PLUi de GPS&O - Partie 2 : les déclarations explosives de l’executif Tautou/Bédier

Durant les mois d’octobre et de novembre derniers, l’executif de GPS&O a démarré son travail sur son futur Plan local intercommunal (PLUi) qui sera voté en 2019.

L’équipe du président Tautou (LR) a organisé des « ateliers citoyens » dans lesquels le public pouvait rencontrer et discuter avec les élus, en premier lieu la vice-présidente en charge de l’Urbanisme, Suzanne Jaunet.

Durant ces ateliers, les langues se sont déliées et Mme Jaunet a fait des déclarations qui en disent long sur la façon dont nos élus de GPS&O pensent et concçoivent l’urbanisme et l’aménagement du territoire de de demain.

Comme nous l’avons déjà écrit (voir notre article : « PLUi de GPS&O, partie I,... ») , ces ateliers citoyens se sont révélés être des moments de simple convivialité, à la mode Bisounours, dans lesquels Mme Jaunet a davantage fait parler les habitants et les associations sur des points relevant du projet d’aménagement durable (PADD, pourtant déjà voté). Voir notre article : [« PLUi de GPS&O - Partie 1 : les ateliers-citoyens à la mode Bisounours »->http://www.andresy-energies-renouvelees.com/plui-de-gps-o-partie-1-les.html].

Mais lorsque les débats se sont animés, en fin de soirée, avec des intervenants (dont les élus AER) qui ont tenté de mettre sur la table les vrais enjeux d’un plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) - objectifs de construction, zonages, loi SRU, éco-urbanisme -, la vice-présidente de GPS&O s’est lâchée...

Pont routier sur la Seine : « il en faut ! »

Alors que les habitants et les associations sont vent debout contre le projet départemental du pont d’Achères/Denouval, 2x2 voies, qui passera au-dessus de zones naturelles et d’habitation au niveau de l’île de la Dérivation, afin de relier Achères, Andrésy, Triel puis le pont de Triel, la vice-présidente de GPS&O en charge de l’Urbanisme a déclaré qu’elle était favorable à de nouveaux ponts routiers : « il en faut d’autres ! Mais c’est un coût important ».

Mme Jaunet a ensuite refusé d’évoquer les projets routiers sur le territoire : « Le problème, c’est que si on en parle, ça va être polémique... si on fait des ponts, déjà ça dérange... »

Le transport à la demande de Poissy : « pas concluant »

Si les routes plaisent à Mme Jaunet, les actions novatrices pouvant réduire la circulation automobile dans nos villes ne convainc pas l’exécutif GPS&O. Pour son élue à l’urbanisme, « le transport à la demande, ce n’est pas simple. Le bus à la demande à Poissy et à Achères n’est pas concluant ».

Une pierre dans le jardin du maire de Poissy (et numéro 3 de GPS&O), Karl Olive, qui se félicite pourtant, dans son bilan de mi-mandat, que la « navette bleue » ait permis « de transporter plus de 2000 personnes âgées » et que, face au ce succès, « une deuxième navette était mise en place depuis mai 2016 » (1)...

Hypermarchés et petit commerce : « Vous faites vos courses où, vous ? »

Alors que les zones commerciales se multiplient un peu partout et que nos commerces de proximité se meurent, les habitants ont demandé à la représentante de GPS&O ce que prévoyait le PLUi pour protéger nos centres-villes menacés par les zones d’activités commerciales qui poussent un peu partout.

Réponse cinglante de Mme Jaunet : « Vous faites vos courses où, vous ? Le boucher a fermé... Bon... mais vous avez acheté où votre viande ? ».

Bref, la mort de nos petits commerces de bouche, c’est de la faute des habitants, pour GPS&O ! C’est oublier que ce sont les élus et les maires qui encouragent et autorisent l’implantation des zones commerciales, notamment à travers les permis qu’ils ont délivrés depuis les années 80.

« Des vieux coeurs de ville comme Médan : c’est complexe »

Face à l’insistance de l’assemblée qui souhaitait des mesures prévues par l’exécutif de GPS&O pour protéger les centres-villes, Mme Jaunet s’est révélée très évasive : « GPS&O peut aider le commerce des centre-ville, on va essayer de trouver des idées. C’est pas évident : on décrète pas un commerce... c’est complexe. Des vieux coeurs de ville comme Meulan : c’est complexe ». On n’en saura pas plus.

La Centralité de Carrières sous Poissy : « Je suis surprise par le résultat »

Interpellée par des élus carriérois sur la forte densification de Carrières, avec le projet Centralité (3000 logements sur 47 hectares), qui a généré des flux routiers supplémentaires et des problèmes de stationnement, l’élue de GPS&O a carrément désavoué ce projet d’urbanisation porté par l’ancienne municipalité de Carrières (Eddie Aït) et par l’EPAMSA de M. Bédier (donc sa majorité) : « La Centralité, sincèrement, quand j’avais vu les plans, ça paraissait novateur. Et maintenant, je suis extrêmement surprise par ce que je vois ».

