Projet halte-fluviale sur Andrésy : cher, non prioritaire, non rentable…

Lors du Conseil Municipal du 22 mai 2014, le maire-adjoint aux Travaux, Alain Mazagol a présenté le projet d’aménagement d’équipements légers de plaisance sur la Seine, dans le Centre-ville. Dans le cadre d’un appel à projets, organisé par Voies Navigables de France (VNF), la mairie a présenté un dossier de présentation et de viabilité économique du projet.

Les élus AER ont voté « contre » cet appel à subvention pour un projet des plus superflus, au moment où la ville d’Andrésy doit financer notamment la réforme des rythmes scolaires.

Monsieur MAZAGOL a voulu rappeler que le Conseil Municipal avait voté à l’unanimité en septembre 2012. Or, les Elus d’opposition de l’époque s’étaient abstenus après de longs débats. Quand on reprend les débats, ils sont très intéressants car finalement les critiques portées en 2012 sont toujours d’actualité.

L’opposition d’alors (Andrésy Citoyenne) reprochait d’abord une absence totale de concertation dans ce projet qui aurait pu être monté dans le cadre de l’Agenda 21. Un projet quelque peu « bling bling » au regard du montant et surtout au regard du contexte socioéconomique qui ne s’est pas amélioré depuis.

L’opposition à l’époque avait insisté sur d’autres priorités éventuelles, comme l’installation de barrages à déchets où un local pour l’Association d’Aviron sur l’Ile Nancy. Et puis, peut être l’élément le plus intéressant, c’est que les Elus de l’Opposition s’étaient étonnés de l’absence de données en termes de retombées économiques.

Lors de ce Conseil municipal de mai 2014, et dans cette nouvelle délibération, la majorité de M. Ribault propose, cette fois-ci, une analyse économique et financière du projet.

Or, que lit-on dans la délibération ? Que « la rentabilité n’est pas évidente », mais que l’on pouvait être rassuré car « le tourisme de plaisance n’est pas développé sur le bassin de la Seine donc forcément il va augmenter ». Voilà un raisonnement financier de haute volée !

Les élus AER, lors de ce Conseil municipal, ont donc souhaité rappeler quelques vérités économiques. Le tourisme fluvial en Ile de France reste marginal et, pire, il est en baisse. Une étude de l’IAURIF montre qu’entre 1995 et 2006, les passages aux écluses du tourisme de plaisance ont baissé de 21 %. Ce type de plaisance ne représente que 12 % du trafic total. Ainsi, on peut être extrêmement inquiet sur la pérennité financière de ce projet, alors que la majorité de M. Ribault promet « un équilibre sur une dizaine d’années ».

Les élus AER ont aussi rappelé que M. Ribault avait installé une élue déléguée au Tourisme. Y a-t-il un travail réalisé par l’élue sur ce projet ?

Au total, voilà un projet qui ne semble pas viable économiquement et qui, assurément, ne devrait pas être une priorité d’une municipalité, au regard de la situation conjoncturelle actuelle et de baisse des dotations de l’Etat.

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Conseil municipal du 22 mai 2014