GPS&O choisit Andrésy pour construire sa patinoire

Grande surprise au dernier conseil communautaire de GPS&O : c’est Andrésy qui a été désignée pour construire la patinoire intercommunale que souhaitait la majorité LR de notre intercommunalité emmenée par Philippe Tautou (président) et Pierre Bédier (vice-président et président du département).

GPS&O souhaite tailler des croupières à la grande rivale : Cergy-Pontoise. C’est la raison pour laquelle notre interco cherchait un terrain en centre-ville pour accueillir une patinoire.

C’est donc l’esplanade des Charvaux qui a été sélectionnée : une pierre, deux coups pour le maire d’Andrésy, Hugues Ribault. Il ne savait plus quoi faire de ce quartier et ne souhaitait pas mettre un euro dans la rénovation du centre commercial. Et voilà que l’interco lui propose une patinoire qui comblera l’espace vide entre Louise Weiss et la piscine Sébastien Rouault d’Andrésy.

Les élus AER sont inquiets du coût pour les contribuables (l’interco est déjà dans le rouge) et d’une infrastructure peu éco-compatible en ces temps de développement durable.

Trois candidatures pour une patinoire

Surprise au Conseil communautaire du 29 mars 2018 : c’est Andrésy qui remporte la mise. Notre interco Grand Paris Seine et Oise (GPS&O) souhaite construire une patinoire sur le territoire. Trois sites étaient en compétition : Mantes-la-Jolie, Chanteloup et Andrésy. Notre ville n’était pas favorite : elle a gagné et verra ériger une bulle en verre et polystyrène durci, en continuité de la piscine sur l’esplanade Louise Weiss.

C’est sous la pression des élus de l’est du territoire que Mantes n’a pas été retenue alors qu’elle était grande favorite : déjà suspecté de contrôler et de tirer les ficelles, Pierre Bédier a cédé pour ne pas favoriser encore une fois sa ville. D’autant que les élus de l’interco ont été échaudés, dans ce même conseil communautaire, par le fait que l’exécutif Tautou/Bédier aient réservé 100% de leurs subventions aux associations sportives de deux villes : Poissy et Mantes. Cette dernière empochant à elle seule 60% des subventions de GPS&O : ses associations sportives se partageant un gâteau de 142 000 € !

Chanteloup offrait aussi un emplacement dans la plaine. Mais les élus ne souhaitaient pas, dans leur majorité, une patinoire excentrée, et sur un endroit actuellement pollué et insécurisé.

Restait donc Andrésy… Il a fallu convaincre la majorité LR de MM. Tautou et Bédier car le maire d’Andrésy n’est pas du tout en odeur de sainteté à l’interco. Rappelons que M. Ribault a refusé de payer ses impôts à GPS&O en 2017 et lui doit donc 600 000 € : le maire d’Andrésy a porté plainte auprès du tribunal administratif.

En fait, l’emplacement des Charvaux avait des atouts pour la patinoire intercommunale. Elle sera située en pleine zone urbaine, proche de grandes villes comme Conflans et Poissy. Elle formera, avec la piscine d’Andrésy, un complexe intéressant. Il est d’ailleurs question de combiner les deux bassins afin que les utilisateurs puissent passer facilement du maillot aux patins.

 

Une patinoire pour améliorer l’image de l’interco

Amicale pression pour baptiser la patinoire au nom de « Hugues Ribault »  : Pour faciliter son départ qui se fait attendre, le Premier adjoint d’Andrésy, Denis Faist, qui s’est déclaré candidat pour 2020, souhaiterait faire un cadeau au maire et ainsi le pousser vers la sortie. Alors, M. Faist fait pression à l’interco (où il est élu) pour que l’exécutif baptise la patinoire du nom du maire actuel.
Une patinoire « Hugues Ribault » serait du « plus bel effet », pour M. Faist car « notre maire est un sportif de l’endurance en politique, après 16 ans de gestion remarquable de la ville et des Charvaux ».
C’est sûr qu’avec ses longues années de dossiers mal bouclés et ses pirouettes récurrentes, M. Ribault est un vrai spécialiste des terrains glissants. Mais M. Faist a vite oublié les 4 hausses d’impôts votés durant les 16 années de règne de M. Ribault…

