dans la délibération on peut lire cette affirmation totalement mensongère : « l’AVAP permet une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, ceux relatifs à l’énergie, … »

Hors préservation d’arbres dits « remarquables » (d’ailleurs non respectés par la mairie elle-même lors des travaux du centre-ville où des dizaines de tilleuls plus que centenaires ont été abattus), de friches vertes, de zones naturelles, du bois, RIEN dans l’AVAP ne justifie cette affirmation.

Pour toutes les zones AVAP, les restrictions empêchent de facto tout urbanisme durable.

« isolation par l’extérieur » pas autorisée si « pas compatible avec la conservation de l’intégralité du décor extérieur » : donc l’isolation par l’extérieur est quasi impossible à Andrésy.

« panneaux solaires thermiques et photovoltaïques » accumulent les restrictions : pas sur la voie publique, intégrés dans le toit, en un seul tenant, pas plus d’1/3 de la toiture, installation technique installée dans les combles… De fait, cela empêche une très grande majorité d’habitations d’y songer : c’était le cas avant la ZPPAUP. Ça n’a pas changé.

- Pour les abris de jardin : les gouttières et tuyaux ne sont pas autorisés, donc pas de récupération des eaux pluviales…

Dans la délibération : « l’AVAP permet une meilleure (…) concertation avec la population … » Rien ne vient étayer cette affirmation. On évoque seulement « une ou des réunions publiques ». Quelle différence avec le PLU ou l’ancienne ZPPAUP ?

 

Une AVAP non compatible avec les objectifs du PADD

L’AVAP doit aussi être compatible avec les objectifs du PADD (projet d’Aménagement et de Développement durable). Or, l’analyse de chaque objectif du PADD ne permet pas de confirmer cette compatibilité.

 - Le PADD a un Objectif de « construction de logements » : la délibération de ce soir affirme que « L’AVAP conforte l’objectif car elle permet l’évolution des constructions existantes par des réhabilitations ou extensions proches des pôles résidentiels ». On vient de montrer que l’AVAP accumule les obstacles et les restrictions en matière de règles d’urbanisme !

- Objectif de mixité sociale : une AVAP, par ses restrictions, freine la politique de constructions de logements sociaux (comme nous l’avons vu) et permet difficilement de diversifier l’offre de logements.

- En matière d’urbanisme durable : le PADD d’Andrésy inscrit aussi « l’amélioration de la performance énergétique et environnementale des bâtiments » comme l’un des objectifs des politiques d’urbanisation. Or, l’AVAP ne permet pas ses investissements d’écoconstructions dans 50% de la ville !

- Le PADD d’Andrésy a inscrit aussi l’obligation de faire « la ville sur la ville », avec des règles d’urbanisme qui permettent une densification urbaine. Avec l’AVAP, des quartiers entiers doivent rester figer dans leurs dimensions. Pas question, par exemple, de couper les parcelles de 5 000 m² sur les berges de Seine.

 Des contraintes énormes qui expliquent la détérioration du patrimoine bâti existant

Ainsi, l’AVAP d’Andrésy édicte des contraintes énormes aux habitants qui souhaitent faire des travaux (pose d’une fenêtre de toit, extension, changement de matériaux jusqu’à la pose d’un simple abris de jardin….) ; son périmètre est tellement large (la moitié de la ville) que nous ne pouvons adhérer à sa mise en place.

Et ce n’est pas un positionnement purement politique : ces contraintes se font d’ailleurs déjà sentir. Ainsi, en page 18 du Rapport de présentation de l’AVAP, on peut lire que « des bâtiments remarquables sont en état de délabrement en raison des restrictions imposées par la ZPPAUP ». Ces propos ont aussi été tenus par les experts en commission. Nous pensons à certaines grandes propriétés et leurs annexes délabrées (zones A3 et A4). Pourquoi ? Parce que leurs réhabilitations deviennent hors de prix en raison des restrictions imposées par les règles de la ZPPAUP – que l’AVAP n’assouplit aucunement.

