PLU d’Andrésy : les raisons d’un vote « contre » des élus AER

Le Conseil municipal du 15 décembre 2015 a approuvé définitivement le Plan local d’Urbanisme d’Andrésy (PLU). Seule la majorité (LR majoritaire /UDI) de M. Ribault a voté « pour ». Les deux groupes d’opposition (LR minoritaire et AER) ont voté « contre ».

Les élus d’Andrésy Energies Renouvelées ont argumenté, lors du conseil, leur vote. Ce PLU affiche des objectifs de croissance démographique et de construction de logements inatteignables, tout en n’anticipant presque rien s’agissant des équipements et services publics nécessaires à construire, dans un contexte financier très difficile.

Le nouveau PLU autorise l’urbanisation de deux zones importantes : la gare et la rue des Robaresses (terrains de la Chambre de Commerce), avec destruction de bâtiments historiques de grande valeur architecturale.

Augmenter la population d’Andrésy de 24 % en moins de 10 ans tout en ne proposant aucune étude sur les déplacements et la mobilité dans la ville relève d’un amateurisme risqué de la part de la majorité de M. Ribault.

PLU d’Andrésy : la Région IDF et le Département hors-délai : Deux de nos collectivités n’ont pas répondu, comme elles se doivent de le faire, au projet PLU d’Andrésy. Ou tout du moins, elles ont répondu « hors délai ».
Dans une époque où les électeurs ont une vision négative de la politique et des élus, à un moment où l’on nous créé du millefeuille administratif avec un pôle métropolitain, avec une interco à 73 communes, voilà un bien mauvais exemple traduisant le mauvais fonctionnement de nos institutions politiques.

Différentes réserves et critiques à l’égard du Plan local d’Andrésy justifient le vote « contre » des 4 élus AER.

  •   L’objectif de croissance démographique est-il vraiment sérieux ?

Au cœur du PLU, l’objectif d’accroissement de la population andrésienne pour tendre vers les 15 000 habitants semble excessif.
La ville d’Andrésy augmentera sa population de 2778 habitants entre 2014 et 2022. Pour cela, la ville compte construire 1259 logements en plus.

Croissance de la population andrésienne, 1968-2012 {JPEG}Ces 2 778 personnes en plus constituent une augmentation de la population andrésienne de 23,2 % en seulement huit années !

Cette hausse semble d’autant plus difficile à atteindre qu’il faut rappeler que la population andrésienne plafonne à 12 500 habitants depuis… près de 20 ans ! Andrésy stagne depuis 1990.
 

 

  •   Des objectifs de densité insuffisants au regard de l’objectif de croissance démographique


Andrésy a trois zones foncières importantes pour tenter de rentrer dans son objectif de + 23 % de la population : la zone des bas coteaux, la zone de la gare, la zone de la Chambre de Commerce (CCI).

Or, les objectifs annoncés de moins de 70 logements à l’hectare sur les deux zones qui seront urbanisées très rapidement (Gare et CCI) et l’objectif de 50 logements à l’hectare sur les bas coteaux sont très largement insuffisants pour tendre vers les objectifs annoncés.

L’Etat a d’ailleurs émis de fortes réserves. Comme l’ont écrit les services de l’Etat : les projets Gare et CCI ne couvriraient que le tiers des 1259 logements. L’Etat se demande pourquoi la majorité municipale n’utilise pas plus ces 2 projets pour combler davantage le déficit en logements sociaux.

Constat simple : une fois utilisées les trois réserves foncières principales encore existantes sur la ville, il restera 800 logements à construire. Et donc question simple : comment ensuite Andrésy pourra t-elle remplir ses objectifs de croissance démographique et de construction de logements et de logements aidés ?

Autre élément suspect : entre le PADD d’Andrésy de 2013 (refusé par l’Etat pour manque d’objectifs de construction de logements) et le nouveau PADD 2014, la surface urbanisable de la ville est, par magie, passée de 15 à 18 hectares. Sans explication.

