La majorité de M. Ribault présente ses orientations budgétaires pour Andrésy sans projet de ville

La majorité municipale de M. Ribault a présenté en Conseil municipal (10/03/16) ses priorités d’investissements pour 2016 ainsi que le bilan financier de la ville d’Andrésy.

Les finances de la ville sont fragiles. La gestion à vue du budget et des investissements lourds et superflus conduisent MM. Ribault et Faist à ne plus exclure une hausse des impôts locaux.

Pour satisfaire tout le monde, le maire a présenté une liste de projets d’investissements à réaliser sur 6 années. Une véritable liste à la Prévert, sans projet de ville, sans prise en compte de l’augmentation de la population de 26 %. Le tout sans analyser l’impact de l’entrée d’Andrésy dans la nouvelle interco avec Mantes.

Simple stabilisation des coûts salariaux malgré l’interco

Dans un document plus complet que les années précédentes, la majorité municipale d’Andrésy a présenté la situation financière de la ville et les projets d’investissements.

Côté dépenses de fonctionnement, la baisse des charges générales (– 8 %) s’expliquent par la baisse des dépenses d’énergie et par les efforts demandés par MM. Faist et Ribault aux employés de la ville.

La majorité municipale se félicite de la simple stabilisation des dépenses salariales de la ville. Ce satisfecit en dit long en fait sur l’incapacité de MM. Ribault et Faist (premier adjoint aux Finances) à gérer les finances de la ville avec rigueur. Car une analyse sur une plus longue période montre que les charges de personnel sont du même montant qu’en 2008 (année du début du deuxième mandat de M. Ribault).

En 8 ans, les frais de fonctionnement salariaux n’ont pas baissé alors qu’entre-temps, M. Ribault a inscrit Andrésy dans une intercommunalité. Le maire a vendu aux habitants la Communauté d’agglomération des Deux rives de Seine (CA2RS) comme la machine à baisser les dépenses de la ville par mutualisation des effectifs et synergies !

A cette simple stagnation des coûts salariaux, il faut rappeler aussi que, sur la même période, les effectifs salariaux de la ville ont baissé de 14 %. Autrement dit, le coût unitaire du travail a bien augmenté sur Andrésy depuis 2008 !

JPEGPrésenter le bilan financier de la ville ne peut se faire sans prendre en compte l’intercommunalité. Et au niveau de la CA2RS, l’explosion des effectifs des fonctionnaires a largement été supérieure à cette baisse de 14 %. Rappelons que la masse salariale au niveau de la CA2RS a augmenté de 13 % pour la seule année 2013 puis de 16% en 2014 ! Parions que la nouvelle super agglo (Grand Paris Seine-et-Oise) pérennisera la gabegie.

Dans ce contexte financier serré, les élus AER constatent aussi qu’aucun effort n’est réalisé dans les cérémonies et autres festivités : buffets, cérémonie des vœux, Nuit des Associations… autant d’événements très onéreux pour la ville mais que M. Ribault refuse de supprimer parce que rien n’est trop cher pour le maire dès qu’il s’agit de se montrer aux Andrésiens. Rappelons que les communes, les unes après les autres, suppriment les cérémonies des vœux à la population (Conflans en 2016). Seuls les événements-ville dans lesquels M. Ribault ne tient pas de discours ont été supprimés : Les Jardins de Demain (septembre) à Diagana et la chasse aux œufsde Pâques sur l’île Nancy.

Recettes de fonctionnement : ne pas s’apitoyer sur la baisse des dotations de l’Etat 

Les recettes fiscales ont augmenté de 2,2 %. Mais aucune comparaison n’a été proposée pour comparer cette hausse avec l’évolution du nombre d’habitants et de foyers fiscaux sur la ville.

Parmi les recettes, le maire a insisté de nouveau sur la baisse de la dotation de l’Etat (la fameuse DGF). Bien évidemment pour s’en plaindre.

Il est toujours croustillant d’entendre des maires de droite déplorer que le gouvernement (de gauche) fassent participer les collectivités territoriales à l’effort national de réduction du déficit public, en vue de rééquilibrer le budget national et de respecter les critères du Pacte de stabilité européen !

