Deux Canards pas très vibrant pour Andrésy

La municipalité d’Andrésy se targue de sa nouvelle récompense : 2 Canards d’or, obtenus pour ses actions soi-disant « écologiques » en faveur de la Seine.

Une récompense « entre amis », symbole des actions green washing de la mairie d’Andrésy.

une récompense « entre amis » qui n’a guère de signification et qui masque les dernières décisions de la municipalité de M. Ribault anti-écologiques.

« Une » de février du journal municipal : la majorité municipale annonce l’obtention de 2 canards (sur 5 !) pour ses soi-disant actions « éco-citoyennes ».

Une « récompense » par une association dont Andrésy est membre

Cette « récompense » est décernée par l’association Seine en partage, dont Andrésy est adhérente. Et dont le vice-président n’est autre que le député UMP de la circonscription d’Andrésy : Arnaud Richard. Bref : on reste entre amis...

Cette association constituée d’entreprises et de municipalités bordant notre fleuve organise des opérations de nettoyage des berges. Il s’agit de proposer aux habitants d’aller les nettoyer.

Ainsi, la municipalité d’Andrésy a distribué des gants et des sacs à des Andrésiens volontaires pour nettoyer les berges. Cette opération a permis de récupérer 160 kg de détritus. A première vue, c’est une belle opération écologique. Elle soulève néanmoins de fortes réserves.

Quand les Andrésiens font le boulot de SMSO

D’abord, demander aux habitants d’aller nettoyer eux-mêmes les berges du fleuve peut sembler étonnant, alors que ceux-ci payent des impôts pour qu’un service public soit garanti.

S’agissant de la Seine, il existe un syndicat : le Syndicat Mixte d’aménagement, de gestion et d’entretien des berges de la Seine et de l’Oise (SMSO). Celui-ci vit notamment de subventions des collectivités territoriales... donc de nos impôts. Le SMSO est « maître d’ouvrage d’opérations de restauration et d’entretien des berges, d’entretien de la végétation rivulaire, de nettoyage et d’ouverture de cheminements doux (piétons, cyclistes, équestres) » (voir leur [site->http://www.smso.fr/index.php]) .

Une véritable politique écologique en la matière pour une municipalité consisterait à mobiliser, par le biais éventuel de subventions municipales ou de partenariat précisé par des conventions écrites, les associations « professionnelles » en la matière, ayant une logistique performante, adaptée à des opérations efficaces et durables.

160 kilos de déchets récupérés contre... deux tonnes !

L’opération Berges en Seine réalisée sur Andrésy a donc permis de récolter 160 kilos de déchets sur les berges. Là encore : qui peut contester cette belle opération ?

Mais, en grattant quelque peu le vernis de cette opération, il est facile de constater que la municipalité d’Andrésy fait le minimum nécessaire pour une récolte de « canards » qui fait la Une de la communication du maire...

Sur Andrésy, il existait une association spécialisée dans le nettoyage des berges qui réalisait un travail remarquable : l’association d’intérêt général OSE ([Organisme de Sauvetage écologique->http://www.oseonline.fr/]). Celle-ci est dotée d’un bateau, d’un dragueur et d’une grue de 17 mètres. Elle passe dans des dizaines de communes par an.

Le maire d’Andrésy ignore les vraies associations écologiques

Lors de sa dernière opération réalisée sur Andrésy, OSE a ainsi récupéré non pas 160 kilos de déchets mais... 2 tonnes ! En un passage, et sans que les Andrésiens soient obligés d’aller se salir, l’association écologique récupérait ainsi 12 fois plus de déchets que l’opération Berges en Seine !

Lors de sa visite sur Andrésy, en février 2010, l’association n’avait pas été reçu ni aidé par la municipalité de M. Ribault. Furieux, le président de l’association avait déploré qu’il « n’y avait jamais personne pour nous accueillir et [que] la mairie ne nous aidait pas financièrement ». Le maire, Hugues Ribault, ne s’était déplacé qu’une seule fois en huit ans : c’était en 2008, juste avant les élections municipales.

L’association OSE, après cet ultime passage en février 2010, avait donc décidé de ne plus s’arrêter à Andrésy.

Le maire d’Andrésy a préféré récupérer l’opération : quitte à être bien moins efficace, il s’agit de maîtriser l’opération en d’en récolter tous les lauriers, ou plutôt tous... les canards.

Andrésy, adepte de l’éco-blanchiment

Cette opération de communication est un exemple particulièrement symbolique de ce que les vrais écologistes nomment : les opérations green washing. ou, si l’on préfère, d’« éco-blanchiment ». Ainsi, l’opération montée par Andrésy et Berges en Seine ressemble, dans ce contexte, à une action dont l’objectif est de « transmettre au public des informations qui sont – dans le fond et dans leur forme – une présentation déformée des faits et de la vérité, dans le but d’apparaître socialement et/ou environnementalement responsable aux yeux d’un public ciblé » (1).

Pour soigner son image d’écolo, le maire d’Andrésy (pourtant ardent défenseur des projets routiers menaçant le cadre de vie des Andrésiens, comme le Pont Achères/Denouval ou la A104) a ainsi récolté deux Canards d’Or qui ne casse pas trois pattes à un canard. Surtout qu’il s’agit de 2 Canards sur cinq possible !

Gageons que cette autosatisfaction à coups de canards n’aura pas fait vibrer les Andrésiens.

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(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89coblanchiment

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