Port de plaisance d’Andrésy : « nous le ferons car nous avons été élus pour respecter notre programme », coûte que coûte...

C’est devant un parterre quasi vide et en l’absence du maire d’Andrésy, que trois maires-adjoints ont présenté leur projet de port de plaisance pour 50 bateaux, projet dont les travaux devaient démarrer en fin d’année 2018, face à la bibliothèque.

Ce projet de halte-fluviale pour « bateaux de passage » coûtera aux seuls contribuables andrésiens au minimum 300 000 € pour la 1ère tranche, hors frais de fonctionnement. Le projet étant subventionné à hauteur de 50%, son budget total est de l’ordre de 680 000 €.

 

Projection de la future Halte Fluviale à Andrésy

Ce fut une mauvaise surprise : la réunion de présentation de trois projets concernant le centre ancien n’a pas attiré les foules. Vingt personnes (hors élus) se sont déplacées pour une présentation du projet immobilier « Au fil de l’eau » remplaçant la résidence Colonna, du projet de halte-fluviale et de la réfection des quais de Seine.

BUDGET Port de plaisance d’Andrésy (25 bateaux)
  • Génie civil = 87 511 € (pieux de 13 m de profondeur)
  • Ponton = 252 289 € (108 m x 2 m)
  • Coût Capitainerie = 125 000 €

Total annoncé = 464 900 €

La majorité municipale oublie d’ajouter :

  • Travaux et études antérieures = 141 000 €

TOTAL réel = 605 770 €

  • Financement Région : 80 000 €
  • Financement Département : 338 850 €

Les deux subventions ont été votées pour 50 bateaux, et représentent un maximum, sur la base d’un budget de 677 700 € présenté par la municipalité en 2013.

Coût net pour Andrésy = 300 000 € (minimum, et hors frais de fonctionnement)

  • Second ponton de 25 bateaux = 215 539 €

TOTAL projet 50 bateaux = 821 309 €

En l’absence du maire d’Andrésy, c’est le maire-adjoint aux Travaux, Alain Mazagol, qui a dû présenter le projet fluvial. Il était accompagné de Denis Faist, premier maire adjoint attaché aux Finances et candidat déclaré aux Municipales 2020 et de Jean-Claude Anne adjoint à l’Urbanisme.

Les élus de la majorité ont donc informé les Andrésiens que les travaux de ce port devaient démarrer en décembre 2018 (tout le monde a pu constater que ça n’avait pas été le cas).

La halte fluviale offrira 25 anneaux pouvant recevoir des bateaux, d’une longueur de 13 mètres maximum, autorisés à séjourner une semaine. Les pontons recevront sept bornes avec quatre prises de courant chacune. La capitainerie sera constituée de sanitaires.

Le maire-adjoint, M. Mazagol a déclaré que cinq années de maintenance du port sont financées dans le budget global.

Quatre raisons pour être contre ce projet

Les élus AER, présents à cette réunion publique, ont rappelé qu’ils avaient voté « contre » ce projet et cela pour quatre raisons

 1/ Un projet coûteux et inutile :

Alors que l’adjoint aux Finances, M. Faist, n’arrête pas de rappeler, à longueur de conseils municipaux, que la ville est « pauvre », voilà la municipalité qui s’engage, après Trek’Ile, dans un second projet inutile.

La part ville de 300 000 € minimum représente une année entière d’entretien des écoles ou encore quatre années de subventions aux associations andrésiennes.

Par ailleurs, ce projet s’inscrit dans un environnement déjà saturé de ports de plaisance. Il y en a sept sur le territoire de notre interco (notamment à Conflans, Poissy et Verneuil).

Sur cette première critique, la majorité municipale a rappelé que, d’une part, ce projet faisait partie de leur programme et que les Andrésiens avaient voté pour eux en 2014 et que, d’autre part, c’était un projet subventionné à 50% et « qu’il fallait en profiter, sinon d’autres communes en auraient profité ».