On ne peut hélas qu’y entendre un discours purement politicien : tout est bon pour critiquer un gouvernement de gauche ! Rappelons que le candidat Sarkozy prévoyait un plan d’économie de 110 mds d’€. Celui du PDT Hollande est de 60 mds (soit 2 fois moins) réparti sur 2012-2017.

Par ailleurs, la baisse de la dotation forfaitaire s’accompagne du renforcement de la péréquation verticale en faveur des collectivités les moins favorisées. Saluons donc les efforts du gouvernement pour leur réforme en faveur d’une dotation plus transparente et plus juste. Parallèlement, pour soutenir l’investissement public : augmentation d’un tiers de la dotation d’équipement des territoires ruraux, hausse du taux de remboursement de la TVA aux villes qui investissent. Sans parler des contrats plan Etat-Région qui permettront de mobiliser 25 mds € sur les 6 ans.

Enfin, la baisse de DGF pour 2016 est de l’ordre de 300 000 € - soit 2% des recettes réelles de fonctionnement de la ville. La DGF globale pour Andrésy représente moins de 10 % des recettes de fonctionnement de la ville.

« Anticiper » : le maitre mot d’une gestion rigoureuse des dépenses de la commune

Mais, les Andrésiens n’ont pas élu un maire pour l’entendre se plaindre et reporter systématiquement la responsabilité de ses errances de gestion sur l’Etat ou sur l’interco : les deux grands boucs-émissaires de la majorité municipale d’Andrésy. Non : les Andrésiens ont élu une majorité (en tout cas 37% d’entre eux) pour agir avec efficacité et surtout « anticiper » les orientations politiques et les choix financiers opérés au-dessus de nous : Etat, Région, Département.

Nous savons depuis 2012 que les dotations allaient baisser d’année en année. Les Andrésiens attendent que MM. Ribault et Faist s’y adaptent.

Au total, les capacité d’épargne de la ville sont extrêmement faibles.

La dette de la ville : près de 10 M €

JPEGLe désendettement de la ville se poursuit, heureusement. M. Ribault a fait des choix d’investissements toujours très lourds : Diagana, Transformation du Centre-Ville… Ils ont été largement financés par l’endettement. La dette est montée jusqu’à près de 15 M €. Elle se réduit parce les Andrésiens remboursent et parce que la majorité n’a plus souscrit de nouveaux emprunts.

Mais la réalité est simple : si nous utilisions notre capacité d’autofinancement à 100% pour rembourser les annuités restantes, il nous faudrait 10 ans pour rembourser intégralement la dette de la ville.

Quels choix d’investissement pour Andrésy ?

Dans ce contexte financier dégradé, une municipalité responsable doit donc accentuer ses efforts d’économies et prioriser les investissements vers ce qui est le plus important (écoles et voiries pour Andrésy, actuellement), vers ce qui permet de réduire les frais de fonctionnement futurs. Pour exemple, une rénovation thermique des bâtiments municipaux permet de réelles économies sur le budget de fonctionnement, puisque, dans ce domaine, 1 € investi dégage 7 centimes d’économie par an.

Le tableau récapitulatif des investissements à réaliser surprend par ses manques : MM. Ribault et Mazagol (l’adjoint aux Travaux) avaient fait beaucoup de promesses pendant la campagne des dernières municipales, comme la réfection de la rue Maurice Berteaux, ou celle de la rue du Gal Leclerc (partie Denouval). Ces investissements de voiries ont totalement disparu des projets 2016-2022.

Justement, quels sont les choix de M. Ribault ? Ils ont toujours été extrêmement ambitieux, pour ne pas dire excessif ou surdimensionnés : 15 M pour les Cardinettes et Diagana (avec de lourds frais de fonctionnement annuels inhérents – rappelons notamment que les seules dépenses de chauffage ont bondi de 80 000 € en 2011 pour chauffer le complexe Diagana !) ou encore 3 M pour 300 m de Centre Ville prétendument moderne (soit 2 fois la capacité d’autofinancement de la ville de l’époque ; soit 3 années de budget Voirie à l’interco).