Face à ce constat, les élus AER ont affirmé, en Conseil municipal que la mairie d’Andrésy a gonflé les chiffres pour « faire passer » son PLU auprès des personnes publiques associées (notamment l’Etat) et qu’elle ne pourra jamais respecter ses objectifs de constructions de logements.

Ce qui a amené les élus à émettre une très forte réserve sur la sincérité des objectifs du PLU.
 

 

  •  Les incohérences entre le PLHi de la communauté d’agglomération et le PLU d’Andrésy


Les élus AER ont à nouveau soulevé l’incohérence des chiffres entre le PLHi (adopté le 26 octobre 2015, au niveau de l’intercommunalité) et le PLU.

Le PLHi prévoit 612 logements avant 2020, dont 255 logements sociaux alors que le PLU en prévoit 1259 dont 441 logements sociaux, avec certes deux années de plus. Ce qui pourrait signifier qu’Andrésy construirait 678 logements – ce qui semble complètement improbable et jette encore une ombre sur la sincérité du rapport final du PLU.

Certes, les services de M. Ribault ont rejeté cette critique en rappelant que la ville n’a pas à être « conforme » mais seulement « compatible » avec le PLHI : mais quel intérêt d’avoir une telle différence ? A quoi sert donc l’interco ? A nouveau, y a-t-il eu communication entre les services de la ville et l’interco ? D’autant que le PLHi vient juste d’être voté !

  • Une concertation a minima

On connait les réticences de M. Ribault dès lors qu’il s’agit de concerter. De fait, l’enquête PLU s’est limitée aux exigences règlementaires en la matière.


Les élus AER ont noté une erreur dans le rapport de conclusion du commissaire enquêteur : il y est mentionné deux réunions publiques. Or, il n’y en a eu qu’une.

 

 

  • Une protection insuffisante des éléments du patrimoine d’Andrésy

Le P.L.U. est censé protéger, en application de l’article L.123-1-5-III 2° du Code de l’Urbanisme, les éléments de patrimoine remarquables, naturels ou bâtis.


A la page 53, le maire affirme vouloir « conserver et mettre en valeur le riche patrimoine architectural d’Andrésy ». Or, dans deux projets urbains, le maire et sa majorité acceptent de détruire des éléments remarquables de la ville. Comme M. Ribault l’a déjà fait lorsqu’il portait un autre projet d’urbanisation en ville : souvenons-nous de la destruction de l’ancienne usine Bonnafoux - répertoriée comme « élément remarquable et unique » par les services de la Région - pour laisser construire un hangar de supermarché.

Ainsi, deux bâtiments mériteraient d’être conservés et protégés de par leur qualité patrimoniale en raison de leur valeur architecturale et historique : l’ancienne halle à marchandises SNCF et les ateliers de la CCI.

Les élus AER ont alerté le commissaire-enquêteur sur ce sujet. La réponse du maire, dans ce même rapport traduit une méconnaissance profonde de l’histoire de laville : pour M. Ribault, il s’agit de constructions « hétéroclites » et donc sans aucune valeur

1/ L’ancienne halle à marchandises SNCF de la gare d’Andrésy :
Soumise à démolition dans le projet Gare, cette halle a été construite en 1891, lors du prolongement de la ligne de chemin de fer vers Mantes.
Elle n’est pas « hétéroclite » au reste : toutes les gares de la ligne J et leurs annexes ont été construites sur le même modèle architectural et constitue un tout harmonieux.
Rappelons-nous aussi qu’au dernier CM, Mme Henriet, maire-adjointe à l’Urbanisme, considérait ce bâtiment ferroviaire comme une « grange », traduisant une méconnaissance totale de la ville…
L’ancienne halle aux marchandises a une architecture typique et des effets décoratifs de valeur. Elle mérite une réhabilitation et une intégration dans le futur projet immobilier de la gare.
Réhabilitation qu’a su faire la ville de Triel avec sa propre halle à marchandises (gare SNCF), qui est devenue l’Espace Rémi Barrat, dotés de salles polyvalentes et d’une salle de spectacle.
En commission Urbanisme, les services de la ville ont rappelé que les aménageurs « étaient capables de tout faire avec des bâtiments existants » : alors, au lieu de faire table rase du passé, que la mairie exige une restauration. Faisons de la halle à marchandises SNCF un beau bâtiment comme à Triel, surtout que la ville manque de salles municipales pour les associations.

