Le maire d’Andrésy ne soutient toujours pas le candidat déclaré Faist

Entretien exclusif avec le maire d’Andrésy (LR)

Décembre 2017 : son Premier adjoint aux Finances, Denis Faist, se déclarait candidat aux Municipales 2020, tout en affirmant que le maire actuel, Hugues Ribault, ne se représenterait pas et soutenait sa candidature.

Le maire, depuis ces déclarations, ne s’était pas exprimé et donc rien confirmé.

Les élus d’opposition AER ont donc interpellé le maire d’Andrésy, lors du dernier Conseil municipal, au travers de quatre questions précises.

La droite andrésienne est au diapason de la droite nationale : désunie. Les déchirements de 2013/2014 devraient reprendre en 2018/2019... sur le dos des Andrésiens.

Le début de l’histoire : Municipales 2014
Après avoir annoncé dans la presse, en 2013, qu’il ne se représenterait pas une troisième fois, le maire-sortant, Hugues Ribault, tourne casaque quelques mois plus tard et annonce finalement sa candidature aux Municipales 2014.
Mais, entretemps, sa fidèle alliée, maire-adjointe à l’Urbanisme, Virginie Muneret, s’était déjà proclamée candidate, comme convenu dans le groupe majoritaire dès 2012.
La crise au sein de la droite andrésienne a d’abord tourné à l’avantage de Mme Muneret : les trois-quarts des adjoints la soutinrent, ainsi que le directeur de cabinet du maire-sortant (un comble). Par ailleurs, Mme Muneret parvint à récupérer l’étiquette UMP. Furieux, le maire-sortant déchira sa carte du parti (UMP) en direct.
Finalement, Hugues Ribault réussit à se faire réélire mais avec seulement 37% des suffrages, contre 34% pour Virginie Muneret et 27% à notre toute jeune équipe, AER.
Après cette victoire, un « pacte » fut passé dans l’équipe majoritaire : M. Ribault restait en poste deux ans, puis démissionnait pour laisser la place à son Premier Adjoint aux Finances, Denis Faist.
Pourtant, deux ans après, en 2016, le maire n’a pas donné sa démission. En 2017, selon nos sources, Denis Faist a tenté de lancer une pétition, au sein de l’équipe majoritaire, pour forcer M. Ribault à respecter son engagement…. sans efficacité.
En décembre 2017, Denis Faist part donc à l’offensive et prend les devants : il déclare sa candidature, affirme que M. Ribault ne se représentera plus et qu’il soutiendra sa candidature. Alors pourquoi un silence aussi assourdissant du côté du maire depuis deux mois ?

Les élus d’opposition AER ont interpellé le maire d’Andrésy, lors du Conseil municipal du 18 février 2018 et lui ont posé quatre questions précises.

  1. M. Ribault, retirez-vous votre confiance à M. Faist ?
    AER – « Depuis que vous êtes élu, en 2001, vous n’avez jamais toléré de candidature issue de votre camp. Rappelons que vous avez destitué de son poste de maire-adjoint, Michel Marqué, quand celui-ci s’était présenté aux Législatives 2008. Vous aviez à l’époque, M. Ribault, justifié son éviction en plein CM, par cette sentence : « perte de confiance ». Six années plus tard, rebelote : vous avez destitué votre adjointe à l’Urbanisme, Virginie Muneret qui - comme cela pourtant avait été prévu dans votre équipe -, se présentait aux Municipales 2014. Notre question est donc simple : allez-vous destituer M. Faist de son poste de 1er adjoint pour la même raison : « perte de confiance » ? »
    M. Ribault- Maire : « Je peux réserver ma réponse ? »

     
  2. M. Faist est-il bien le candidat de M. Ribault et de la majorité municipale d’Andrésy ?
    AER – « Votre Premier adjoint, en se déclarant candidat pour les Municipales 2020, a affirmé, dans la presse que vous, M. Ribault, vous souteniez sa candidature. Pouvez-vous confirmer, ce soir, à tous les élus, si vous soutenez le candidat Faist pour 2020 ? »
    M. Ribault-Maire : « Je peux réserver ma réponse ? ».
     
