PLU Andrésy : les interrogations sur les hypothèses chiffrées de la mairie

Révision du PLU 2014-2022

Après l’avis défavorable de l’Etat sur le premier PADD de 2013 présenté par M. Ribault et sa majorité municipale encore unie, changement de cap de la nouvelle équipe Ribault 2014 : fini l’objectif de « croissance 0 % ». Le nouveau PADD a été construit avec une nouvelle hypothèse volontariste de « croissance modérée », soit une augmentation de 2 778 habitants entre 2014 et 2022.

Problème : pour arriver à ce nouvel objectif, les chiffres publiés par la majorité municipale sont étrangement forts différents de ceux présentés dans le premier PADD, soit à peine une année avant. Les hypothèses présentées aux collectivités sont différentes de celles de 2013.

Éclaircissements...

Au cœur du PADD, un nouvel objectif qui dictera les règles du futur PLU : l’accroissement de la population andrésienne pour tendre vers les 15 000 habitants. Soit 2 778 habitants en plus entre 2014 et 2022.

Le problème c’est que pour répondre à ce nouvel objectif et donc éviter un nouvel avis défavorable de l’Etat, la municipalité de M. Ribault présente des hypothèses basées sur des données étonnamment différentes des chiffres de 2013, issus du premier PADD refusé.

Hypothèse 1 : combien de logements pour l’accroissement de la population ?

Nombre de logements prévus
  PADD 2013 PADD 2014

Hypothèse

croissance population

 

+ 2 300

 

+ 2 772

Hypothèse de

construction de logements

+ 1326

logements

+ 1259

logements

En 2013, le premier PADD avait opté pour l’hypothèse de stabilisation de la population. Mais d’autres options avaient été étudiées. Et notamment une augmentation de 2 300 habitants sur la ville. Hypothèse la plus proche du nouveau choix du PADD 2014. Or, pour un accroissement démographique inférieur de 20%, le PADD 2013 avait estimé qu’il fallait construire 1326 logements. Un an après, c’est 67 logements en moins, soit une baisse de 5,1 %, alors que la hausse du nombre d’habitants est supérieure !

Première interrogation : en 2014, la majorité municipale, pour une hypothèse de croissance démographique plus forte, aurait besoin de moins de logements qu’en 2013 ?

Hypothèse 2 : combien de classes en plus à prévoir avec 2772 Andrésiens en plus ?

Nombre de classes à créer sur Andrésy
  PADD 2013 PADD 2014

Hypothèse

croissance nombre d’élèves

 

 + 259

 

+ 306

Nombre de classes

à créer dans les écoles

 

+ 11 classes

 

+ 10 classes

Pour un accroissement démographique supérieur de 20%, un écart de 18,1 % dans les effectifs scolaires supplémentaires prévus est constaté entre les hypothèses de 2013 et de 2014. Jusque là, c’est cohérent. Mais, malgré des effectifs scolaires supplémentaires, il ne faudrait plus que créer... 10 classes, et non onze.

Deuxième interrogation : la municipalité compte-t-elle accroître le nombre d’élèves par classes dans les écoles andrésiennes ?

Hypothèse 3 : quelle surface urbanisable sur Andrésy ?

Surface urbanisable et période concernée par les objectifs
  PADD 2013 PADD 2013
Surface urbanisable 15 ha 18 ha
Période concernée 2014-2025 2014-2022

En une année, Andrésy voit sa surface urbanisable augmenter de 3 ha. Elle comprend les dents creuses des zones urbanisées et les zones potentiellement urbanisables. Trois zones importantes sont relevées : la gare, la Chambre de commerce et d’industrie, les bas coteaux.

Par ailleurs, la comparaison des deux PADD est étonnante aussi par les différences d’analyse proposées s’agissant du potentiel urbanisable de la ville. Ainsi, lorsque M. Ribault n’avait aucun objectif d’accroissement démographique dans l’ancien PADD du 30 mai 2013, l’étude soulignait (en page 11) que les « capacités d’accueil étaient plus apparentes que réelles » et qu’Andrésy était un espace « contraint qui restreint les disponibilités foncières ». Toutes ces affirmations ont disparu dans le nouveau PADD. Et la surface urbanisable a grossi de 3 hectares.

Troisième interrogation : M. Ribault et sa majorité prévoient donc pour un accroissement de population supérieur, moins de logements mais sur une plus grande surface. Dans ce cas, quel intérêt de limiter le nombre de logements ? Et le tout, non pas en onze mais en neuf années !

 

Il y a donc d’incompréhensibles écarts dans les hypothèses, une année d’intervalle. Ce qui tend à prouver que les statistiques présentées sont contestables et servent surtout à s’adapter aux contraintes exigées par les collectivités supra-communales, de l’interco jusqu’aux services de l’Etat.

Ces interrogations ont été posées en Conseil municipal du 7 novembre 2014. M. Ribault a tenté d’y répondre. Le chef de la minorité UMP, en tant qu’ancienne adjointe de M. Ribault, a aussi défendu son ancien mentor.

Les réponses de la majorité municipale

  • C’est le maire qui a tenté de nous répondre. Sa nouvelle ajdointe à l’Urbanisme, Mme Henriet, est restée muette lors de ce CM. Pour le nombre de classes supplémentaires, « c’est à affiner ». M. Ribault n’a pas répondu aux autres interrogations soulevées par les élus AER.
  • Concernant les objectifs du premier PADD de 2013, Mme Muneret est venue au secours de son ancien chef de file. Les différences d’hypothèses et de calculs s’expliqueraient par des « bases différentes ». Donc, « il est normal de ne pas avoir les mêmes chiffres en résultat ».

L’explication de l’ancienne adjointe à l’Urbanisme de M. Ribault n’est pourtant pas satisfaisante. Il faudra que les anciens amis nous expliquent de tels écarts en moins de deux années. Surtout que les estimations démographiques se basent sur le même recensement INSEE du 1er janvier 2013.

Ces différences importantes dans les projections statistiques jettent le voile du doute sur le projet PADD et PLU présenté par la majorité andrésienne. Chiffres et analyses des contraintes semblent s’être adaptés aux nouveaux objectifs du Plan local d’Urbanisme, afin d’en limiter les conséquences négatives, aux yeux des Andrésiens.