Budget Ribault 2016 : des projets bling-bling financés par un nouvel emprunt

La majorité municipale de M. Ribault a présenté en Conseil municipal du 13 avril 2016 son budget 2016 (budget primitif).

Rappelons comme chaque année que MM. Ribault et Faist (Premier adjoint chargé des Finances) votent leur budget 2016 avant d’avoir voté le budget comptable 2015.

Certes, M. Ribault n’augmente pas les impôts des contribuables. Mais, pour financer ses investissements superflus pour la ville, il doit à nouveau emprunter !

Alors que la majorité d’Andrésy a décidé d’augmenter la population andrésienne de 25% en 8 ans (notamment avec deux gros projets d’urbanisation : rue des Robaresses et Gare), le quart des projets que veut lancer ou poursuivre M. Ribault en 2016 peut être qualifié de « bling-bling ». On fait des parcs, un port, des promenades sur l’île Nancy, un terrain de pétanque à... 54 000 € !... Ces investissements non pertinents représentent la moitié de l’emprunt que souhaite contracter la ville (1 450 000 €).

Enfin, les choix de la majorité de M. Ribault frappent par l’absence de tout projet de ville : le maire fait du coup-par-coup, change d’avis d’année en année. Quant à l’interco, elle n’est jamais citée, ni prise en compte dans la stratégie financière.

Les méthodes autocratiques de M. Ribault : 5 jours pour préparer un budget de 120 pages...

Rappelons aux Andrésiens que les élus de l’opposition disposent de 5 jours pour analyser le budget primitif de la ville. Celui-ci est un document de comptabilité publique difficilement compréhensible à tout non professionnel. Alors que ce budget est bien évidemment finalisé depuis plusieurs semaines, le maire d’Andrésy n’envoie les documents légaux aux élus de l’opposition qu’au minimum légal : soit 5 jours francs avant le conseil municipal.

Après 15 ans de mandat de M. Ribault, il y a néanmoins un effort : une note de synthèse accompagne les 120 pages budgétaires. La majorité de M. Ribault a pris en compte les remarques des élus AER exprimées en CM du 2 mai 2015 (budget 2015), en présentant les informations financières essentielles et la liste des investissements prévus : on y voit un peu plus clair… Les élus de l’opposition sont utiles.

Mais, après 15 ans de mandat, les élus AER découvrent, en dernière minute, certains choix budgétaires alors qu’il existe des commissions – et que dans ces commissions, il n’y a pas de débat.Selon les élus AER, les commissions municipales qui couvrent les champs d’intervention de la commune devraient être saisies préalablement des propositions budgétaires concernant leurs domaines. C’est, à notre sens, le rôle de ces commissions, de travailler sur les choix budgétaires de l’exécutif, d’émettre un avis, de les valider ou au contraire de les modifier.

Nous regrettons enfin que le compte administratif (c’est-à-dire le réalisé sur 2015) ne soit pas présenté préalablement au budget, cela permettrait de comparer les propositions de M. Ribault pour 2016, avec le réalisé de 2015.

Le budget primitif 2016 confirme la fragilité financière d’Andrésy

Les informations financières globales du budget prouvent une fois de plus que la situation financière de la ville d’Andrésy est fragile. Globalement, les dépenses de fonctionnement de la ville par habitant restent supérieures à la moyenne nationale des villes françaises de même taille. Ce poids excessif des dépenses s’accompagne d’un poids fiscal par habitant supérieur à la strate

Capacité d'épargne de la ville d'Andrésy {JPEG}Comme depuis ces dernières années, les dépenses de fonctionnement ajoutées au remboursement de la dette sont supérieures aux recettes réelles de fonctionnement. Avec un taux de 110,6 % (et alors que la moyenne des villes de la même taille est de 90%), notre commune ne peut plus autofinancer ses investissements (c’est-à-dire financer son développement sur des recettes réelles) – sauf à ponctionner dans notre épargne.

Comme chaque année, MM. Ribault et Faist font le choix de ne pas ventiler une somme importante prévue dans les dépenses de fonctionnement. C’est 600.000 € portée en « dépenses imprévues ». C’est excessif. Certes, elles seront peut-être « affectées un jour », comme nous l’a fait remarquer M. Faist en CM, mais c’est bien ce soir que les élus votent le budget et les choix financiers qui engagent Andrésy !

