Cachez ces banderoles que le maire d’Andrésy ne saurait supporter

Le maire d’Andrésy ne supportant plus les banderoles dénonçant le projet Trek’Île, il intime l’ordre à plusieurs habitants, par courrier recommandé, de les retirer sous peine d’amende.

Le maire d’Andrésy n’en peut plus de la liberté d’expression

Convaincu que son projet de parc urbain sur l’île Nancy est une si grande réussite qu’il ne peut recevoir aucune critique, Hugues Ribault a exigé que l’avocat de la ville, avec l’aide de la police municipale, règle le problème des banderoles anti-Trek’île.

En effet, depuis deux ans avaient fleuri, dans la ville, des banderoles rappelant le coût financier important du projet (1 500 000€ d’argent public dont 400 000€ directement de la poche des andrésiens), le désastre écologique sur l’île (imperméabilisation du sol naturel, abattage de dizaines d’arbres de moins de 20 cm de circonférence) et l’inutilité de ce parc artificiel supplémentaire. Ces banderoles, tout le monde les a vues : elles sont sur l’île mais aussi sur les quais de Seine.

Déjà, pour l’inauguration du parc urbain Trek’île, en septembre 2018, le maire avait mobilisé les forces de police pour empêcher tout affichage et interdire l’accès à l’île par un arrêté municipal dont les riverains n’avaient pas été informés.

Le maire envoie des mises en demeure contre les banderoles Trek’Île

Début janvier, le maire autocrate d’Andrésy est donc passé à la vitesse supérieure : il a envoyé des mises en demeure à tous les propriétaires affichant encore des panneaux ou banderoles rappelant leur opposition au parc urbain de l’île.

Les services juridiques de la ville ont planché en fin d’année pour trouver un axe juridique permettant de faire peur aux Andrésiens. Ils ont trouvé ! Dans la mesure où tout le quartier du centre ancien est situé dans un Site Patrimonial Remarquable (SPR, ex-AVAP, ex-ZPPAUP), toute « présence de publicité dans le périmètre des sites patrimoniaux remarquables est interdite ». La notion de publicité [1] étant très extensive dans le code de l’environnement, une banderole ou une pancarte exprimant une opinion peut être considérée comme une « publicité » - en tout cas c’est le pari des services du maire d’Andrésy.

Le maire d’Andrésy menace donc les propriétaires concernés d’une « astreinte administrative de 200 € par jour » si le « dispositif publicitaire » n’était pas retiré « dans un délai de 15 jours à compter de sa notification ».

Le maire nous montre tout le talent qu’il sait déployer pour aller puiser dans la loi un article qui vient servir sa volonté de faire taire toute expression et toute opinion contraire à ses idées, ses valeurs et ses projets.
Ne frôle t-on pas l’excès de pouvoir ? Pourtant ces citoyens ne font qu’exercer leur liberté d’expression.

Et après, les banderoles dans le reste de la ville ?

Pour l’instant, ces menaces judiciaires du maire d’Andrésy sont uniquement ciblées contre les banderoles qui remettent en cause Trek’île. Et on comprend pourquoi. Maintenant que le projet est inauguré le maire aimerait bien que les habitants oublient qu’une action juridique est en cours contre le projet Trek’Île qui prendra la forme d’un procès dans les prochains mois.

Mais qu’en sera-t-il demain ?

Car, dans d’autres quartiers de la ville, eux aussi en SPR, fleurissent de nombreuses banderoles et affiches rappelant leur hostilité à la politique d’urbanisation massive de M. Ribault et aux projets immobiliers qui devraient rapidement surgir de terre un peu partout dans la ville. Sur les coteaux autour de la rue de la Fontaine, à la gare autour de la rue Maurice Berteaux, de nombreux panneaux et banderoles ont été placardés par les habitants inquiets et sont visibles de la rue.

Hugues Ribault compte-t-il envoyer un courrier recommandé à chacune des maisons de la ville qui affiche son opposition aux projets immobiliers ?

Il semblerait qu’il soit bien parti pour...

Un maire du passé

Il ferait mieux d’écouter ses concitoyens qui l’ont, pour certains d’entre eux, élu et ne pas considérer qu’Andrésy est sa propriété s’autorisant ainsi à faire comme lui seul l’entend.

Ce triste comportement de notre maire nous montre combien il est aux antipodes des notions de démocratie locale, de dialogue et de participation des habitants et combien il reste enferré dans un temps qui n’est pas celui des andrésiens du XXIème siècle.

 

 


[1« toute inscription, forme ou image, destinée à informer le public ou à attirer son attention, les dispositifs dont le principal objet est de recevoir lesdites inscriptions, formes ou images étant assimilées à des publicités ; » (Article L581-3 du Code de l’Environnement)