GPS&O est une intercommunalité créée de toutes pièces par MM. Tautou et Bédier en 2016 : s’étirant de Mantes à Conflans, elle regroupe 73 communes. En deux ans d’existence, elle reste soit inconnue du grand public, soit impopulaire. Le service public de proximité a été transféré et les habitants se plaignent beaucoup de l’inefficacité de la nouvelle entité. Les nids de poule sur la voirie ont agacé les automobilistes.

Les élus AER déplorent ce combat de coqs d’autant qu’il risque d’être coûteux aux contribuables. Rappelons que notre interco est dans le rouge : elle n’arrive pas à contenir l’augmentation de ses dépenses, ni à se désendetter. Elle a contracté un emprunt de 10 M € en 2017. Pire : elle vient de faire une avance de trésorerie de 9,1 M € à notre syndicat de déchets, le SIDRU, enlisé dans ses emprunt toxiques et incapables de payer ses créanciers.

Patinoire et piscine = complexe sportif

Une patinoire ne va t-il pas rejoindre la famille des projets coûteux et inutiles que nous pondent nos élus d’Andrésy et de GPS&O depuis quelques années (parc urbain sur l’île d’andrésy ravagée, port de plaisance à Andrésy, port de déchets sur la plaine, pont d’Achères/Denouval, déviation RD 154 de Verneuil...) ? Pour faire passer la pilule, Pierre Bédier, aussi président du département, a promis des synergies de personnel. Les actuels maitres-nageurs seraient formés pour intervenir et surveiller la patinoire.

Du côté de la mairie d’Andrésy, on avait fait office de candidature, ne sachant plus quoi faire de ce quartier. M. Ribault refuse depuis des années de mettre un euro dans le centre commercial, délaissé et déserté par les commerçants. La rénovation du centre culturel et sportif Louise Weiss est repoussée chaque année dans le budget de la ville.

M. Ribault : « Cette esplanade des Charvaux ne sert qu’à brûler des poubelles ! »

L’esplanade déserte n’a jamais convaincu les habitants… ni le maire lui-même. En effet, ce dernier, en commission, a rappelé que « cette esplanade ne sert à rien, si ce n’est bruler des poubelles » et d’ajouter non sans une certaine émotion : « l’esplanade sera comblée pour y construire une grande et belle patinoire de renommée internationale, elle aura enfin une utilité et fera rayonner notre belle ville d’Andrésy aux 4 coins de France ».

Par ailleurs, le maire d’Andrésy a d’autres priorités que les Charvaux : notamment le développement du tourisme fluvial qui passe par la construction au plus vite d’un port de plaisance de 25 bateaux devant la bibliothèque.

Cette patinoire est donc du pain bénit pour M. Ribault : voilà une infrastructure sportive nouvelle sur la ville financée par l’interco ! Les élus AER ont néanmoins soulevé, en commission, d’autres problèmes : y aura-t-il assez de stationnements ? Cette patinoire sera-t-elle écologiquement compatible ?... Sur ce dernier point, Hugues Ribault a soupiré et nous a rappelé que « les élus AER n’étaient jamais contents et qu’ils leur fallait toujours et tout le temps de l’écologie », que le polystyrène durci (par un procédé de la société Polymères Technologies dit de « Techno Coating ») était « un produit exemeplaire en matière de développement durable »...
Quoi qu’il en soit, ce projet semble démesuré au regard des caractéristiques du quartier et des finances de l’interco.


Edit du 2 avril, il s’agissait bien sûr du poisson d’Avril 2018 de l’équipe AER

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