Une municipalité incapable d’être en légalité avec l’AVAP

Même la ville et la majorité de M. Ribault, n’arrivent pas à réaliser les investissements nécessaires pour préserver les bâtiments communaux remarquables.

Alors que le maire édicte des normes intenables sur 50% de la ville, que le maire a dépensé des millions d’€ pour un nouveau centre-ville qui a fait table rase du patrimoine arboré des bords de Seine, M. Ribault laisse le bâtiment municipal en meulière classé comme « remarquable » et protégé à ce titre par l’AVAP, se détériorer et se délabrer. Ce bâtiment, tout le monde le connait et passe devant : il s’agit d’un bâtiment répertorié par le ministère dans l’Inventaire-Ville. La fiche patrimoine n°62 : la Maison des Associations, ancienne petite gare du Tacot. Sait-on que les avancées de toiture en bois (les saillies de rive) sont pourries et trouées ? Il est aussi amusant de lire, dans cette même fiche patrimoine, que le cabinet d’architecte mandaté par la ville rappelle que la clôture de la Maison des Associations n’est pas aux normes et qu’il faut la changer ! 

On créé une AVAP mais on a détruit le patrimoine historique de la Ville !

Alors oui, les élus AER critiquent l’AVAP de la majorité municipale d’Andrésy. Et pourtant les élus AER aiment le patrimoine ancien : rappelons encore que c’est M. Ribault qui a laissé détruire un bâtiment industriel remarquable, répertorié par la DRAC, l’ancienne usine de clouterie du quartier de la Gare ;

Ce sont bien les élus AER qui – seuls dans cette assemblée - ont proposé non pas de détruire la halle à marchandises SNCF (un patrimoine ferroviaire de la fin du XIXème siècle, de plus en plus rare en IDF) mais de la réhabiliter et de l’inscrire dans un projet Gare plus harmonieux et respectueux du passé d’Andrésy ; 

Ce sont bien les élus AER qui – seuls dans cette assemblée – demandent de préserver les ateliers de travail de la CCI, inscrit par la DRAC comme bâtiment intéressant. Sur ce point d’ailleurs, les élus AER ont reçu le soutien du PDT de CHA, qui fait la proposition de les préserver et d’y intégrer l’Amicale des Beaux-Arts.

Nous aimons donc notre patrimoine mais… de là à considérer qu’il faille bloquer toutes les initiatives d’urbanisme, tous les travaux d’extension ou de réhabilitation sur 50% du territoire au prétexte qu’il y a un patrimoine remarquable dans tous les quartiers, voilà un pas que les élus AER – des élus pragmatiques qui doivent d’abord être au service des habitants – ne souhaitent pas prendre.

Non à un urbanisme anti-écologique et figé dans le temps !

La réaction du maire à la déclaration des élus AER (CM, 26/05/16) : fidèle à son tempérament autocratique, Hugues Ribault n’a pas supporté l’analyse critique portée par Lionel Wastl, lors de ce Conseil municipal. Le maire a rappelé d’abord qu’il « s’agissait d’affirmations et de contrevérités ». Encore mieux, le maire est devenu menaçant : « Il va falloir qu’un jour on règlemente votre temps de parole ! ».

Enfin, les élus AER affirment ce soir que l’AVAP contredit le PADD voté ici il y a quelques mois. Gestion durable de l’eau, biodiversité urbaine, production locale d’énergies renouvelables, formes urbaines denses, éco-matériaux et mixité sociale… Toutes ces avancées vers un urbanisme écologique et durable sont freinées ou bloquées par les règles d’urbanisme édictées dans l’AVAP.

La majorité de M. Ribault propose une vision figée et conservatrice de la ville. Des normes qui surprotègent, qui bloquent les propriétaires andrésiens. L’urbanisme ne doit pas être figé mais rester souple et adaptable. Ce n’est pas le cas avec cette AVAP.