Le maire d’Andrésy impose les « Voisins Vigilants » sans débat

Sans débat en conseil municipal, sans débat en commissions municipales, sans prévenir les élus, Hugues Ribault (et sa majorité ?) ont décidé d’adhérer au système privé « Voisins Vigilants ».

Les élus AER déplorent cette décision autocratique du maire d’Andrésy. D’autant que la mise en place de « référents Sécurité » par quartier sera fait sans formation et avec manifestement des arrières-pensées politiques. En effet, Hugues Ribault place ses hommes dans les quartiers.

Cette décision est d’autant plus contestable qu’un système analogue mais plus sûr est proposé par l’Etat lui-même, avec, donc, des garanties en matière des libertés individuelles. Il s’agit de la « participation citoyenne ».

Mais le maire d’Andrésy préfère s’appuyer sur ses militants pour surveiller les Andrésiens.

La vie d’un conseiller municipal d’opposition n’est jamais facile. Mais, à Andrésy, elle est des plus ingrates : le maire, Hugues Ribault, décide seul, dans son bureau et fait des annonces dans le journal municipal. C’est ainsi qu’en juin, les élus d’Andrésy Energies Renouvelées découvraient à l’intérieur du journal que la mairie d’Andrésy avait décidé d’adhérer à « Voisins Vigilants ».

Sans travail dans les commissions

Aucun débat n’a eu lieu en conseil municipal. Même pas dans les commissions municipales ! C’est même à se demander si les élus de la majorité de M. Ribault étaient au courant...

L’instauration des « Voisins Vigilants » sur Andrésy aurait mérité une réflexion et un débat en conseil municipal. Lionel Wastl l’a d’ailleurs rappelé en Conseil municipal : « le programme de la liste AER, aux dernières Municipales, a montré que nous faisions preuve de pragmatisme en matière de sécurité sur la ville. Aussi, nous ne comprenons que vous n’ayez pas travaillé avec nous, avant de prendre cette décision ». Le système « Voisins Vigilants » soulève en effet beaucoup d’interrogations.

Comme le journal municipal l’explique, Andrésy devient « Commune Vigilante » en adhérant à un service privé. Pour mettre en place le système des « Voisins Vigilants », Andrésy achète un service à la SARL du même nom, au chiffre d’affaires de 126 000 € (2014). La Ville va acheter panneaux et autocollants « Voisins Vigilants ». Elle paye aussi l’inscription à la plateforme Internet.

« -40% de cambriolages » : vraiment ? Le Journal d’Andrésy a repris ce chiffre que communique la Société « Voisins Vigilants » (et le maire d’Andrésy) censé montrer l’efficacité de son système. Renseignements pris, ce chiffre ne concerne qu’une seule commune qui a instauré le système en 2010 - et sans analyser l’origine de la baisse. Il ne s’agit pas d’un chiffre officiel, ni de portée nationale.

Le système est simple : des « référents sécurité » sont désignés dans chaque quartier et sont censés « prendre des notes sur les allées et venues », surveiller et prévenir la police en cas de tout comportement anormal. L’objectif principal de « Voisins Vigilants » est de réduire la délinquance, particulièrement les vols et cambriolages.

Les « référents sécurité » : les amis de M. Ribault

En Conseil municipal, les élus AER ont demandé qui seront les référents de quartiers. Sans surprise, ils ont été désignés par le maire lui-même et ce sont les actuels délégués de quartiers (invisibles jusqu’à maintenant) - des proches du maire. Outre Mme Lacaès (quartier Gare/Quais) qui ne s’est jamais manifestée dans les réunions de quartiers, nous y retrouvons François Lefèbvre (président du Comité de Jumelage et 33ème sur la liste Ribault AOC aux Municipales) et Jérémy Mallet (24ème sur la liste).

Ainsi, ceux qui vont surveiller et lutter contre l’insécurité dans les quartiers ne sont autres que les amis et militants du maire. Difficile de ne pas y avoir une opération politique de la part de M. Ribault.

Des « référents » non formés

L’adjointe à la Culture, Mme Montero, « élue vigilante » : Agacée par les questions de la tête de liste AER, Mme Montero est intervenue pour rappeler « que M. Wastl faisait beaucoup de théâtre. Or, Julien Green, c’est à côté, et on ne voit pas beaucoup M. Wastl dans les spectacles de Julien Green durant l’année ».
Nous voilà rassurés : l’un des plus fidèles soutiens de M. Ribault flique les élus et tient des comptes sur leur présence aux activités de la ville, quitte à empiéter sur leur vie privée. Voilà une élue... « vigilante »  ! Le système « Voisins Vigilants » a, semble t-il, été rodé en interne, sur les élus de l’opposition municipale !

Ces « référents » censés être « vigilants » ne seront pas formés. Et pourtant : le premier syndicat de Police (SGP-FO) avait, en 2013, pointé les dérives de ce système. Concernant ces référents, « il y a un risque de se faire justice soi-même, de commettre des erreurs, de stigmatiser, sans parler des risques sur la sécurité des référents... » (1)

Le maire d’Andrésy, suite à nos inquiétudes, a insisté sur leur rôle de lien social que joueraient les référents. Pourtant, le premier objectif de « Voisins Vigilants » est bien la surveillance de quartier par ses propres habitants - au risque de tendre vers des dérives miliciennes... Sinon, à quoi sert la dénomination « vigilants » ?

« Voisins Vigilants » versus « Participation Citoyenne »

Ce choix est d’autant plus contestable que l’Etat a mis en place un système appelé « Participation Citoyenne ». Il s’agit d’un dispositif public, porté par le Ministère de l’Intérieur. Les communes signent un protocole entre le préfet, le maire et l’autorité judiciaire. Actuellement, 1700 villes ont mis en place ce système local de lutte contre la délinquance. Les élus AER considèrent que la Sécurité doit demeurer une mission de l’Etat.

Inutile d’aller très loin pour constater que des maires de même bord politique que M. Ribault préfèrent la collaboration avec le ministère de l’Intérieur qu’avec une société privée de sécurité : le nouveau jeune maire de Conflans-Sainte-Honorine, Laurent Brosse (LR), a fait voter ce système de « participation citoyenne » qui, précise la délibération, permet « une étroite collaboration entre la mairie et le représentatant du directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines » et qui rappelle que les « citoyens vigilants » sélectionnés n’ont « aucun droit supplémentaire à ceux dont jouit un citoyen » (2) .

Le système privé de « Voisins Vigilants » choisi par la majorité d’Andrésy, sans aucun débat, est aussi un bon prétexte pour ne plus demander une hausse des effectifs de Police. Mais il s’agit d’un supplétif à moindre cout, à l’efficacité douteuse et à l’éthique très contestable.

Les élus AER ont rappelé au maire et à sa majorité que le lien local doit s’appuyer sur une citoyenneté de voisinage. Et celle-ci se construit sur la confiance, le dialogue, et non sur la méfiance. Sur la démocratie participative, pas sur la surveillance.


(1) LeHuffPost

(2) CR CM Conflans, 14/12/15