 Baisse des dotations de l’Etat et du Département

Les baisses des dotations de l’Etat sont annoncées, elles se réalisent. La municipalité est là pour l’anticiper et faire des choix. Cette année : la baisse est de 190 000 €, en comptabilisant la dotation de péréquation (qui, elle, augmente).

Mais il y a aussi une baisse des dotations du département : les subventions (Fonctionnement) baissent de 82 000 €. Et dans le même temps, le département augmente les impôts des Andrésiens ! La droite yvelinoise, autour de Pierre Bédier, mais aussi de la maire de Chanteloup (Mme Arenou), des maires de Conflans et Poissy (MM. Brosse et Ollive -tous cumulards) ont voté une augmentation de 66% des impôts départementaux.

L’an dernier, c’était l’interco qui augmentait les impôts des Andrésiens. Cette année, c’est le département : les contribuables doivent payer les erreurs de gestion de vos amis élus.

Rappelons, qu’au départ de M. Borotra, à la tête du département, le budget 78 dégageait une épargne nette. La gestion Bédier est calamiteuse : ce sont des dépenses superflues (comme les 1200000 € pour le projet de Circuit Formule 1, comme les subventions à ses associations amies, dans le Mantois, ou en Afrique…). Le département consacre aussi 13 M pour le développement économique, alors que ce n’est pas de sa compétence. Contre 11,8 M pour la petite enfance alors que c’est sa compétence.

 Les investissements pour 2016 : 25 % de « bling-bling »

Si le Conseil départemental baisse ses subventions de fonctionnement et augmente les impôts des contribuables, il continue à arroser la municipalité d’Andrésy pour financer ses projets superflus. Le département va verser près de 440 000 € pour le projet du parc urbain de l’île Nancy et le futur port de plaisance du centre-ville ! Si la droite yvelinoise cherchait des économies à réaliser ; en voilà de belles !

Dans vos projets d’investissement en 2016, vous prévoyez une somme globale nette pour les contribuables andrésiens de 3 000 000 €.

Dans le contexte financier difficile que nous connaissons, certains projets nous paraissent superflus, voire scandaleux : ils représentent à peu près le tiers de vos projets (parc urbain sur l’île, port de plaisance, terrain de pétanque à 54 000 €, rénovation façade du Moussel à 60 000 €, une vidéosurveillance dont la part ville se montera quand même à 35 000 €…)

Le budget 2016 de laville d'Andrésy {JPEG}

 Augmentation de la population : + 25 % en huit ans

Ces projets sont d’autant plus contestables que le maire d’Andrésy a engagé la ville dans une augmentation de 25% de la population en moins de 10 ans et qu’il faut donc concentrer les efforts d’investissements vers les services publics qui permettront d’accueillir les nouveaux Andrésiens.

En bref, pour utiliser la novlangue entrepreneuriale : se « recentrer sur le cœur de compétence » d’une commune.

Des projets qui apparaissent ou disparaissent chaque année...

Certes, les budgets primitifs sont tous les ans remplis de promesses qui ne se concrétisent pas (ce qui signifie que M. Ribault ne s’engagera peut-être pas dans tous ces projets couteux et inutiles).

Ainsi, on retrouve d’ailleurs cette année encore « la remise en état du bâtiment Louise Weiss » : comme dans le budget 2015, comme dans le budget 2014…

Par contre la poursuite du réaménagement du centre ville a disparu : les Andrésiens se contenteront pendant longtemps des 300 mètres du nouveau « centre ville » à l’esthétisme douteux. Ils continueront à se promener ou à circuler sur des routes défoncées, des trottoirs dangereux ou absents.

 ... signes d’une absence de « projet de ville »

Ces changements de projets traduisent un manque de lisibilité politique : M. Ribault et sa majorité ne portent aucun projet de ville qui s’appuierait sur une stratégie financière éco-raisonnable.

