Parc urbain de l’île d’Andrésy : gabegie financière, scandale écologique

Depuis mi-juin, le projet Trek’Île de parc urbain sur l’île naturelle d’Andrésy tourne au fiasco.

Le projet à 1,6 M € du maire, Hugues Ribault, toujours soutenu par sa majorité municipale, avait déjà entraîné l’abattage inutile de nombreux arbres, des forages, le déboisement puis le creusement sur 1,5 mètre d’un espace naturel remarquable de 22 000 m², en plein coeur de l’île avec coulage de bentonite pour imperméabiliser le tout. L’objectif était de créer une mare, avec plantes aquatiques, en pompant dans la nappe alluviale via 2 pompes éoliennes (12 mètres de hauteur) et solaires.

Mais cette mare artificielle ne se remplit pas : les pompes ne fonctionnent mal ou pas du tout ; la mare n’est pas imperméabilisée.

Les photos témoignent de la déconfiture de ce projet qui était déjà un scandale écologique.

Panorama zone « humide » les 31 juillet et 2 août

La crue qu’a connue Andrésy, début juin, avait inondé le projet Trek’Île. Le maire-adjoint aux Travaux, Alain Mazagol, avait pourtant affirmé en conseil municipal qu’il n’y avait eu « aucune conséquence sur le projet ». Nous avions dû apporter des preuves aux Andrésiens des multiples dégradations causées par les inondations sur le projet Trekile. Voir notre article : « Trekile, après la crue ».

La vraie surprise c’est que la mare, créée artificiellement, d’abord inondée elle aussi par la crue, s’était ensuite mystérieusement desséchée.

Le problème des pompes, du vent et du soleil

Depuis leur mise en place fin juin les deux pompes éoliennes n’ont sorti que des débits ridiculement faibles, même lors de journées ensoleillées et venteuses, et qui nécessiteront des années avant de remplir la mare créée artificiellement.

Par ailleurs, durant le mois de juillet, les ouvriers ont régulièrement travaillé dans les puits (creusés pour pomper dans la nappe alluviale). Des pannes sur les pompes électriques ont été fréquentes.

Les élus d’Andrésy Energies Renouvelées ont demandé à Alain Mazagol le document précisant les débits d’eau attendus par les pompes. Nous attendons ce document depuis trois semaines.

Un épandage de bentonite sur 22 000 m² qui ne joue pas son rôle d’imperméabilisant

Plus grave : l’absence d’imperméabilisation de ce trou de 22 000 m² en plein espace naturel. La société responsable du chantier, Urano, tente de comprendre ce qui se passe, au prix d’un désastre écologique.

Ainsi, les ouvriers ont recreusé des sillons dans la marre, jusqu’à 2 mètres de profondeur, pour tenter de comprendre la disparition de l’eau pompée. Il y a clairement un problème d’infiltration dans la bentonite. Comme nous a avoué l’un des ouvriers de retour du chantier : « c’est le problème de la baignoire qui fuit plus vite qu’elle se remplit... »

 

 

Les ouvriers ont aussi recréé une mini-mare qu’ils ont rempli d’eau de la Seine pour avoir confirmation qu’il y avait bien fuite.

 

Rappelons aussi que les plantes aquatiques avaient été plantées dès le mois de Mai. Pour éviter qu’elles ne crèvent, la mairie avait dû pomper - en toute illégalité - l’eau de la Seine.

Puis ensuite il y a eu les inondations. Enfin, l’assèchement de la mare. Et repompage.

Le parc devait ouvrir pour le 14 juillet

Le parc urbain Trekile de M. Ribault devait ouvrir le 14 juillet. Le chantier est arrêté au mois d’août. Les ouvriers reviennent en septembre « pour quelques bricoles »... Au vu des tranchées réalisées un peu partout, au cours de ce mois de juillet, cela devrait être de... grosses bricoles.

Trois terrains de football et 1,6 M € pour les contribuables

Si l’ouverture au public d’un espace naturel exceptionnel, avec cheminements et belvédères, était déjà contestable, le creusement d’un trou, en plein centre de l’île avec le déboisement que cela a causé, représente bien un vrai scandale écologique, avec la destruction d’un espace de biodiversité pour créer une zone humide totalement artificielle.

Le trou créé à la taille de près de trois terrains de football. Il aura coûté 1,6 M € aux contribuables, et aux alentours de 400 000 € aux seuls Andrésiens.

Hugues Ribault a beau se défendre de proposer un projet exemplaire, il est embourbé dans sa mare qui reste sèche.