La liste à la Prévert des projets de M. Ribault

MM. Ribault et Faist annoncent donc une capacité de 3 millions par an pour un besoin de 14 M (part nette pour la ville) sur 6 ans.

Sur ces 3 M annuels, certaines dépenses sont obligatoires : les acquisitions de terrain, matériels, immobilisations (450 000 €) et l’entretien annuel des écoles (300 000 €). Il reste donc 2,250 M par an.

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Et que décide de faire la majorité de M. Ribault ? Un parc urbain prétendument naturel sur l’île Nancy !!! Voilà les priorités ! Et puis, pour compléter l’aménagement « ville nouvelle » en centre-ville, M. Ribault relance le port fluvial de 20 bateaux, avec pontons, capitainerie et tout le tintouin !!! Ce port fluvial est annoncé à 200 000 €, alors qu’il était budgété à 750 000 € en avril 2014 par ce même M. Ribault…

Au moment où M. Ribault impose aux Andrésiens des programmes immobiliers afin de tendre vers les 15000 habitants, soit une augmentation d’un quart de la population, ses choix d’investissements devraient s’orienter vers l’adaptation de la ville et de ses services publics : les extensions des écoles doivent être les priorités, l’aménagement des voiries aussi .

Hausse des impôts : encore une promesse non tenue ? 

Dans les conclusions de la présentation de M. Ribault, il est écrit qu’une hausse des impôts locaux n’est plus exclue. Il est vrai que les hausses d’impôts ont jalonné les deux précédents mandats de M. Ribault.

Pourtant ce dernier a été réélu avec la promesse de ne pas augmenter les impôts locaux.

 « Donner du travail à nos entreprises » : et le service public ?

Toujours dans la présentation de la majorité municipale, on peut lire qu’une priorité budgétaire sera d’investir pour « donner du travail à nos entreprises ».

Etonnante priorité. D’abord, cela ne relève pas des missions d’une collectivité locale qui doit avant tout garantir un service public. Tant mieux si les investissements stimulent le chiffre d’affaires des entreprises. Mais cela ne doit pas être la fin en soi d’une municipalité.

Ensuite, l’analyse des projets antérieurs et des marchés publics passés montrent que ceux-ci ne profitent que minoritairement aux entreprises locales. Et si les investissements stimulent les fournisseurs étrangers, le vœu de la majorité est d’autant moins pertinent.

Comment prévoir et gérer le budget sans jamais évoquer l’intercommunalité ?

Enfin, tout le rapport d’orientation budgétaire présenté par la majorité municipale ne mentionne jamais le contexte de la construction intercommunale. Andrésy vient d’intégrer une communauté urbaine avec 73 communes. Quelles sont les économies d’échelle et les synergies attendues par la mutualisation des moyens de cette interco Seine et Oise ? Comment celle-ci peut-elle participer à l’optimisation de la gestion courante de la ville ? Pas un mot !

Finalement, cette liste à la Prévert des projets réaliser n’est sous-tendu par aucun projet de ville, aucune vision cohérente sur le long terme du développement de la ville.

La proposition des élus AER : consulter les Andrésiens pour choisir ensemble les investissements prioritaires de la ville

Le rapport pose finalement la question de l’ « arbitrage » à faire dans la liste des projets d’investissements sur les 6 prochaines années. Les élus AER font donc une proposition simple à M. Ribault : l’organisation d’une consultation locale.

Que la majorité municipale propose cette liste de projets aux Andrésiens. Que M. le maire demande à ce que les Andrésiens souhaitent réaliser en priorité. Ils paient suffisamment d’impôts locaux pour qu’ils aient leur mot à dire.

M. Ribault a créé un élu délégué à la Démocratie locale, M. Dos Santos, rémunéré par nos impôts. Maintenant que le Conseil municipal des Jeunes est lancé, que fait cet élu ? Les élus AER proposent que M. Dos Santos organise cette concertation locale pour que tous les Andrésiens puissent décider de ce qu’il y a de prioritaire à faire sur Andrésy.