2/ Un projet sans réelle visibilité économique

Le seul document qui peut faire office d’étude financière du projet reste le document réalisé par la mairie d’Andrésy elle-même pour défendre son projet auprès du département afin d’obtenir la subvention. Ce document qui date d’il y a sept ans et que M. Mazagol a évoqué, nous semble très optimiste. Les élus AER ont demandé à en avoir une copie lors des conseils municipaux de novembre et décembre 2018, mais nous attendons toujours.

Car quand on se penche sur les études réalisées dans le domaine du transport fluvial de loisirs, les potentialités du tourisme fluvial sont plutôt situées au sud de la France. Par ailleurs, le document le plus récent (2017) et qui concerne notre territoire, n’est guère optimiste. On peut en effet y lire que « l’enjeu principal est lié à l’amélioration qualitative de l’offre existante » (1), donc pas à l’amélioration quantitative.

Rappelons enfin que le port d’Andrésy sera situé sur un bras mort de la Seine, à l’écart du passage des bateaux.

Lors de cette réunion, M. Mazagol a présenté les estimations prévues par la mairie concernant la fréquentation du futur port : il est prévu un taux d’occupation de 40%, ce qui permettrait de récolter entre 25 et 50 000 € par an.

3/ Un projet sans retombée sur le commerce de proximité

C’est l’un des arguments phare de la municipalité : cette halte fluviale permettrait de dynamiser le commerce de proximité du centre-ville.

Or, Lionel Wastl a rappelé, lors de cette réunion que « toutes les études réalisées (notamment celles de VNF) montrent que les retombées économiques ne sont possibles que sous deux conditions :

  • Si les bateaux sont de gabarit important (type tourisme de croisière, comme ceux qui peuvent s’amarrer au port de Conflans) : or, ces bateaux ne sont pas compatibles avec notre situation géographique et le ponton qui est destiné à plusieurs petits bateaux.
  • Surtout, s’il y a du commerce de bouche. Les autres types de commerce n’ont quasiment aucune retombée économique. Il manque à proximité une supérette ou un charcutier traiteur pour intéresser les plaisanciers. Par ailleurs, l’accès aux gares pour aller sur Paris est très éloigné de la halte fluviale et non indiqué par des panneaux. Tout indique donc que les plaisanciers ne s’arrêteront pas à Andrésy pour aller à Paris et encore moins pour Versailles. »

4/ Un projet non réfléchi à long terme qui laisse des questions sans réponse

Cette halte-plaisance aura des coûts de fonctionnement et de maintenance. Mais qui va entretenir, et à quel coût, cette halte pour 25 bateaux ? Que fera t-on de cette infrastructure si elle n’attire personne ? Quels seront les coûts d’entretien, à long terme, des pontons, des flotteurs, des déchets flottants et de la capitainerie ?

Enfin quid en cas d’inondation, en termes de sécurité et d’hébergement des plaisanciers, de la remise en état ensuite de la halte, de la gestion des déchets des éventuelles crues ?...

Beaucoup d’autres interrogations restent en suspens : qualité environnementale du chantier, contrôle de la sous-traitance, impacts du chantier sur le vieux centre, …

Pour toutes ces raisons, les élus AER sont contre ce projet, coûteux, inutile et non réfléchi

 

(1) [http://www.bassindelaseine.vnf.fr/IMG/pdf/rapport_final_schema_directeur_developpement_de_la_croisiere_fluviale_seine_aval_juillet_2017.pdf->http://www.bassindelaseine.vnf.fr/IMG/pdf/rapport_final_schema_directeur_developpement_de_la_croisiere_fluviale_seine_aval_juillet_2017.pdf]

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Enregistrement de la Réunion publique du 3 décembre 2018 concernant la Halte Fluviale et le projet immobilier « Au fil de l’eau »
Enregistrement de la Réunion publique du 3 décembre 2018 concernant la Halte Fluviale et le projet immobilier « Au fil de l’eau »

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