Expliquons-nous. Quand les charges de fonctionnement représente 60% des dépenses, que la principale recette n’augmente pas ou peu (recettes fiscales), que la seconde recette baisse, sans vraiment espoir d’augmentation même à moyen terme (les dotations de l’Etat et du 78) et que la 3ème (recettes des services) stagne, il va falloir aller au-delà du simple non-renouvellement des départs. Il y a des postes en mairie qui coûtent chers.

En matière d’investissements, les choix sont, on l’a vu, contestables alors qu’ils pourraient aider Andrésy dans ce contexte budgétaire serré.

L’absence de tout projet « développement durable » pour la ville

Les élus de l’opposition AER le disent souvent en Conseil : les investissements réalisés par M. Ribault génèrent systématiquement de lourds frais de fonctionnement, sans recette directe ou induite.

Diagana, l’un des projets phares, continue de coûter très cher aux Andrésiens en matière de dépenses de fonctionnement. Les frais d’entretien et d’énergie annuels sont énormes pour la ville. Diagana, pourtant neuf, n’a pas de système de récupération d’eau pour arroser, ni de panneaux solaires dont le surplus d’électricité aurait pu être revendu. Ces mêmes investissements en énergie renouvelable auraient pu être portés en partie par la création d’une coopérative d’électricité dans laquelle les contribuables auraient pu investir.

Dans les investissements scolaires : la lutte contre le gaspillage est étrangère à la stratégie de M. Ribault. Et pourtant, cela se fait chez les amis de M. Ribault : Conflans a développé une politique de récupération des déchets organiques des cantines pour en faire du compost qui peut ensuite être utilisé par les services municipaux. Au final, la mairie utilise moins d’intrants pour ses plantations. Saint-Gratien fait la même chose : la commune va récupérer 10 tonnes de compost par an, pour ses espaces verts et même pour ses habitants.

Ainsi, nous sommes très loin d’une vision « durable » du territoire qui allierait un développement économique harmonieux, des services publics garantissant l’équité et une protection de notre environnement.

La surprise du chef : un nouvel emprunt

Nous déplorons la stratégie trop souvent court-termiste de la municipalité de M. Ribault. Et, lors du vote du budget, le public présent et les élus en ont eu une preuve éclatante.

Evolution de l'endettement de la ville d'Andrésy {JPEG}Lors du CM précédent (en mars 2016, donc), lors du Débat d’orientaiton budgétaire, l’adjoint aux Finances avait vaguement évoqué un possible réendettement de la ville : « la ville a des marges de manœuvre sur la capacité d’endettement, et le fait que l’on n’ait pas emprunté depuis 5 ans, fait que cela rouvre des capacités d’endettement pour la ville ». Mais jamais la majorité municipale n’a dit clairement que la reprise de l’endettement de la ville allait être maintenant, pour 2016. Or, dans le budget (page 22), il est noté une nouvelle recette d’investissement par emprunts de 1 451 000 €. Cela donne vraiment l’impression d’une improvisation de lastratégie financière de M. Ribault entre deux conseils municipaux…

Ce qu’il y a de frappant, c’est qu’en reprenant les investissements superflus déjà énumérés, d’un montant de 750 000 € uniquement pour les contribuables andrésiens (soit en ôtant les subventions), cela représente la moitié de l’emprunt que la ville va contracter.Pour faire court : la majorité pourrait réduire d’au moins 50% ce nouvel emprunt si elle renonçait à ces projets inutiles et coûteux.

Ces projets seront en partie subventionnés. Mais les subventions publiques continueront de diminuer ; et les subventions privées ne compenseront jamais les premières.

« Faire moins, avec moins »

La ville doit faire moins, avec moins. Il faut compenser les pertes en optimisant les recettes disponibles. D’où l’urgence des investissements en matière de transition énergétique qui doivent accompagner le développement de la commune, des investissements qui génèrent des recettes, qui créent de l’emploi local, des investissements locaux participatifs, comme élément de démocratie locale.

Tout cela est absent du budget 2016. Tout comme l’intercommunalité.

Les finances restent toujours autant fragiles, après 15 ans de mandat de M. Ribault. Et aussi après 10 ans d’intercommunalité : car, encore une fois, M. Ribault nous a vendu son interco politique (la fameuse Communauté des Deux Rives en 2016, sans Conflans, sans Poissy) pour générer des économies. Les Andrésiens les attendent toujours.

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