Ouverture imminente de Trek’île... coûte que coûte !

Le « grand projet » du maire d’Andrésy et de sa majorité de parc urbain sur l’île d’Andrésy, appelé Trek’île, est devenu son boulet...

Retards de chantier, problème d’étanchéité sur la zone humide artificielle, forte opposition des riverains,... Même la nature s’en est mêlée avec la crue exceptionnelle de 2016 dont les eaux ont inondé les terrains du parc urbain mais ont disparu rapidement, même sur la fameuse zone humide.

Cela fait maintenant un an que ce parc devait être ouvert. Le maire, les entrepreneurs et les services de la ville mettent les bouchées doubles pour ouvrir Trek’île avant les grandes vacances 2017, quitte à mettre le pied sur la ligne jaune...

La zone humide artificielle le 25 juin 2017

Depuis août dernier, aucune activité sur l’île n’a été détectée... Et donc depuis près d’un an, la nature reprenait progressivement ses droits sur le grand projet de M. Ribault : les orties et les ronces ont envahi les sous-bois et le nouveau verger créé, les feuilles mortes et les crottes d’oiseaux ont jonché les cheminements, ...

Seule intervention : quelques ouvriers puisatiers sont intervenus durant trois jours pour approfondir les puits des éoliennes - puisque la zone humide était toujours sèche... Mais sans résultat probant.

Aujourd’hui, de zone humide le projet n’en a que le nom et les pontons traversent donc les herbes hautes de la prairie qui, elles aussi, ont repris leur croissance.

Ça s’active sur l’île !

Pour enfin ouvrir son parc, la mairie devait résoudre rapidement deux gros problèmes : l’ouverture de tout le cheminement le long des berges en faisant usage de la servitude de marchepied sur les terrains privés, et l’humidification de cette satanée zone humide désespérement sèche !

Durant ce mois de juin donc, la mairie s’est soudainement réveillée et lancée dans une véritable course contre le temps sans que l’on comprenne ce qui est soudain si urgent...

Ainsi, les entreprises Urano et Cépage, en charge de la réalisation des travaux du projet Trek’île, ont donc repris du service pour terminer ce qui avait été délaissé depuis l’été 2016.

Garantir le cheminement : les tensions au niveau de la servitude de marchepied

Fin janvier 2017, une enquête publique visant à délimiter le domaine public fluvial sur l’île Nancy était lancée avec comme objectif de pouvoir établir la délimitation de la servitude de marchepied. Le rapport a été rendu le 10 mars 2017.

Véritable course contre le temps, la mairie semble avoir donné les coudées franches aux entreprises. Pour faire vite, les ouvriers se sont vu autoriser à faire passer des tracteurs sur la servitude de marchepied afin de déblayer et préparer les chemins de promenade.

Les élus d’Andrésy Energies Renouvelées sont déjà intervenus en Conseil municipal pour rappeler la loi à M. Ribault et à sa majorité.

D’autres travaux réalisés en urgence : Le verger créé est en permanence envahis par les orties et les chardons. Alors, la mairie est venue avec une débroussailleuse, qu’il faudra désormais passer régulièrement tout au long de la période d’ouverture car les champs d’orties sont légions sur l’île...
Les entreprises doivent aussi poser les clôtures séparant les chemins du parc des propriétés privées.

Ainsi, une jurisprudence de 2007 a rappelé que :

« la servitude de marchepied ne permettait, selon les termes de l’article L. 2131­2 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques, que l’usage de ce cheminement par le gestionnaire du cours d’eau, les pêcheurs ou les piétons (à l’exclusion donc de tout véhicule). »

En effet, l’entretien de la servitude consiste uniquement à « maintenir libre le cheminement piéton sur la servitude administrative dite de marchepied », (article L2131-2 du CGPPP).

Concernant l’utilisation de tracteurs sur les berges de l’île, Michel Près, élu AER, a écrit aux services de la mairie les 8 et 21 juin 2017 s’inquiétant que le « passage de tout véhicule sans autorisation écrite des riverains mettrait de facto la mairie dans l’illégalité ainsi que les entreprises et ferait courir à la mairie un nouveau risque juridique en plus de la procédure déjà en cours. De surcroît les menaces des ouvriers pourraient faire l’objet de plaintes si elles s’avèrent vraies ».

Tensions et menaces verbales

En effet, les habitants de l’île ont tenté de stopper les engins motorisés. Une vive tension a eu lieu et des menaces verbales ont été proférées. L’un des ouvriers a parlé de « forcer le passage », ce qui sous-entend bien que les entreprises ont conscience de ne pas avoir le droit de passer.

