Les nuisances aériennes à Andrésy

A. Etat des lieux

Depuis 1996, Andrésy est survolée par de nombreux aéronefs en phase d’atterrissage à Roissy en configuration de vent d’est, l’été notamment.

Notre commune a la particularité d’être survolée à environ à 1200 m d’altitude par les avions qui se posent sur les pistes du doublet nord et à environ 1500 mètres par ceux qui se posent sur les pistes du doublet sud .

Carte DGAC, situation le 7 juin 2005 : http://www.advocnar.fr/Fluxdetrajectoires.html

La situation n’a pas cessé d’empirer depuis 1996 et a connu un véritable tournant avec le relèvement des altitudes de survol initié par la ministre NKM en novembre 2011. Cette opération a reporté vers l’ouest la zone de virage des aéronefs. Depuis 2011, le nombre des survols de la commune a considérablement augmenté.

Il n’est pas facile d’obtenir des données chiffrées car à la différence de Conflans, Andrésy ne dispose pas d’une borne de relevée de Bruiparif. L’ACNUSA (autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires) fournit parfois, en traînant des pieds, quelques informations qui ne se recoupent pas toujours.

Ainsi, selon les données de cette autorité, le 7 février 2012, Andrésy a été survolé 163 fois et le 8 février 2012, 192 fois.

Sur les cartes ci-dessous, il est aisé de voir combien la situation s’est dégradée depuis 2011

La situation reste moins préoccupante à Andrésy qu’à Conflans, marquée sur la carte d’un contour bleu, où est située une borne de relevée de Bruiparif (sonopode des Culs Baillets). La ville voisine a subi depuis 2011 une hausse de 48 % des survols entre 1200 et 1500 mètres et une hausse de 47 % des survols particulièrement bruyants (+ de 62 db) !

Mais rien ne dit que les évolutions du trafics et la gestion des flux par la Direction Générale de l’Aviation Civile ne vont pas entraîner une nouvelle dégradation pour Andrésy.

B. Évolution :

Le nombre actuel de mouvements sur Roissy tourne autour de 500 000. Le Plan d’exposition au bruit (PEB) de 2007 en prévoit de 680 000 à 750 000 à l’horizon 2025.

Le Schéma Directeur de la Région Ile de France (SDRIF) adopté en octobre 2013 affirme clairement qu’il faut conforter le hub de Roissy tant pour les passagers que pour le fret en accompagnant ce développement de mesures susceptibles d’en limiter les nuisances.

[http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/SDRIF_2-_Projet_SPATIAL_cle0edb92.pdf->http://www.driea.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/SDRIF_2-_Projet_SPATIAL_cle0edb92.pdf]

Sébastien Trolle, auteur d’un ouvrage remarqué sur les nuisances aériennes « Les Poisons du Ciel » montre dans un article de la revue « Actu environnement » que le SDRIF veut conforter le rôle de Paris comme métropole mondiale et que le Grand Roissy aura pour mission d’être sa porte d’échanges avec l’international. Il montre aussi que les mesures envisagées pour limiter les nuisances sont insuffisantes et que le trafic aériens en Ile de France, du fait de la concentration de la population constitue une véritable bombe à retardement.

http://www.actu-environnement.com/ae/news/sdrif-2013-transport-aerien-ile-de-france-20326.php4#xtor=EPR-1

Nous sommes une fois de plus confronté au Grand Paris, à la métropolisation et à la volonté quasi générale de la classe politique du pays de faire de l’Ile de France la première région européenne, en capacité de concurrencer Sao Paulo ou Shanghai !

C. Les conséquences pour Andrésy

La situation est d’ores et déjà très difficile à vivre dans certains quartiers lors des épisodes de vent d’est, en particulier l’été. L’augmentation du trafic multipliera les nuisances.

La première nuisance est le bruit aux conséquences multiples sur la santé, le sommeil, la qualité de vie en général.

Il est à noter qu’Andrésy n’est pas dans le périmètre du PEB, ce qui n’aurait entraîné que des contraintes, ni encore moins dans celui du Plan de Gêne sonore (PGS) qui donne droit à des indemnisations pour isolation des bâtiments.

La pollution chimique est également une nuisance, moins visible et diluée.

Poussières, particules fines, Oxyde d’azote, Co 2 etc. sortent des moteurs d’avions et participent à la pollution générale en Ile de France, qui est à la fois la région la plus peuplée du pays et la région la plus survolée. 60 % du trafic aérien national est concentrée en Ile de France.

Maladies respiratoires et cardiovasculaires, cancers etc. sont les conséquences de la pollution chimique qui entraîne chaque année 40 000 décès prématurés en France.

