Le projet immobilier de 32 logements en plein cœur du centre ancien d’Andrésy : analyse et position des élus AER

Fin mars 2017, les élus AER ont été contactés par des riverains inquiets qu’une demande de permis de construire soit en cours d’instruction pour la création de 32 logements sur une parcelle située en plein centre-ville. Tout le monde pensait, jusqu’à aujourd’hui, que cette partie historique du centre-ville était protégée. D’autant que le projet s’inscrit dans le parc d’une maison classée « remarquable » dans l’AVAP !

Les élus AER vous donnent leur interprétation des éléments légaux et leur position sur cette demande d’autorisation de construction.

Les élus AER ont fait deux propositions au maire et à sa majorité, lors du dernier Conseil municipal (29/03/17) :

  1. le refus de ce projet immobilier de 32 logements en pleine zone protégée et classée ;
     
  2. la création d’une commission « Projets immobiliers » qui regrouperaient élus et membres des associations de quartiers concernées par les multiples projets immobiliers poussant aux quatre coins de la ville.

Résumé

Un projet de construction de 32 logements a été déposé fin janvier sur une parcelle bordée par le parking des Courcieux, la bibliothèque et le marché. La réglementation (PLU et AVAP) réputée protéger cette zone s’avère plus permissive que prévu et permet qu’un projet immobilier puisse être proposé par le promoteur Bouygues Immobilier.

L’analyse du PLU et de l’AVAP effectuée dans ce document par les élus AER montre que les choix réglementaires faits par la municipalité ne protègent pas la parcelle visée comme tout le monde le pensait. La demande de permis de construire déposée en mairie rend visible les interstices dans lesquels le promoteur a pu se glisser pour venir proposer un projet en total contradiction avec l’histoire du lieu, son positionnement en plein cœur du centre-ville et les constructions environnantes.

Nous avons essayé dans ce document de rassembler tous les éléments permettant de nous faire un avis. Au terme de cette analyse, outre la confirmation que ce projet serait une verrue dans le centre-ville, nous soulignons différents points dans le PLU et l’AVAP permettant d’argumenter contre ce projet.

Aussi, le groupe d’élus municipaux « Andrésy Energies Renouvelées » demande au maire, Hughes Ribault de refuser ce permis de construire. Cette demande appuyée par des arguments légaux a été faite en conseil municipal du 29 mars 2017.

La demande de permis de construire

Elle est datée du 31 janvier 2017 au nom de Bouygues Immobilier.

Elle est affichée en mairie annexe et indique :

  • Adresse  : 36 boulevard Noël Marc / rue des Courcieux / rue des écoles
  • Référence Cadastrale : AT 273
  • Surface de terrain : 3610m2
  • Surface de plancher créée : 1873m2
  • Nature des travaux : Construction de 32 logements répartis sur 2 cages, 1 niveau et demi de stationnement en sous-sols. Aménagements extérieurs à réaliser sur la parcelle afin de permettre le bon fonctionnement du projet

Cela signifie que si le permis de construire est obtenu la parcelle sera divisée en deux parcelles, la nouvelle faisant 3610m² avec différentes possibilités comme par exemple celles ci-contre. Mais il en existe d’autres possibles.

La valeur patrimoniale du lieu

Le 36 Boulevard Noël Marc fait l’objet d’une fiche patrimoniale  [1] à l’inventaire général du patrimoine culturel.

En 2014 la maison était décrite de la façon suivante dans In Situ, la revue du patrimoine :

On trouve aussi à Andrésy des maisons de campagne plus modestes qui réunissent sous un même toit la résidence et l’activité agricole. C’est le cas de la maison du 36, boulevard Noël-Marc dont on sait qu’elle était maison de campagne en 1731 et dont on connaît la distribution : en rez-de-chaussée, cuisine, salle à manger, office, antichambre et petit salon, à l’étage plusieurs chambres et un salon donnant sur le quai. Ce salon en 1825 avait un balcon tourné vers la Seine (toujours en place) « couvert d’un petit auvent à deux égouts, couvert en ardoise, supporté par devant par deux pilastres en treillage ; le dit auvent orné aussi de treillage ». À l’arrière de la maison se trouvent des parcelles de vigne, comme sur tout le coteau. Le balcon tourné vers la Seine est l’un des signes distinctifs de cette villégiature, on le trouve sur plusieurs maisons, le long du boulevard Noël-Marc.  [2]