2/ Les ateliers de menuiseries de l’école de la Chambre de Commerce et d’Industrie , rue de Chateaubriand.

Ils ont été construits dans les années 50. Ils possèdent une architecture typiquement industrielle avec des toits en shed (structure dite aussi en zigzag).
Ces ateliers (photo de droite) ont été remarqués par la direction régionale des affaires culturelles comme élément patrimonial intéressant qu’il faudrait protéger.
Ces ateliers de travail sont même en photo dans l’ouvrage de la Région IDF : « L’Inventaire du Patrimoine d’Ile de France – Un belvédère en Yvelines : Andrésy, Chanteloup, Maurecourt » sous la direction de R. Bussière, I. Duhau & L. de Finance.

Sur ce point, le Commissaire-enquêteur a donné raison aux élus AER : dans son rapport final, le commissaire demande aux services d’Andrésy de « vérifier » l’analyse faite par les élus AER – termes polis pour faire comprendre au maire et à sa majorité qu’ils ont tort de détruire ces deux bâtiments. Le Commissaire-enquêteur a été sensible à la volonté des élus AER de préserver le patrimoine historique de la ville.

En conséquence, les ateliers de menuiserie et la halle aux marchandises devraient être identifiés sur le plan de zonage du PLU en complément des documents graphiques de la ZPPAUP – afin d’être préservés, réhabilités et mis en valeur.

 

  • Les zones naturelles et agricoles des coteaux de l’Hautil

Nous prenons acte du souhait du maire de répondre favorablement à la demande de la chambre d’agriculture de transformer une partie de la zone Naturelle en zone Agricole.


Mais, il est regrettable que le maire refuse ce changement de classement dans la partir sud-ouest des coteaux.

Par ailleurs, il existe depuis 2008 au même endroit un projet de « périmètre d’aménagement urbain » sur les coteaux. Andrésy est inscrit, selon le souhait du maire, dans l’opération d’intérêt national OIN Seine Aval. L’établissement public d’aménagement de la zone (EPAMSA) a installé une zone d’aménagement différé (ZAD) sur les hauts coteaux.

Il y a donc toujours coexistence incompatible d’une ZAD et d’une zone N dans ce PLU.

Les coteaux ont failli être urbanisé en 2010 par M. Ribault. Depuis le refus massif de la population de toucher à cette zone verte et naturelle, le maire certifie à l’oral ne plus y toucher. Or, officiellement, les coteaux ne sont pas protégés.

Sur ce point, le rapport PLU n’est pas rassurant : on peut en effet y lire, page 55 que : « Actuellement, la décision est de conserver les parcs du Belvedere et de ne pas toucher aux hauts des coteaux ».
 C’est l’adverbe « actuellement » qui n’est pas rassurant. Les élus AER auraient souhaité plutôt lire : « définitivement »

 

  • L’absence de tout plan local de Déplacement


Il y a donc une ambition d’accroître considérablement la population de la ville. Pour cela, deux quartiers vont être transformés : la gare et les terrains de la CCI.

Ce qui est aussi marquant, dans l’analyse du Commissaire-enquêteur, c’est son accusation portée à l’égard de la ville de ne pas anticiper ces transformations urbaines. Augmenter la population de 23 %, construire des milliers de logements vont générer des mobilités supplémentaires. La problématique est d’autant plus aiguë pour Andrésy, commune à forte dénivellation avec une coupure nette entre le haut et le bas.

