Le pas chassé de la mairie d’Andrésy face à la colère des parents de l’Ecole de Musique et de Danse

Hausse des tarifs culturels

Face à la forte hausse des tarifs de l’Ecole de Musique et de Danse, pour la rentrée 2015 et pour les familles ayant plusieurs enfants inscrits, la municipalité a légèrement reculé et fait un petit pas vers les familles andrésiennes.

Les parents sont venus manifester à l’entrée du Conseil municipal du 30 juin. Cet épisode révèle encore une fois l’incapacité d’une municipalité à concerter sa population. Du coup, le maire et sa majorité prennent des décisions brutales et donc incompréhensibles pour les habitants.

Face à la colère des parents de l’Ecole de musique et de Danse (EMD) (cf. notre article joint) et la pétition qui circule depuis fin juin dans les couloirs de l’école - ce qui a eu le don d’agacer sérieusement le maire qui ne supporte plus actuellement le mot « pétition » (voir l’affaire Treck’île) -, la municipalité de M. Ribault a réagi dans l’urgence.

Un premier Conseil d’établissement depuis septembre et convoqué dans l’urgence

Une heure trente avant le Conseil municipal, la maire-adjointe à la culture, Mme Montero, et le Directeur des Affaires culturelles de la ville, M. Chaneaux, avaient convoqué un Conseil d’établissement.

Les représentants des parents ont pu rappeler leur désaccord devant la hausse subite et brutale des tarifs de l’école.

La mairie d’Andrésy a instauré le quotient familial tout en réduisant la dégressivité par nombre d’enfants. Selon leurs calculs, contestés par la mairie, dans les 24 nouvelles possibilités de tarifs, il y a seulement 5 cas de baisse et 19 situations de hausse. Pour certains, le tarif explosera l’an prochain avec un + 33%.

Les parents avaient d’autres raisons pour s’opposer à cette hausse des tarifs : les familles ayant plusieurs enfants à l’EMD remplissent les concerts ; Triel a un coût inférieur au tarif de la tranche D (tranche considérée comme la médiane pour la mairie).

Une modification des tarifs dans l’improvisation

Par ailleurs, les familles andrésiennes ont soulevé plusieurs interrogations qui ont révélé une certaine improvisation de cette réforme. Les parents doivent en effet faire une simulation pour connaître leur tranche dans la nouvelle grille incluant le quotient familial. Que se passera t-il si cette simulation se révèle inexacte l’an prochain ? Les parents pourront-ils se désengager à la rentrée (puisque les pré-inscriptions ont lieu en juillet).

L’adjoint aux Finances, Denis Faist, est venu en renfort à ce conseil d’établissement. Il a rappelé aux parents que c’était soit cette réforme (quotient familial + baisse de la dégressivité), soit une hausse forfaitaire pour tous de 10% - ce qui aurait été pire. Lionel Wastl, élu AER présent à ce conseil de l’EMD, a dénoncé cette comparaison entre deux réformes envisagées par la majorité municipale et qu’il fallait bien sûr comparer les nouveaux tarifs proposés avec les anciens.

Les deux maires-adjoints présents ont minimisé les doléances des parents en rappelant que la moindre dégressivité pour nombre d’enfants, proposée à la rentrée, ne « concernait que 15% des élèves en Musique et 10% en Danse ». Les parents ont déploré la « logique budgétaire » de cette réforme.

Dans son exercice favori, l’adjointe à la Culture, Mme Montero, a comparé les tarifs de l’EMD d’Andrésy avec ceux de Conflans ou de Poissy, afin de montrer qu’à « Andrésy, c’était moins cher ». Les parents ont vertement répondu qu’il ne fallait pas comparer Andrésy avec ces deux pôles culturels qui rayonnent sur le territoire : « Conflans et Poissy sont des conservatoires ».

Lionel Wastl a déploré l’absence de toute réunion de ce conseil d’établissement depuis septembre dernier, alors que le « conseil d’établissement de l’EMD a une fonction de proposition et de consultation ». Jamais réuni depuis près d’un an, ce conseil aurait permis de finaliser le projet d’établissement, présenté au Conseil municipal en décembre dernier, avec les parents, et, bien évidemment, de préparer la réforme de la grille tarifaire avec quotient familial, en toute transparence.

Le directeur des Affaires culturelles, M. Chaneaux, ne voyait pas l’intérêt de réunir « plus d’une fois le Conseil d’établissement », cette année. Quant à l’adjointe à la Culture, Mme Montero, elle considère que le « projet d’établissement est du ressort du directeur de l’EMD car il le préparait depuis très longtemps ». Bref, on se demande à quoi sert ce Conseil d’établissement, créé cette année afin que l’EMD obtienne le label « école à rayonnement communal »...

Manifestation bruyante devant la salle du Conseil municipal

Juste après ce Conseil, une trentaine de parents et enfants sont venus manifester bruyamment avec instruments de musique devant la salle du Conseil municipal. Le maire s’apprêtait à ouvrir le Conseil. Il a dû sortir s’expliquer sur le perron de l’hôtel de Ville.

Le maire conteste les calculs des parents mais propose

Durant le Conseil, M. Faist a rappelé qu’il considérait les calculs présentés par les parents comme « inexacts » et que les hausses de tarifs étaient moins fortes qu’annoncées dans la pétition. Néanmoins, la municipalité a fait un pas vers les parents en proposant de repasser à - 20 % pour le deuxième enfant.

Depuis sa réélection, le maire et sa nouvelle jeune maire-adjointe à la Culture, Mme Montero, se sont lancés dans une politique de hausse générale des tarifs : programmation culturelle et Ecole de Musique et de Danse.

Il s’agit, pour M. Ribault, de trouver des économies, pour éviter d’augmenter les impôts, et pour financer ses promesses de campagne - notamment le projet Treck’île, d’un montant de 400 000 € pour la ville et les contribuables andrésiens (hors subventions).