Ce que disent les documents d’urbanisme

Le PLU

La parcelle est située en zone UB. Cette zone fait l’objet d’une justification éloquente dans le rapport de présentation du PLU :

Cette zone est dominée par les grandes propriétés arborées situées entre les berges de la Seine et la rue du Général Leclerc qui sont le lieu d’accueil d’anciennes maisons de notables et villas, érigées entre le second Empire et le début du 20ème siècle. Elle correspond à un tissu urbain constitué de grandes maisons individuelles sur des terrains de taille importante d’environ 5 000 m² dont il convient de préserver la morphologie et donc le rapport bâti/non-bâti qui participe à la qualité du paysage urbain d’Andrésy.

Les espaces arborés et/ou non construits (qui concernent principalement les parcs et jardins de ces grandes propriétés), font l’objet d’une protection liée à leur classement en espace paysager à protéger au titre de l’article L.123-1-5-III 2° du Code de l’Urbanisme, qui participent de la qualité du paysage urbain.

Évolutions par rapport au PLU de 2006 et justifications :

Afin d’éviter toute rupture brutale avec le parcellaire existant de grande superficie et la forme urbaine qui l’accompagne, il a été décidé le report au règlement des dispositions réglementaires de la ZPPAUP concernant le recul par rapport à l’axe des voies et la hauteur.

La délimitation de cette zone reprend pour tout ou partie celle du PLU de 2006 exceptée quelques habitations situées le long de la rue de la gare dont la typologie d’habitat présente, les potentialités de densification à proximité de la gare, et l’absence de « jardins remarquables », ont incité à les intégrer dans la zone UC aux dispositions réglementaires plus adaptées.

La totalité de la zone est incluse dans le périmètre de la ZPPAUP qui en fixe les éléments qualitatifs.

Au regard des éléments on comprend que la zone UB fasse l’objet d’une protection des constructions mais également des espaces arborés ou non. Car c’est le rapport entre ces éléments qui fait la particularité de cette zone.

Le PADD

Dans les objectifs du PADD, on peut lire page 20 :

Conserver et mettre en valeur le patrimoine architectural et urbain.

L’emprise au sol maximale des bâtiments principaux en zone UB a étémaintenue à 20%, évitant ainsi des extensions potentielles des bâtiments, altérant leur caractère patrimonial et un tissu urbain traditionnel plutôt aéré. En matière de patrimoine bâti, outre le report au plan des servitudes du périmètre de protection du monument historique, les périmètres des zones UA et UB correspondant au centre ancien d’Andrésy ont été ajustées afin de correspondre au périmètre de la ZPPAUP, future AVAP, dans sa partieurbaine. Afin d’éviter les contradictions et interprétations dans les dispositionsréglementaire du PLU et les prescriptions de la ZPPAUP, ces dernières ont été reprises dans les articles du règlement du PLU (articles 6, 7, 9, 10, 11 notamment). L’objectif est de garantir une préservation du patrimoine tout en assurant l’évolution de la ville, dans le respect des règles de la ZPPAUP.

Le règlement de la zone UB dans le PLU

D’un point de vue juridique seuls les OAP et le règlement (écrit et graphique) du PLU peuvent servir d’argument légaux en cas de litige  [3].

Le règlement de la zone UB est spécifié à partir de la page 24 du Règlement du PLU  [4]. Il précise en particulier l’emprise au sol, les hauteurs des constructions ainsi que les implantations ainsi que les accès voirie. 

Au règlement est associé un plan de zonage  [5] qui répertorie un vaste espace vert occupant quasiment toute la parcelle.

Comme indiqué dans le rapport de présentation, cet espace est protégé au titre de l’article L.123-1-5-III 2°  [6] du code de l’urbanisme qui stipule :

Identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d’ordre culturel, historique, architectural ou écologique, notamment pour la préservation, le maintien ou la remise en état des continuités écologiques et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation. Lorsqu’il s’agit d’espaces boisés, ces prescriptions sont celles prévues à l’article L. 130-1 ;

  • UB3 – ACCES ET VOIRIE
    L’autorisation d’urbanisme peut être refusée sur des terrains qui ne sont pas desservis par des voies publiques ou privées dans les conditions répondant à l’importance et à la destination de l’immeuble ou de l’ensemble d’immeubles qui y sont édifiés, notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficiles la circulation ou l’utilisation des engins de lutte contre l’incendie

    En grande couronne parisienne on compte 1,4 véhicule par ménage  [7]. Pour 32 logements cela nous amène à un total de 32x1,4 = 44 véhicules.