Rien n’est prévu pour diminuer le trafic en cas de pics de pollution comme nous en avons connus en décembre dernier.

Les premières conséquences de ces nuisances portent donc sur la santé et la qualité de vie.

Mais il peut y avoir d’autres conséquences, notamment économiques avec un risque de dévaluation du patrimoine (qui a envie d’acheter un bien situé sous un couloir aérien ?) et une modification sociologique de la population. Différentes études montrent que les populations qui le peuvent quittent les zones les plus impactées par les nuisances.

D. Quelles positions pour AER ?

  • Sur le long terme, nous contestons l’idée qu’il peut y avoir un développement durable du trafic aérien du fait de son coût environnemental considérable en termes de nuisances en tous genres :

pollution chimique, sonore, émission de polluants et de GES etc. et de son coût social tout aussi considérable : dégradation de la qualité de vie de populations très nombreuses, paupérisation des secteurs situés à proximité des aéroports et sous les couloirs, facilitation des délocalisations etc.

Nous pensons que seule une réduction du trafic aérien peut entraîner une réduction des nuisances sonores et chimiques.

  • Sur le court terme, nous soutenons les revendications portées par les associations, notamment par le CIRENA.

[http://teaser.cirena.teaser-hosting.com/welcome/index.php?accueil=1->http://teaser.cirena.teaser-hosting.com/welcome/index.php?accueil=1]

- Réduction des vols de nuit sur Roissy CDG, pour mettre le trafic nocturne au même niveau que les autres principaux aéroports européens : Francfort, Heathrow et Schiphol.

- Réduction de la pollution de l’air, du bruit et du kérosène consommé, par la mise en place généralisée, sur tous les aéroports franciliens de la descente douce amorcée depuis plus de 3.000 mètres, moteur au ralenti et sans palier.

- Élimination d’urgence du bruit suraigu des A320 (flotte existante et future).

- Plafonnement à 500.000 du nombre des mouvements à Roissy

- Utilisation de l’aéroport de Vatry (Marne) pour les vols cargos.

- Mise en place d’une réelle complémentarité entre l’avion et le train, et notamment en

empêchant toute distorsion de concurrence au profit du transport aérien..

- Taxation du kérosène sur les vols intérieurs.

-Arrêt des aides et subventions publiques ayant pour effet de multiplier les vols à bas coûts.

-Suppression des incidences négatives du relèvement des altitudes de novembre 2011.

Même si la question de l’aérien échappe totalement à la municipalité, celle-ci peut tout de même exercer des pressions sur les pouvoirs publics pour tenter d’en limiter les nuisances.

Nous jouerons un rôle actif par rapport aux élus de la Confluence et nous les pousserons à être beaucoup plus virulents par rapport à cette question.

Il existe une association d’élus des Yvelines « pour la réduction des nuisances aériennes » : l’ACRENA dont fait partie Andrésy.

Celle ci est présidée depuis sa création par le Sénateur Maire du Pecq Alain Gournac. Ce dernier pense qu’on peut réduire les nuisances sans limiter le trafic aérien.

La seule action réelle de l’ACRENA a été de financer des relevés sonométriques dans quelques communes, relevés qu’elle n’a jamais utilisé pour quoi que ce soit.

Au final, l’ACRENA est essentiellement un outil trouvé par certains élus pour endormir la population, lui laissant croire qu’ils agissaient contre les nuisances aériennes dans le sens de l’intérêt général, ce qui n’était dans la réalité absolument pas le cas.

Le représentant d’Andrésy a l’ACRENA a été pendant longtemps R. Bellemin. Celui-ci s’est illustré dans les réunions par son silence et par son approbation de la réorganisation catastrophique initiée par NKM en 2011. La municipalité sortante a ensuite fait machine arrière tant les conséquences du relèvement NKM sont catastrophiques pour la ville et a participé au recours déposé devant le Conseil d’Etat pour demander son annulation.

La municipalité sortante n’a jamais soutenu réellement le CIRENA, sinon par des paroles, ne l’a jamais subventionnée et a toujours subordonné son action contre les nuisances aérienne à celle de l’ACRENA.

Nous tenterons d’agir au au sein de l’ACRENA et lui demanderons de soutenir les revendications exprimées plus haut notamment le plafonnement des mouvements annuels sur Roissy au nombre actuel, l’arrêt des vols de nuit et la mise en place de procédures d’atterrissage de moindres nuisances.

Si cela se révèle impossible, nous claquerons la porte de cette coquille vide et nous créerons une association des élus de la Confluence, du type de l’association des élus qui a existé pendant un temps contre l’A 104 et qui a su montrer son efficacité.