Port d’Achères : réunion publique sur les enjeux économiques

La réunion publique à Poissy avec les acteurs économiques concernés par le projet portuaire.

 La 6ème réunion du débat public sur le projet du port d’Achères a eu lieu, le 20 novembre, à Poissy, dans une salle vide. Les acteurs économiques étaient auditionnés. Les enjeux économiques du port sont forts et ont fait largement l’unanimité, d’autant que les intervenants se sont limités au projet ouest. Seule la chambre de commerce a rallumé la mèche en espérant non seulement un port Est mais aussi l’autoroute A 104.

Si les réunions touchant au cadre de vie des habitants font salle comble, la dimension financière et économique du projet Port Seine Métropole Ouest (PSMO) a beaucoup moins de succès. Si l’on comptait 20 personnes dans la salle, c’était le maximum. Aucun maire n’était présent, même pas celui de Poissy (Karl Olive) dont la ville était représentée par un adjoint qui a rappelé que « Poissy était traversée par des camions et que le port, avec son report modal, sera indispensable ».

 L’économie ?... c’est pour les mecs !

Sur scène : dix hommes et… pas une femme. Manifestement, la finance et l’économie sont une affaire d’hommes… même pour la Commission particulière du débat public représentée par seulement 3 de ses 5 membres. Les deux représentantes de la commission étaient absentes.

La réunion était intéressante, même si elle a été écourtée en raison de l’absence de public.. Lors de cette soirée, certains points ont pu être précisés et des constats ont été présentés qui qui justifieraient le port d’Achères, partie ouest.

 

  • Le Grand Paris a besoin de granulats pour construire, d’autant que l’IDF en est importatrice :

 

Le Président des industries des carrières en IDF a rappelé que la région consommait 30 millions de tonnes par an de granulats, or 45% étaient importés (surtout de Normandie, du Nord et de la Picardie). La carrière d’Achères permet de réduire cette dépendance et créer une filière locale. De plus, « 90% des centrales de béton prêt à l’emploi sont bords à quai » et justifient donc un port. Le président des industries des carrières a aussi précisé que pour construire les 40 à 70 000 logements par an prévus en IDF, il fallait trouver 4,7 millions de tonnes de granulats. Achères en est l’un des gisements les plus prometteurs en IDF…

 

  • Les carrières de la plaine seront rebouchées par des remblais majoritairement issus des chantiers ferrés :

 

Le directeur de l’ingénierie environnementale au Grand Paris a rappelé qu’il fallait « anticiper la gestion des déblais du Grand Paris qui vont augmenter de 10 à 20% par an avec les chantiers prévus ». Le directeur a précisé que la grande majorité des futurs remblais de la carrière serait composée des terres excavées sur 20 mètres de profondeur des chantiers ferrés prévus (trains et métros). Cette nouvelle donnée pouvait rassurer les associations ou les habitants qui redoutaient un rebouchage des carrières par des matériaux pas toujours très propres...

 

  • Le transport fluvial français en retard et l’ouest francilien en déficit portuaire :

 

Le président du Comité des Armateurs fluviaux a rappelé que la France avait la plus grande surface de voies navigables en France, avec 8500 kms. Mais nous assistons depuis des décennies à un véritable « paradoxe français : malgré une potentialité exceptionnelle, le transport fluvial en France est resté faible et en retard. Mais depuis 1997, il prend enfin son essor avec une hausse de 40% sur les 15 dernières années ».

Les armateurs français sont ravis de ce projet PSMO car la géographie des ports franciliens est déséquilibré : « très dense sur l’hyper-centre, dense à l’est mais déficitaire au nord-ouest ». Pour les professionnels du fleuve, « le port d’Achères est précieux et situé à un carrefour fluvial ».

 

  • La carrière de la plaine d’Achères déjà sensiblement tournée vers le local :

 

Les directeurs de PDP ont tenu à rappeler lors de cette réunion que les granulats extraits actuellement étaient déjà évacués pour un tiers par voie d’eau (avec la mise en place d’un quai provisoire, sur Andrésy rive gauche). Et qu’un tiers des granulats approvisionnaient la société Le Foll, installée à côté de la carrière. Là encore, il sagissait de répondre à certaines critiques déjà formulées : le port aurait une utilité locale et donc participerait d’un développement durable...

 

  • Le projet Ouest suffisant… sauf pour la Chambre de Commerce :

 

Les acteurs économiques cités ci-dessus considèrent que le projet ouest se suffit à lui-même. Seul le représentant de la Chambre de commerce et d’industrie, présent à la tribune, a rappelé que « face aux pertes d’emplois en Seine Aval, le projet Ouest est un objectif partiel. La partie Est, fortement créatrice d’emplois, est nécessaire ». Ce qui reprenait, ni plus ni moins, les arguments tenus par le PRésident du CG 78, Pierre Bédier, lors de la séance inaugurale du débat. Et « pour une meilleure accessibilité, la A104 et la ligne ferrée LNPN sont nécessaires », a tenu aussi à dire le représentant de la CCI.

Face à la réaction des quelques personnes présentes dans la salle, le responsable de la CCI a néanmoins précisé que « la CCI ne considérait pas que PMSE et la A104 étaient des prérequis pour le projet ouest ».