    Deux hypothèses : soit les véhicules accèdent au stationnement de l’immeuble par la rue des Courcieux, soit ils y accèdent par le boulevard Noël Marc.

    1. Par la rue des Courcieux

      La circulation se fait aujourd’hui en double sens jusqu’au parking, donc au droit du projet de construction. Elle permet d’accéder à l’école Saint-Exupéry, ce qui pose déjà des problèmes le matin. La rue dessert également le parking des Courcieux qui est déjà saturé la majorité du temps.

      En outre un projet de construction d’une dizaine de logements (soit au moins 14 véhicules) sur la parcelle située en haut du parking des Courcieux ne pourra que faire empirer les choses  [8]

      Le trafic induit par ces 44 à 58 nouveaux véhicules et la vie des habitants de cet immeuble est incompatible avec la voirie, qui ne répond pas « à l’importance et à la destination de l’immeuble »

    2. Par le boulevard

      Cette solution ne peut être envisagée. Elle obligerait à tracer une voirie goudronnée au milieu de l’« espace paysager à protéger ».

  • UB9 – EMPRISE AU SOL

    L’emprise au sol de la construction principale ne peut excéder 20 % de la surface du terrain.

    On peut ainsi calculer la surface potentielle de construction : 20 % de 3610m2 = 722m²

    À Chambourcy, une volonté évidente de protection de ces mêmes zones par la municipalité, limite la surface de construction à 12 %, ce qui donnerait 433m² au lieu de 722m² dans le cas d’Andrésy.

    L’emprise au sol totale des annexes ne devra pas dépasser 5% de la superficie de l’entité foncière  [15].

    Si annexes il y a, elles ne devront pas dépassées 5 % de 3610m² soit 180m².

    On obtient donc une emprise au sol totale maximale de 902m²

  • UB 10 – HAUTEUR DES CONSTRUCTIONS

    La hauteur des constructions mesurée par rapport au terrain naturel au centre de la construction, ne devra pas excéder 12 mètres au faîtage.

    À Chambourcy toujours, la hauteur des constructions dans ces mêmes zones est limitée à 8m.

    Si la municipalité d’Andrésy avait souhaité décourager les nouvelles constructions elle s’y serait prise de la même façon qu’à Chambourcy.

    Avec un projet limité à 8m sur 433m² les promoteurs n’y trouveraient certainement pas le même intérêt.

  • UB 6 – IMPLANTATION DES CONSTRUCTIONS PAR RAPPORT AUX VOIES ET EMPRISES A USAGE PUBLIC
    Elles doivent reprendre les règles dominantes d’implantation des constructions relevant d’une typologie patrimoniale les plus proches.

    Il n’y a pas à proximité immédiate de typologie équivalente (Maison de notable). Les maisons avec la même typologie les plus proches sont situées au 2  [16], 12  [17] et 60  [18] Boulevard Noël Marc chacune avec un recul allant de 17 à 28m.

    Notons la présence à proximité immédiate de deux édifices classés « exceptionnel » et « remarquable »

    • Groupe Scolaire Saint-Exupéry (Typologie : Equipement, Classement : Exceptionnel) école primaire Saint-Exupéry  [19], rue des Courcieux.
    • Bibliothèque Saint-Exupéry. Maison de campagne dite « Château de la Princesse » ; mairie-école de garçons ; 40 Bd Noël-Marc  [20]
  • UB7 – IMPLANTATION DES CONSTRUCTIONS PAR RAPPORT AUX LIMITES SEPARATIVES

    Lorsqu’elles sont autorisées par les différentes prescriptions de la ZPPAUP, les constructions et installations autorisées doivent s’implanter en retrait des limites séparatives selon les règles suivantes :

    • façades comportant des baies : la distance par rapport aux limites séparatives sera au-moins égale à la hauteur du bâtiment mesurée à l’égout du toit ou à l’acrotère (L=H), avec un recul minimal de 8 mètres,
    • façades aveugles ou ne comportant que des baies constituées d’éléments translucides et dont la partie ouvrante est située à plus de 1,90 mètres du plancher intérieur : la distance par rapport à la limite séparative sera au-moins égale à la demi hauteur du bâtiment mesurée à l’égout du toit ou à l’acrotère ou à l’acrotère (L=H/2), avec un recul minimal de 2,50 mètres.

