Pendant la crue, le maire d’Andrésy et le Premier adjoint en voyage d’agrément

Lundi 30 mai 2016 : première alerte de Vigicrue ; la Seine passe en jaune.

Mardi 31 mai : Vigicrue annonce une « crue importante de la Seine ». A Andrésy : quai d’accostage des riverains noyés.

Mercredi 1er juin : Risque de crue équivalente à 2001. A Andrésy le boulodrome est inondé ; l’embarcadère de la Goëlette noyé.

Au même moment, Hugues Ribault, maire d’Andrésy, sa femme, ainsi que Denis Faist, Premier adjoint aux Finances et aux Affaires scolaires et sa compagne, partaient tous, une semaine, en Allemagne et en Pologne. Prétexte officiel : une cérémonie de jumelage à Miedzyrzecz, le dimanche 3 juin.

Comment justifier un voyage d’une semaine pour une cérémonie d’une journée ?

Les deux premiers édiles étaient absents de la ville, au moment de la grande crue. Le maire d’Andrésy était pourtant officiellement le directeur des opérations de secours sur la ville.

Lionel Wastl et les élus d’Andrésy Energies Renouvelées (AER) ont été étonnés de la décision du maire d’Andrésy, Hugues Ribault, et de son Premier adjoint, Denis Faist, de maintenir leur voyage, en grande partie d’agrément, d’une semaine, en Allemagne et en Pologne, du 1er au 7 juin, en pleine période de crue de la Seine.

Alors que Vigicrue annonçait une crue exceptionnelle dès le mardi 31 mai, les deux édiles, accompagnés de leurs conjointes, n’ont pas annulé leur périple à Berlin, Miedzyrzecz (ville jumelée polonaise) et Varsovie.

Ainsi, pendant que les Andrésiens avaient les pieds dans l’eau, que la situation urgente nécessitait l’évacuation d’habitants à Conflans et Poissy, le maire d’Andrésy, Hugues Ribault, et son Premier adjoint étaient absents d’Andrésy et de France.

La responsabilité du maire d’Andrésy engagée

Hugues Ribault a eu beau affirmer en Conseil municipal du 30 juin 2016 qu’il se « tenait au courant de la situation toutes les 15 minutes », lorsqu’il n’était pas là, il a pris un risque judiciaire. En effet, la gestion de la crise relève du maire qui a la responsabilité d’alerte, d’informer et d’astreindre. Tout incident grave qui serait advenu pendant la crue sur Andrésy aurait pu lui valoir des poursuites pour « des faits non intentionnels commis dans l’exercice de [ses] fonctions (...) s’il est établi que le maire n’a pas accompli les diligences normales compte tenu de ses compétences... », (L. 2123-34, CGCT, Lio 2000-647, 10/07/00).

 

Ordre de la com’ : aucune photo ! Alors qu’en général, les voyages du maire d’Andrésy dans les villes jumelées s’accompagnent de photos, publiées sur les réseaux sociaux et dans le Journal de la Ville, ici, ordre a été donné de ne faire aucune photographie du maire et du Premier adjoint en Pologne, ainsi que de ne pas évoquer le voyage. C’est dire si le maire et le cabinet n’étaient pas très fiers de leur périple à l’étranger alors qu’Andrésy était touchée par la plus forte crue depuis 15 ans. Même la page Facebook du Comité de Jumelage a joué le jeu : on y voit des photos de membres du Comité en bus, ou encore le nouveau Président, François Lefebvre (candidat sur la liste Ribault en 2014), pendant son discours... mais aucune photo de MM. Ribault et Faist.

Le maire d’Andrésy a prétexté d’une commémoration de jumelage qui a eu lieu, effectivement, à Międzyrzecz, en Pologne, le dimanche 3 juin – apogée de la crue. Mais comment justifie-t-il sa présence à Berlin et Varsovie ainsi que son absence d’une semaine d’Andrésy ?

Lionel Wastl et les élus AER considèrent que cela constitue une faute très grave : le maire d’Andrésy était officiellement le directeur des opérations de secours. La gestion de cette crise relevait de la responsabilité du maire. Dans ces heures d’inquiétude, la place du maire et de son Premier adjoint était à Andrésy, pas à Berlin, ni à Varsovie.

En conclusion, pendant que les Andrésiens avaient les pieds dans l’eau, le capitaine du bateau avait quitté son navire.