Projet Ile Nancy : « l’état naturel est propice à l’ouverture au public », pour le maire d’Andrésy !

Le Conseil municipal du 8 septembre 2015 a lancé définitivement le projet d’ouverture au public de la partie sauvage de l’île Nancy. Ce projet dit Treck’île est très contestable et reste fortement contesté par la population andrésienne.

Le maire d’Andrésy, face à ce mécontentement, a publié un 4 pages pour valoriser le projet et son choix. Hugues Ribault n’a pas laissé d’espace d’expression à l’opposition municipale, comme la loi l’y oblige. Il s’expose, à nouveau, à une condamnation judiciaire.

Enfin, le maire fait évoluer sa communication en valorisant les atouts de la faune et de la flore de l’île, rendant son ouverture encore plus inacceptable pour les défenseurs de l’environnement.

Offensive médiatique du maire et de sa majorité

Les travaux du projet Treck’île n’ont pas encore commencé que la majorité municipale a déjà dépensé plus de 25 000 €, depuis sa réélection en 2014, dans des frais d’études et de communication pour « vendre » son projet d’ouverture au public de la partie sauvage de l’île Nancy.

Dernière dépense en date : le 4 pages couleurs distribué dans toutes les boîtes aux lettres de la ville et intitulé « Treck’île : randonnée au cœur de l’île Nancy ! ».

Pas d’emplacement réservé pour l’expression des oppositions municipales : le risque judiciaire de M. Ribault

Plan du projet, explications bien choisies, « propos d’experts » et édito du maire… Ce tract d’information reste publicitaire et… illégal puisqu’il devait comporter obligatoirement un espace d’expression à l’opposition municipale (Loi du 27 février 2002, CGCT).

Les élus Andrésy Energies Renouvelées se réservent le droit d’entamer une poursuite judiciaire à l’encontre de M. Ribault pour non-respect des droits des élus municipaux.

Treck’ile : une priorité financière dans les projets d’investissement du maire d’Andrésy

Dès le début du projet Treck’île, notre opposition était surtout financière : comment accepter un tel investissement alors qu’il y a tant d’autres priorités sur la ville ? Alors que la rénovation du centre Louise Weiss est reportée chaque année ? Alors que la construction d’une infrastructure sportive pour le groupe scolaire Saint-Exupéry (rue des Courcieux, à la place du gymnase fermé) est urgente ? Alors que le maire a écrit (éditorial du journal de la ville, février 2015) qu’une hausse des impôts n’était pas exclue ?…

Le tract annonce donc un coût total de Treck’île de 1,250 M € HT. Il continue à sous-estimer l’impact financier sur les contribuables des Andrésiens, puisque ce budget n’inclut pas les frais d’acquisitions des terrains sur l’île et les frais de fonctionnement.

« Biodiversité remarquable de l’île » : et pourtant on va la menacer par une ouverture au public !

Concernant la problématique environnementale, les élus AER avaient des « réserves » que nous avons maintes fois présentées (voir notamment [http://www.andresy-energies-renouvelees.com/projet-d-extension-du-parc-de-l.html->http://www.andresy-energies-renouvelees.com/projet-d-extension-du-parc-de-l.html] ). Mais aussi des critiques sur la pertinence « touristique » du projet et le manque de concertation.

Les Andrésiens opposés au projet, ou simplement sceptiques sont très nombreux, et peut-être majoritaires sur la ville. La pétition du collectif Tranck’île a recueilli plus de 1 400 signatures : chiffre énorme pour une commune de 12 500 habitants.

Le maire d’Andrésy et sa majorité font donc de l’offensive médiatique pour convaincre les Andrésiens : ce 4 pages en est une illustration. Mais voilà : comme Hugues Ribault, et son adjoint aux Espaces Verts et aux Travaux, Alain Mazagol, veulent « vendre » leur projet, ils insistent de plus en plus sur l’intérêt paysager et environnemental de la partie sauvage. Il s’agit donc d’envoyer un message précis aux Andrésiens : « la biodiversité sur l’île est remarquable, il faut vraiment avoir la possibilité de la découvrir et de la visiter ».