    Dans la mesure où l’on ne sait pas comment est envisagé le découpage du terrain, les limites séparatives peuvent concerner un ou deux terrains (celui de la maison actuelle et potentiellement la parcelle 143 située entre le terrain actuelle et la résidence au 7 rue des Courcieux.

  • UB 11 – ASPECT EXTERIEUR

    L’autorisation d’urbanisme peut être refusée ou n’être accordée que sous réserve de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leurs dimensions ou l’aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales.

    Il est ici intéressant de constater que l’aspect extérieur est un des axes permettant une forte exigence et un refus potentiel de la part de la mairie.

  • UB 13 – ESPACES LIBRES ET PLANTATIONS

    Les marges d’isolement prévues à l’article UB 7 entre la zone d’activités et les secteurs d’habitat, doivent être plantées d’une haie vive suffisamment dense pour former un écran visuel et accompagnées d’une bande engazonnée d’une largeur minimum de 4 mètres.

    l’article UB 7 auquel renvoie l’article s’intéresse aux limites séparatives. Dès lors on est enclin à comprendre qu’il devrait y avoir une bande engazonnée de 4m avec les limites séparatives.

Ce que dit la ZPPAUP

La ZPPAUP  [9] avait « pour objet d’assurer la protection du patrimoine paysager et urbain et mettre en valeur des quartiers et sites à protéger pour des motifs d’ordre esthétique ou historique »

Cette ZPPAUP était officiellement en vigueur lors du dépôt du permis de construire. Elle est remplacée par l’AVAP nouvellement créée sur Andrésy et adoptée en Conseil Communautaire le 23 mars 2017 [Délibération CC_17_03_23_18].

L’AVAP conserve les principes fondamentaux de la ZPPAUP. Elle a vocation à s’y substituer à l’horizon 2015 à la zone de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAUP) en intégrant notamment, à l’approche patrimoniale et urbaine de celle-ci, les objectifs du développement durable.

La question se pose donc de savoir si c’est la ZPPAUP ou l’AVAP qu’il faut prendre en compte pour ce projet. Il semble que conformément à la jurisprudence le droit applicable est celui en vigueur au jour de la décision  [/span]. C’est donc à l’AVAP qu’il faut normalement se référer.

Pour mémoire l’AVAP est une servitude d’utilité publique qui s’impose au PLU.

Ce que dit l’AVAP

Comme dans la ZPPAUP, la zone est référencée A4 dans le document graphique du plan de secteur  [10]

AVAP - Secteur A4 - Andrésy

L’AVAP référence dans son plan patrimonial  [11] la AVAP - Secteur A4 - Détail parcelle - 36 Boulevard Noël Marc parcelle comme Jardins et masses boisées.

La fiche de règlement du secteur A4 « Le centre historique en balcon sur la Seine »  [12] liste « les prescriptions réglementaires » et « enjeux » qui s’appliquent à cette zone sur 54 pages.

Éléments de paysage identifiés

Les contraintes sont clairement explicitées. La zone verte doit être préservée et sans construction.

 

 

  • Jardins, alignements et masses végétales

    Prescriptions réglementaires

    Les jardins, alignements d’arbres et masses végétales identifiés doivent être préservés et ne peuvent être construits : l’emprise et les caractéristiques principales du jardin (composition, matériaux…) sont à préserver

    Un périmètre autour des végétaux sera respecté, suffisant pour leur pérennité et leur développement, où l’imperméabilisation et les dépôt sont proscrits.

    Enjeux

    Caractéristiques patrimoniales du secteur
    Le patrimoine végétal de la commune d’Andrésy est particulièrement remarquable en raison notamment de sa présence très importante dans les paysages des bords de Seine et de sa très grande visibilité grâce au relief très marqué de la commune.
    Les éléments identifiés figurent sur les plans secteur et patrimonial par des aplats verts  [21]

Les contraintes sont clairement explicitées. La zone verte doit être préservée et sans construction.