Michel Près, conseiller municipal AER, s’est rendu sur l’île le 21 juin 2017 vers 11h s’inquiétant d’une violation du droit. Les représentants de la mairie ont tenté de lui défendre le passage en lui rappelant que l’île était une zone de chantier. Mais celui-ci a fait valoir son droit à être informé des activités de la mairie en tant que représentant des Andrésiens, tout cela dans climat plus que tendu.

15 minutes après le départ de la propriétaire, les engins sont passés sur la servitude, passant outre les refus écrits et verbaux des habitants exprimés depuis plusieurs semaines et les rappels à la loi des élus AER. Tout cela en présence d’au moins un représentant de la municipalité.

La mairie d’Andrésy a également écrit aux habitants de l’île, suite à leur refus. 

« Concernant le grignotage des racines et souches entravant la circulation des piétons sur la servitude de marchepied, vous avez refusé que les sociétés présentes le fassent avec le matériel en leur possession. Vous estimez que ce matériel n’est pas adapté. Ainsi, vous vous engagez à le faire par vos propres moyens, et ce avant mercredi 28 juin. Les déchets doivent être collectés et mis en décharge. Ils ne devront pas être déposés ou abandonnés sur la berge ».

La relève des entreprises par... le personnel municipal

Depuis mercredi 28 juin, ce sont les employés de la mairie qui ont en charge de déblayer et nettoyer les chemins du futur parc...

Cela augure de coûts de fonctionnement importants car les chemins créés sont régulièrement salis ou bloqués par la nature. Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir répété en conseil municipal.

Le problème de la zone humide... toujours sèche...

Les Andrésiens ont beaucoup glosé sur cette parcelle gigantesque déforestée puis creusée pour créer une zone humide artificielle de 10 000 m2. Deux éoliennes et panneaux photovoltaïques ont été créés pour pomper l’eau du sous-sol. Depuis près de deux ans, ce chantier qui a coûté les yeux de la tête aux contribuables andrésiens est un fiasco total : la cuve creusée et imperméabilisée (avec de la bentonite) ne retient pas l’eau.

Cet hiver, et jusqu’à juin, on a peut-être frôlé les 500 m2 « recouverts » d’eau (et on parle de 5 cm au plus profond). Après la vague de chaleur de la mi-juin et les litres déversés par les pompes il n’est même pas sûr qu’on atteignait 100 m2 « humides ».

Alors, le maire d’Andrésy pompe et pompe depuis des mois... (voir, par exemple, notre article d’Octobre 2016).

En ce mois de juin, la mairie a organisé une opération dernière chance de « mise en eau de la zone humide » !

Pour cela, comme les deux pompes agricoles existantes n’amènent que de minces filets d’eau dans la zone, la mairie a décidé de pomper directement dans la Seine !

... résolue au prix de la pollution de l’île !

C’est une opération normalement interdite. Les élus AER ont donc contacté les services de la ville. Voici leur réponse : « Pour ce qui est du pompage de l’eau en Seine, je vous confirme que les entreprises ont entrepris un pompage et que les services de la préfecture de la police de l’eau et de VNF ont été avertis. Les quantités qui sont prélevées en Seine étant inférieures au volume soumis à autorisation, nous avons eu en retour une réponse de la police de l’eau nous indiquant que nous n’étions pas soumis à déclaration ni à autorisation. Les services de la police de l’eau ont acté tout de même de notre demande. »

Cette opération de la dernière chance soulève néanmoins des problèmes. D’une part, la mairie ne pourra pomper éternellement. Or, depuis deux ans, force est de constater que cette « zone humide » créée à coup de pelleteuses n’a jamais été capable de retenir l’eau. D’autre part, en épandant l’eau de la Seine sur l’île, le maire est en train de polluer toute l’île. Ainsi, d’un espace naturel sauvage, Hugues Ribault en aura fait un parc urbain pollué...

Au final, on peut s’attendre à une ouverture, dans les prochains jours ou semaines, probablement pour le 14 juillet.

Hugues Ribault et sa majorité devront ensuite « vendre » leur projet étiqueté abusivement d’écologique. Journal municipal, articles de presse... tout sera mis en oeuvre pour convaincre des Andrésiens de plus en plus nombreux à critiquer ce projet « inutile et coûteux » qui, de surcroit, génèrera bien plus de dépenses de fonctionnement que prévues...