Desherbage chimique sur tout Andrésy : les pratiques anti-écologiques de M. Ribault

Comme chaque année, au Printemps, les services de l’intercommunalité viennent desherber, par des produtis chimiques, l’ensemble de la voirie et des trottoirs d’Andrésy.

Des tonnes de glufosinate et de flazasulfuron ont été aspergées sur Andrésy, courant avril par deux hommes habillés en cosmonaute qui ont parcouru pendant deux semaines la ville.

Depuis des années, les élus de l’opposition demandent l’arrêt de cette politique de pesticides sur Andrésy à M. Ribault. Celui-ci n’est jamais intervenu en conseil communautaire pour s’opposer à cet épandage chimique.

Plus grave : le maire d’Andrésy et sa majorité ont signé la Charte biodiversité de la Région IDF. Ainsi, Hugues Ribault signe des engagements en terme de biodiversité et ne les respecte pas. Il a raison : les services de la Région ne viendront jamais vérifier quoi que ce soit. Les maires qui pratiquent l’écoblanchiment l’ont compris depuis longtemps !

Glyphosate et flazasulfuron répandus en ville

Notre ancienne intercommunalité (la CA2RS) a passé contrat avec une société pour un désherbage chimique deux fois l’an dans toutes les communes de l’interco. Avec la nouvelle interco (Grand Paris Seine et Oise), l’épandage chimique se poursuit.

Ainsi, courant avril, un camion-citerne et deux ouvriers ont répandu sur toutes les rues et trottoirs d’Andrésy un produit foliaire à base de glyphosate pour tuer toutes les « mauvaises herbes ». A cela, on ajoute du flazasulfuron, un anti-germinatif : car il ne faut quand même pas que ça repousse ! Ce dernier produit « peut entrainer des effets néfastes à long terme pour l’envrionnement aquatique » (mode d’emploi du flazasulfuron). Ce qui n’empêche pas la société de passer à côté des berges de Seine.

Depuis plusieurs années, les élus de l’opposition s’insurgent de cet épandage chimique. Le maire d’Andrésy a toujours botté en touche : « c’est pas moi, c’est l’interco », oubliant bien vite qu’il a été vice-président de la CA2RS de 2006 à 2015 !

Le président de l’interco, Philippe Tautou interpellé répond « Le glyphosate est autorisé » : Nous avons reçu le témoignage d’une Trielloise, membre d’une association de cadre de vie : « En octobre dernier, notre association Pissefontaine Environnement Triel sur Seine s’est rendue au conseil communautaire de l’ex CA2RS pour interpeller directement Monsieur Tautou qui ne répondait pas à nos mails successifs à ce sujet. Nous réclamions l’arrêt immédiat de l’épandage du glyphosate dans toute la ville, et notamment -ce qui paraît incroyable... mais authentique !- devant les écoles aux heures d’entrée et de sortie de classe, 8h30 et 16h30 !!! La réponse de Monsieur Tautou : le glyphosate est autorisé. Pour calmer nos protestations, il a ajouté : « Si ça peut vous rassurer, nous arrêterons l’épandage devant les écoles »  »

 

M. Ribault, maire d’Andrésy, fait partie de ces élus du passé qui considèrent qu’il faut des rues propres en éradiquant les « mauvaises herbes ». Son ignorance en la matière est abyssale : cette petite flore urbaine s’appelle coquelicot, euphorbe, trèfle, géranium sauvage, pissenlit... autant de plantes mellifères, source d’alimentation pour de nombreux insectes et petits rongeurs. Les municipalités éco-responsables développent des politiques de désherbage limité et avec des moyens mécaniques.

Cet épandage chimique a eu lieu aussi devant nos écoles et bien évidemment le long de nos jardins : les Andrésiens sont tous concernés par ces pratiques d’un autre âge, dangereuses pour la santé, notamment de nos enfants.

Charte Biodiversité de l’IDF non respectée

La municipalité d’Andrésy, derrière le maire et son adjointe à l’Environnement (Valérie Henriet) ont donc signé une Charte Biodiversité de la région Ile-de-France qu’ils ne respectent pas (critère : « Refuser la production et l’usage de produits chimiques et d’OGM »).

M. Ribault a eu le toupet, en Conseil municipal, de répondre aux élus AER que « dans la mesure où c’est l’interco qui désherbe, Andrésy respecte bien ce critère ».

Nos collectivités locales ont une bien mauvaise pratique : elles produisent des chartes, des engagements, des codes de bonne conduite... que signent ensuite les maires. Mais comme aucun contrôle n’est effectué, certains maires contredisent leurs engagements - comme à Andrésy. Ce qui est grave c’est que certains critères de la Charte Biodiversité de l’IDF donnent droit à des aides régionales, lorsqu’ils sont soi-disants respectés. Il suffit que le maire coche sur une feuille « respecté » pour avoir le droit à subvention.

L’écoblanchiment de M. Ribault et de sa majorité

Mais l’équipe de M. Ribault n’en est pas à son premier coup d’essai et pratique depuis longtemps le greenwashing ou l’écoblanchiment : il s’agit de médiatiser quelques opérations isolées et peu efficaces sur l’environnement (comme l’opération Berges Saines, sur laquelle nous reviendrons...) tout en ne développant aucune vision, ni stratégie cohérente et de long terme en matière de préservation de la biodiversité locale.

Premier exemple : Andrésy doit respecter le critère de la Charte « Préserver le patrimoine arboré ». Résultat : destruction de 50 tilleuls centenaires pour un Centre-Ville digne d’une ville nouvelle. Sans parler du désastre écologique du projet Trek’île sur l’île Nancy !

Deuxième exemple : Andrésy doit respecter le critère « Préserver et conserver des espaces accueillants faune et flore ». Ainsi, l’interco obligeait les communes à préserver des espaces de friches naturelles avec pratique du fauchage tardif pour que la flore urbaine puisse se développer, source d’alimentation pour les insectes et petits rongeurs. Le « fauchage tardif » est fièrement affiché sur les zones herbacées en face du stade Diagana. Mais, l’adjoint aux Espaces Verts a décidé de ne pas les respecter : la tonte a eu lieu dès le mois de mars. Interpellé en conseil municipal par les élus AER, Alain Mazagol - déjà célèbre pour sa détestation de tout ce qui est flore sauvage - a répondu « qu’il fallait tondre pour que les voitures, très nombreuses, puissent trouver des endroits de stationnement supplémentaires »... Sans commentaire.

Destruction des ruches de Diagana

L’été dernier, après un double épandage chimique suivi d’un épandage sur les chemins du parc sportif des Cardinettes (car là aussi, la « mauvaise herbe » est interdite), trois des quatre ruches installées sur la toiture de Diagana ont crevé. A l’époque, MM. Ribault et Mazagol mettaient sur le dos de la canicule la perte de 75% des abeilles. L’apiculteur contacté a tout-de-suite pensé à la politique de desherbage chimique intenstif pratiqué par M. Ribault et sa majorité...

Un deuxième passage chimique dans Andrésy devrait avoir lieu en juin ou début juillet.