 

  • Les vues

    L’AVAP définit des cônes de vue AVAP - Vues - Andrésy protégés positionnés sur le plan des vues de l’AVAP  [22]

Prescriptions réglementaires : « […] A cette fin, tout projet compris dans les zones référencées sur le plan des vues devra obligatoirement joindre à toute demande d’autorisation un ou plusieurs photomontages et une coupe avant/après (trait de coupe suivant la pente) permettant de visualiser l’impact de la construction ou de l’aménagement projeté. »

Enjeux

Ce secteur présente des enjeux en termes de hauteur de bâti et de végétation par rapport aux vues le surplombant et de manière secondaire, à celles depuis la rive gauche. L’appréciation de ce secteur varie considérablement en fonction des saisons, en particulier depuis la rive gauche. En effet, l’hiver, la végétation de l’Ile Nancy est moins fournie et forme un masque moins opaque laissant voir les constructions du secteur.

 

 

On constate depuis le point de vue numéroté 6, situé avenue des Coutayes, que la vue est directe et plongeante sur le futur projet. Toute construction aura nécessairement un impact sur la qualité des vues définit dans l’AVAP, en particulier toutes les vues plongeantes sur le centre-ville (vues 3,4,5,6)

Edifices patrimoniaux exceptionnels et remarquables
  • Edifices remarquables

    Caractéristiques des constructions

    Il s’agit des constructions qui, en raison de leur intérêt architectural, donnent à Andrésy sa très grande qualité patrimoniale. Elles peuvent cependant avoir subi des modifications qui ont fait disparaître certaines des caractéristiques originelles. [...]

    Les constructions remarquables figurent sur les plans Patrimonial de l’AVAP et dans les plans de secteur et sont identifiées à l’aide d’un numéro qui se rapporte à une fiche.

  • Fiche patrimoniale des bâtiments situés sur la parcelle  [23]

On constate dans les fiches patrimoniales que l’intérêt paysager est directement associé au bâtiment, via les représentations graphiques ainsi que via la thématique des intérêts.

Dans le cas présent on parle bien d’une association complète des thématiques architecturale, historique, paysagère avec le couple bâti/paysager.

On peut donc s’étonner que la délimitation « jardin et masses boisées  » n’occupe pas la totalité de la parcelle. D’abord parce que la partie qui n’est pas en vert est bien un jardin mais surtout parce que c’est bien l’association bâti/paysager qui en fait l’intérêt.

On ne comprend donc pas pourquoi la mairie n’a pas été au bout de la protection de ce terrain en laissant une bande constructible sur un bout de l’espace paysager. On peut même s’interroger sur cette protection qui reste incomplète.

Les constructions nouvelles  [13]

Le règlement indique :

Le projet architectural devra s’inscrire dans le tissu existant et s’intégrer dans son environnement urbain.

Il devra respecter toutes les règles d’implantation, de gabarit, de volumétrie des constructions traditionnelles environnantes relevant de la typologie des maisons de bourgs en termes :
- d’implantation : soit à l’alignement sur la rue, soit en retrait d’au moins 2m, avec continuité bâtie sur la rue assurée par un mur,
- d’orientation
- de hauteur : RDC surélevé+2+combles au maximum.

Les constructions neuves devront :
- soit reprendre les caractéristiques architecturales de la typologie patrimoniale des constructions mitoyennes ou dominantes du secteur dans lesquelles elles s’insèrent,
- soit décliner un vocabulaire contemporain de qualité.

Une construction nouvelle sur l’une des parcelles de la zone UB est donc considérée appartenant à la typologie des « maisons de bourg », et ce sont donc les prescriptions définies pour cette typologie qui s’appliquent.
La « maison de bourg » est un des éléments de la typologie « architecture rurale »  [14] :

Ces maisons, construites à l’alignement sur rue, sont représentatives des rues commerçantes du bourg. Cette catégorie de maisons est dominante dans l’ancien bourg et elle donne à la rue de l’église et la rue du Général Leclerc (jusqu’à la rue de la Gare) leur physionomie actuelle. [...]