De nombreux Andrésiens ont rappelé, dans le cahier de registre, l’absence de toute étude sur les déplacements et la mobilité. M. Ribault est aux commandes d’Andrésy depuis 2001 et évoque depuis un plan de déplacements urbains (PDU). En 2008, le maire annonce que finalement ce PDU serait intercommunal. En 2015 : toujours rien.

Sur ce point, le commissaire reproche cette absence d’étude. Ce ne sont pas les élus AER qui l’écrivent mais le commissaire-enquêteur : « il n’y a pas de réponse précise sur les circulations douces en ville ».


M. Ribault s’apprête à engorger deux quartiers : la Gare et Robaresses/Chateaubriand, sans réflexion préalable sur la mobilité et les transports.

Ce PLU prévoit des milliers de personnes en plus mais sans réflexion sur le partage de la voirie, les transports collectifs, les modes de mobilité, la maîtrise des besoins de déplacements..
 

  • L’absence de toute anticipation en matière d’effectifs scolaires


Outre l’absence de PDU que nous venons de rappeler, le Commissaire est sévère mais juste sur l’insuffisance anticipation des conséquences en matière d’effectifs scolaires.


Ce ne sont pas les élus AER qui l’écrivent mais le commissaire-enquêteur : « la mairie d’Andrésy ne propose aucune programmation, ni de chiffrage des besoins scolaires par rapport à l’augmentation attendue de la population ».

Le maire et l’adjoint aux affaires scolaires, M. Faist, ont transformé en urgence la carte scolaire pour accueillir les nouveaux habitants des immeubles des rues JP Rameau, P Neruda et des Ormeteaux (ancien collège). Les mêmes ont démarré avec retard des travaux d’extension dans l’école la plus contrainte en terme d’espaces et la plus difficile d’accès : St Exupéry. Rien d’autre.

Les seules études réalisées par la mairie d’Andrésy prévoit seulement une dizaine de classes à créer. Mais aucune analyse qualitative fine n’a été réalisée.

Sous l’ancienne majorité de M. Ribault– et avant la scission des Républicains sur la ville -, l’ancienne adjointe à la vie scolaire avait tenté d’anticiper l’arrivée des nouvelles populations en proposant une extension de l’école Denouval (c’était en 2012). Puis, 3 mois après : le maire décidait de prendre le budget prévu à cette extension pour financer l’onéreux projet de transformation du centre ville !

 

  • L’absence de toute anticipation en équipements publics

Ce ne sont pas les élus AER qui l’écrivent mais le commissaire-enquêteur : « la mairie doit justifier que les équipements sportifs sont suffisamment dimensionnés ».

Certes, il y a le parc sportif des Cardinettes. Mais les créneaux des salles sont déjà saturés.

Par ailleurs, le « dimensionnement » renvoie aussi aux facilités d’accès et à la répartition de ces équipements sportifs : Diagana est excentré au sud de la ville.

Rappelons encore une fois que le maire d’Andrésy a d’autres priorités que l’avenir de nos enfants : alors que le groupe scolaire St Exupéry n’a plus aucune infrastructure sportive, que le maire et sa majorité avaient fait une promesse de campagne de proposer un équipement sportif pour cette école, rue des Courcieux, à la place de l’ancien gymnase désaffecté, derrière la bibliothèque, le maire a préféré réorienter le budget Investissement pour financer le projet Trek’île !


Les objectifs démographiques du PLU vont avoir de graves incidences sur les équipements publics, l’utilisation des espaces urbains de la ville et les flux de mobilité.

Ce ne sont pas les élus AER qui l’écrivent mais le commissaire-enquêteur : « les habitants sont inquiets des évolutions. Il faut davantage informer et échanger : c’est une nécessité ». (p. 231, rapport du Commssaire-enquêteur, PLU Andrésy). Des dizaines de pages du cahier de registres ont été remplies par des Andrésiens extrêmement sceptiques sur les deux grands projets d’urbanisation de la ville.

En conclusion, ce projet de PLU ne semble pas maîtrisé. Le maire affiche des objectifs de hausse de population, mais le reste ne suit pas. D’où le vote « contre » des élus AER.