  3. M. Ribault, candidat en 2020 ?
    AER – « Pouvez-vous nous dire, M. Ribault, si vous serez alors candidat, pour la quatrième fois, en 2020 ? »
    M. Ribault-Maire : « Je peux réserver ma réponse ? Et de toute façon, je n’ai pas envie de vous répondre ».

     
  4. M. Ribault : démissionnaire en 2018 ?
    AER – « Pouvez-vous, ce soir, nous confirmer, M. Ribault, que vous irez au bout de votre mandat de maire qui court donc jusqu’en 2020, et que vous n’allez pas démissionner avant terme pour « placer » votre poulain – pratique certes légale mais tout-à-fait détestable au regard des principes démocratiques de notre République ? »
    M. Ribault-Maire : « Je réserve ma réponse ! »

L’analyse des élus AER :

Quand Faist utilise les moyens administratifs et financiers de la ville pour faire sa campagne : Courant janvier, M. Faist, pour se déclarer, a mobilisé la presse locale. Plus gênant, il a utilisé les fichiers de la mairie pour contacter les présidents et présidentes d’associations par courriers nominatifs afin de leur annoncer sa candidature et tenter de les recruter. Il a ensuite signé et annoté des cartes de vœux envoyées traditionnellement par le maire aux habitants de la ville.
Nous constatons donc que M. Faist utilise, sans vergogne, les moyens administratifs et financiers de la ville pour débuter sa campagne électorale. Les élus AER se réservent le droit d’en informer M. le préfet.

 

Nous sommes surpris que le maire d’Andrésy ait refusé de répondre à nos questions dans la mesure où son Premier adjoint, Denis Faist, en se déclarant, a affirmé que le maire ne se représenterait pas et ensuite, qu’il soutenait sa candidature.

Aujourd’hui, le maire d’Andrésy ne confirme rien de tout cela ; mauvaise nouvelle pour Denis Faist qui s’autoproclame « son digne successeur » - tout en tentant un rapprochement avec les macronistes, pour récupérer l’étiquette LREM (voir « Ribault etFaist attirés par l’aimant Macron »).

La stratégie du bluff pour stopper les vélléités de Ribault

Néanmoins, cela confirme ce que nous savions : face à un maire qui ne veut aucunement laisser sa place, malgré ses promesses de quitter son poste en 2017, Denis Faist est parti à l’offensive, a pris les devants et surtout décidé de bluffer – du moins en partie – en affirmant qu’il avait le soutien du maire.

Hugues RIBAULT est piégé : il ne pourra pas barrer la route à un deuxième candidat de sa majorité, après l’épisode Muneret en 2014, sans se mettre à dos ses élus et ses militants. Il confirmerait l’image, déjà entrevue en 2014, d’un élu incapable de décrocher et de laisser la place à son éminence grise de toujours, argentier d’Andrésy depuis 2001.

Une droite andrésienne éclatée, désunie, incapable

Nous savons actuellement la majorité de M. Ribault éclatée : certains ne souhaitent absolument pas la candidature d’un Denis Faist qui, venant du centre-droit, tente manifestement de récupérer l’étiquette LREM – ce que certains élus étiquetés LR n’accepteront jamais.

Maires et adjoints encartés LR, élus UDI, minorité LR/PCD, élus proches de LREM, indépendants juppéistes... On commence à ne plus rien comprendre au paysage politique de la droite andrésienne qui passe son temps à régler ses comptes. Il est à craindre que 2019 ressemble à 2013. La majorité va, de nouveau, s’entre-déchirer et passer son temps à faire de la politique interne, oubliant d’œuvrer pour les Andrésiens.

 

 

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