Ces constructions sont implantées à l’alignement sur rue. Les parcelles sont de très petite taille, en moyenne entre 100 et 400 m2. Les constructions sont pour la plupart mitoyennes les unes des autres. La façade principale s’inscrit comme limite lorsqu’elle s’aligne sur la rue. […]

On constate que cette typologie ne correspond en rien à la « typologie patrimoniale des constructions mitoyennes ou dominantes du secteur », et l’on s’interroge sur les arguments qui ont présidés à ce choix :

  • La parcelle envisagée par le promoteur fait 3600 m², loin des 100 à 400 m² évoqués

  • Il s’agit de construire un immeuble, pas des maisons

  • L’immeuble situé au 7 rue des Courcieux a un recul de façade de 7m par rapport à la rue des Courcieux

  • Les maisons situées rue des Courcieux en face du projet ont toutes des reculs supérieurs à 5m. Trois sur 4 ont un recul de 10m.

Tous ces points viennent renforcer l’absurdité d’un projet qui ne respecte en rien l’intérêt patrimonial du lieu, sa position et l’accessibilité du lieu.

Ajout du 10 avril

Le rapport du commissaire enquêteur sur l’AVAP — non publié par la municipalité mais qu’AER publie sur son site — stipule en outre :

​​33 — revoir les règles de recul des alignements selon l’existant d’une part, et les projets urbains attachés aux voies elles mêmes d’autre part, quitte à déroger ponctuellement aux règles édictées, pour des raisons architecturales

L’instruction de la demande de permis de construire

La demande ayant été déposée le 31 janvier il faut compter :

  • 3 mois pour le traitement de la demande de permis de construire (dans la mesure où il ne s’agit pas d’une maison individuelle) et pour les demandes de permis d’aménager
  • 1 mois pour l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF)

La jurisprudence stipule

Si le projet est situé dans un secteur sauvegardé, une ZPPAUP ou AVAP 1, un site inscrit, classé ou en cours de classement ou dans un périmètre de protection des immeubles classés au titre des monuments historiques, l’ABF doit être consulté. Or, en site inscrit, la portée de cet avis diffère selon que le projet porte sur une construction ou une démolition ; lorsqu’il s’agit d’un permis de construire, d’aménager ou d’une déclaration préalable, l’avis émis par l’ABF au titre de l’article R. 425-30 est un avis simple qui ne lie pas l’autorité administrative ; Lorsque le projet porte sur la démolition d’un bâtiment, le même code dispose à son article R. 425-18 que l’avis de l’ABF doit être conforme.

La position des élus AER

Le groupe d’élus municipaux « Andrésy Energies Renouvelées » demande au maire, Hughes Ribault de refuser cette demande permis de construire.

Nous appuyons notre demande par les arguments légaux suivants qui ont été exposés lors du conseil municipal du 29 mars 2017.

  • Cette construction vient s’insérer dans les vues définies par l’AVAP et constitue en tant que tel un motif de refus ;
  • La parcelle n’est pas desservie par des voies publiques répondant à l’importance et à la destination de l’immeuble ;
  • L’esprit et la lettre de l’AVAP et du PLU sont de protéger l’ensemble « jardin et masses boisées » de la parcelle.
  • Les éléments graphiques arrêtent la délimitation de la zone verte aux arbres de la parcelle, cela ne peut relever que d’une erreur car il typologie patrimoniale des constructions mitoyennes ou dominantes du secteur existe bien un jardin dans le prolongement du massif arboré de cette parcelle ;
  • Lors de conseil municipal du 15/12/2015 adoptant le PLU, il est précisé page 11 du procès verbal, « en zone centrale urbaine UA et UB […] l’autorisation d’urbanisation peut être refusée si les constructions sont de nature à porter atteinte aux constructions environnantes et à l’intérêt des lieux avoisinants ». C’est le cas ici ;
  • La typologie « maison de bourg » n’est pas compatible avec la réalisation d’un immeuble de 32 logements ;
  • AER demande le respect du rapport de présentation du PLU : « Il convient de préserver la morphologie et donc le rapport bâti/non-bâti qui participe à la qualité du paysage urbain d’Andrésy »

Dans un contexte de multiplication des projets sauvages portés par les promoteurs immobiliers qui exercent une pression foncière sans précédent sur les terrains privés de la ville, AER demande au maire, Hughes Ribault :

  • de refuser ce projet de construction de 32 logements – qui serait une verrue dans le centre-ville en plus d’être un non-sens urbanistique et humain pour les habitants du quartier – en s’appuyant sur les prérogatives que lui offrent le PLU et l’AVAP ;
  • de créer une commission « Projets immobiliers » afin que les habitants, les élu(e)s et la municipalité puissent partager et avancer ensemble sur le développement urbain de d’Andrésy.