PLU Andrésy et protection des espaces verts et agricoles

Dossier PADD 2014-2022

Les espaces naturels et agricoles des coteaux andrésiens de l’Hautil sont toujours menacés par des projets d’urbanisation. Le maire d’Andrésy doit enfin sanctuariser ces espaces de biodiversité et profiter de la révision du PLU pour supprimer les menaces pesant sur le massif : ZAD et projet de « couronne nord-urbaine ».

Située entre la Seine et le massif de l’Hautil, Andrésy est une commune qui détient de splendides espaces naturels, au niveau des berges et sur les coteaux. La commune s’étend dans la forêt, au-delà du château du Faÿ, jusqu’à la Barbannerie.

Cette situation géographique privilégiée explique que notre ville a une surface urbaine minoritaire : elle ne représente que 44% de notre territoire, contre 63 % à Conflans par exemple !

 

Coteaux de l’Hautil : le projet d’urbanisation du maire d’Andrésy en 2010

Si les berges sont protégées, les coteaux de l’Hautil sont régulièrement sous la menace des projets immobiliers et du grignotage de nos espaces verts. Les aménageurs regardent nos coteaux comme un terrain propice pour construire. Ils sont largement soutenus par les élus du territoire (du maire d’Andrésy jusqu’au préfet).

La majorité de M. Ribault s’était illustrée en 2010 par un projet immobilier dit des Belvédères de 300 logements. Lors de la consultation organisée par le maire, 70% des Andrésiens avaient voté « non ».

Dans le dossier PLU présenté lors du projet d’aménagement (PADD), ces espaces naturels sont peu décrits et peu protégés. La chambre d’agriculture reproche ainsi à la ville d’Andrésy un « état des lieux hâtif et simpliste » des espaces verts des coteaux.

Actuellement, les hauts des coteaux sont constitués de zones N (Naturelles). Le maire d’Andrésy, refroidi par l’expérience de 2010, compte maintenir ce classement. Les élus AER considèrent que ce n’est pas suffisant : demain, une municipalité peut modifier toute zone N en zone AU, d’autant que beaucoup de collectivités au-dessus d’Andrésy le souhaitent !

En effet, l’intercommunalité, mais aussi le département et l’Etat poussent Andrésy à urbaniser les coteaux.

Andrésy sous la menace de la zone d’Aménagement Différée sur l’Hautil

L’Etat et le département rappellent qu’Andrésy s’est volontairement inscrite dans l’opération d’intérêt national « Seine-Aval » qui a créé une zone d’aménagement différé (ZAD)sur les coteaux de l’Hautil. Le préfet l’a rappelé : « je considère que ces terrains constituent un potentiel d’urbanisation ». Le conseiller général de l’époque, maire de Verneuil et président de notre propre interco, Philippe Tautou, l’avait aussi souligné : les zones N sont « incompatibles avec les orientations fixées au sein de l’OIN Seine Aval ». Le département a rappelé qu’il sera impossible de demander un classement en Espace naturel sensible.

La Communauté d’agglomération CA2RS a inscrit dans ses projets de développement une « couronne nord-urbaine » entre Triel, Chanteloup et Andrésy. Projet alors voté par M. Ribault lui-même ! En 2015, les élus de la CA2RS ont actualisé leur projet de territoire : on n’évoque plus de « couronne nord-urbaine » - expression trop agressive - mais une « unification des îlots urbains ». Ce qui revient au même.

On l’aura compris : nos espaces naturels sont menacés. Un « périmètre d’aménagement urbain » sur les coteaux a été créé en 2008, au moment de la création de l’OIN Seine-Aval. En tant que maire, Hugues Ribault, a choisi de signer le protocole OIN Seine Aval et donc d’y inscrire la ville d’Andrésy.

L’établissement public d’aménagement qui organise cette OIN a son agence d’urbanisme, l’AUDAS, dont le président n’est autre que… M. Ribault ! Du fait de son choix, Andrésy a dorénavant des obligations de constructions : le territoire Seine Aval doit construire 2500 logements par an et Andrésy doit participer à cet effort. A cet effet, Les Hauts d’Andrésy sont, selon l’Etat, un « potentiel d’urbanisation », d’où la création de la ZAD.

L’Etat, dans son analyse du PADD, va même plus loin : il reproche au maire d’Andrésy de ne pas créer une OAP (opération d’aménagement programmé) sur cette zone, en rappelant que cette ZAD arrivera à échéance en juin 2016.

 

Dans ces conditions, nous ne croyons guère en la volonté du maire d’Andrésy de protéger efficacement nos coteaux. D’ailleurs, M. Ribault n’annonce plus de demande de classement des coteaux en Espace naturel sensible (ENS), dans le rapport de présentation du PADD. Mais le maire d’Andrésy devra faire un choix : le maintien d’une zone N sur laquelle une ZAD existe est totalement contradictoire et incompatible.Choix à faire dans un contexte où le département, l’OIN et l’Etat exige une urbanisation sur l’Hautil !

L’urbanisation à Andrésy doit définitivement abandonner les espaces naturels. A cet égard, d’autres mesures de protection, autres que l’ENS, existent.

 

Les mesures de protection de l’Hautil

Andrésy pourrait élargir l’Espace boisé Classé qui permet de protéger les lisières des bois de l’Hautil sur une largeur de 50 mètres.

La ville d’Andrésy pourrait aussi s’engager à faire évoluer son Plan local d’urbanisme en y intégrant un PRIF (Périmètre régional d’intervention foncière), signé avec la Région IDF et l’Agence des Espaces Verts qui, alors, s’engage à préserver la biodiversité, les qualités écologiques, environnementales et paysagères du PRIF, à aménager et ouvrir au public les espaces qui s’y prêtent et à maintenir les terres agricoles en culture.

Maurecourt a depuis 2009 créé un périmètre PRIF sur 226 ha. Maurecourt est une commune récompensée, par Natureparif, « capitale française de la biodiversité », en 2011…

Enfin, l’Espace naturel Sensible octroyé par le département est le dernier outil disponible pour protéger les espaces verts et naturels.

 

 

Les zones naturelles andrésiennes seront l’un des forts enjeux de la révision du PLU d’Andrésy. La forêt de l’Hautil, les prairies, les îles sont autant d’espaces de biodiversité, de respiration et de loisirs qui participent aussi au maintien d’une agriculture péri-urbaine. Ces territoires doivent être plus que protégés : ils doivent être sanctuarisés une bonne fois pour toute !