Mais du coup, la majorité municipale d’Andrésy tombe dans d’inquiétantes contradictions. Ainsi, le tract distribué à la population s’attache à présenter la faune et la flore de l’île comme exceptionnel : l’île est « un lieu de verdure préservé, un ecosystème », dans son « état naturel ». Le maire et sa majorité recensent aussi un nombre impressionant d’animaux présents sur l’île : « 7 espèces de chauve-souris », « des renards, grenouilles » et même « 22 espèces nicheuses d’oiseaux ». Il y a donc, rappelle le tract, des « espèces animales et végétales rares ». Le maire, dans son éditorial, conclut en disant que l’ile est le « joyau du patrimoine naturel andrésien ».

Face à cela, et dans le même tract, on explique que l’île sera ouverte aux piétons, « une clairière sera valorisée en prairie humide » ; qu’il faut « sensibiliser les Andrésiens et les visiteurs à la nécessité de protéger ses richesses écologiques ». L’une des plus belles phrases reste probablement celle-ci : « l’état naturel est propice à l’ouverture au public »...

Tout cela n’est-il pas fortement contradictoire ? Comment concilier l’analyse d’exemplarité écologique de l’île Nancy avec l’ouverture au public, les travaux et le déboisement ? S’il existe une faune et une flore « rares », se lance-t-on dans un tel projet d’ouverture ?

Lors du Conseil municipal du 10 septembre 2015, le maire d’Andrésy nous a répondu que les « experts sont crédibles » et qu’il n’y avait aucune contradiction. Rappelons, que les fameux « propos d’experts » (pages 2 & 3 du tract) sont les prestataires du projet (notamment la société Ecosphère) : ils ont été payés par la mairie pour réaliser un état des lieux, pas pour critiquer.

Les élus AER ont rappelé que l’ancien pigeonnier sera restauré, mais il est écrit que « 7 espèces de chauve-souris y nichent »... Y nicheront-elles encore ensuite ? Sur ce point, Alain Mazagol a rappelé qu’il s’agit d’un simple renforcement des bases du pigeonnier et que les aménageurs ne toucheront pas à l’intérieur.

La fameuse « prairie humide » : une mare articifielle pour faire « naturel »

Le projet Treck’île crée au milieu de l’île, une « prairie humide ». Il s’agit d’une création purement artificielle : les pelleteuses vont creuser l’île et une bâche sera installée au fond pour maintenir l’eau. Outre le tour de passe-passe qui consiste à détruire un milieu sauvage pour créer une mare artificielle et la présenter comme « naturelle », l’endroit choisi (une ancienne zone humide, selon M. Mazagol) semble fortement arboré. La photo proposée dans le 4 pages semble le prouver.

Le maire-adjoint a affirmé que c’était inexact et que le déboisement sera faible à cet endroit.

Erosion des berges, sécurité des promeneurs...

Le tract, par contre, reste muet sur une dimension fondamentale et problématique du projet : la sécurité des promeneurs, et l’érosion des berges.

Dans la première partie de la promenade créée, côté barrage, les courants fluviaux sont très puissants, en raison notamment de la proximité avec les écluses. Pour parer à une détérioration rapide des berges, le projet devrait s’accompagner d’un enrochement couteux. Il ne sera pas réalisé car seules Voies navigables de France (ou SMSO) pourrait le réaliser. Or, le projet n’inclut pas cet investissement très coûteux.

A sa place, le maire a rappelé que des grillages seront installés pour la sécurité des promeneurs. Sur ce point, les élus AER ont rencontré des bateliers qui connaissent bien la Seine pour y avoir navigué régulièrement. Ils sont unanimes pour dire que l’érosion des berges et la sécurité des promeneurs restent les deux problèmes les plus urgents, et totalement sous-traités, du dossier Treck’île, au-delà de la destruction de la biodiversité de l’île. 

En conclusion, les élus AER considèrent dorénavant que le projet Treck’île est anti-écologique au regard de la diversité et de la richesse de la faune et de la flore de l’île répertoriée par les « experts ». Pour le maire, ce « joyau du patrimoine naturel andrésien » doit être ouvert pour que les Andrésiens en profitent. Quand une commune francilienne détient un si bel espace sauvage, elle doit plutôt le laisser éloigner de toute présence humaine.

 L’île Nancy : une future zone « à vocation de loisirs » ?

Le département des Yvelines a classé l’île Nancy comme un « espace d’intérêt paysager », dans son schéma départemental des Espaces naturels sensibles. Avec l’ouverture au public, les éoliennes, les cheminements sur pilotis,… la zone pourrait changer de statut et devenir, toujours selon le département, un « espace à vocation de loisirs ». Et cela, le maire et sa majorité ne l’écrivent pas.