Le bras droit de MM. Tautou et Bédier qui parle a voté les subventions pour ce projet immobilier, en tant que conseillère régionale LR d’Ile-de-France.

Loi SRU : « Faut la changer ! »

Quand les débats sont arrivés dans le dur (construction de logements, nombre de places de stationnements, logements sociaux,...), la vice-présidente de GPS&O a montré le vrai visage d’un élu de droite en matière d’urbanisme.

Concernant les quotas obligatoires de logements sociaux que les communes sont censées atteindre (soit un quart des logements de la ville), Mme Jaunet ne s’est pas attardée mais a été très claire : « la loi SRU, faut la changer ! »... Pas rassurant sur ce que va réellement demander GPS&O aux communes carencées en logements aidés...

Loi Duflot : « loi scélérate ! »

Toutes les communes font face à une plus forte pression des promoteurs immobiliers. Pour cause : la loi ALUR (ses opposants, de droite, préfèrent dire : « Loi Duflot » - du nom de la ministre à l’origine de la loi) qui facilite les divisions de parcelles ou qui empêche les maires de refuser du collectif dans tel ou tel quartier. L’objectif est double : le gouvernement cherche d’une part à éviter l’étalement urbain, source de nuisances et de coûts collectifs, pour une urbanisation plus dense. D’autre part, la loi ALUR tente de faciliter la construction de logements collectifs sociaux (la demande en logements pas chers étant très forte en Ile-de-France).

Pour GPS&O, comme la grande majorité des maires de droite, cette loi Duflot est carrément une « loi scélérate »... Une loi qui « empêche les maires à empêcher les divisions parcellaires. C’est une loi dramatique ».

On ne sait pas si l’élu chargée de l’urbanisme à GPS&O mesure la portée de sa comparaison avec les « lois scélérates » de 1893-1894, mais par contre on aura du mal à croire, ensuite, que GPS&O encourage l’urbanisme durable au travers de son PADD ou de son PLH. Car celui-ci passe par la fin de l’étalement pour un urbanisme concentré, densifié. Ce qui aura de multiples avantages : une possibilité pour les propriétaires de vendre des parcelles de terrains, des effets d’agglomération positifs pour réduire les coûts de la mobilité, une moindre consommation foncière, et un coup de pouce pour nos commerces de ville.

Et si l’Etat a réduit le pouvoir des maires en matière d’urbanisme, c’est que trop d’entre eux bloquaient les divisions parcellaires, refusaient de construire (le déficit de logement serait de 1 million jusqu’à 2030 en Ile-de-France(2) ) préférant l’étalement par développement de zones pavillonnaires excentrées.

S’opposer à la loi ALUR, c’est contredire son propre PADD

La vice-présidente de GS&O, en charge de l’urbanisme, est aussi maire-adjointe à Achères. En déclarant les règlementations issues de la loi ALUR comme « scélérates », la majorité Tautou/Bédier contredit son propre PADD qu’ils ont votés et approuvés. On peut en effet y lire, page 60, que GPS&O mettra en oeuvre « une intensification urbaine en optimisant les tissus bâtis existants, (...) en intensifiant les centres urbains », ce qui entrainera aussi « la consolidation des centres et des petits commerces ».

« Il y a une forte suspicion sur notre travail : c’est regrettable ! »

Agacée par nos questions, l’élue en charge de l’urbanisme à GPS&O, a finalement clotûré les débats par cette phrase : « il y a une forte suspicion sur notre travail : c’est regrettable ! ».

En effet, au regard de ses déclarations qui ont jalonnées la fin de ces « ateliers citoyens », les participants pouvaient avoir « une forte suspicion » sur le travail de GPS&O s’agissant de développer un véritable urbanisme durable, protecteur de notre cadre de vie, de notre environnement et de nos commerçants de proximité.

Mais, de toute façon, MM. Tautou et Bédier pourront tout promettre dans leur PLUi. Car, comme l’a aussi affirmé l’adjointe à l’urbanisme, « le PLUi sera voté en 2019 mais un an après on fera des modifications ». Traduction : la majorité Tautou/Bédier votera un PLUi probablement rassurant et consensuel en 2019. Puis, les Municipales auront lieu en 2020 et les fameuses « modifications » probablement beaucoup moins agréables seront intégrées dans le PLUi après les élections... Encore une preuve de grande sincérité de nos élus intercommunaux !

 

 

 


(1) http://fr.calameo.com/read/002274607efe063867bb2

(2) La Tribune, 1er juillet 2014.