Projet immobilier Gare d’Andrésy : les inquiétudes des habitants malgré les assurances du maire

L’association des riverains du quartier Gare/Maurice Berteaux/Marottes (RBBRM) s’est réunie en assemblée générale, le 18 octobre 2018. Le maire et son adjoint à l’Urbanisme, Jean-Claude Anne, étaient invités pour y présenter :

  • le projet d’aménagement urbain de la Gare (réalisé sur les zones de veilles foncières pré-déterminées par la ville et l’EPFIF depuis longtemps) : création de 297 logements, dont 60 côté rue Maurice Berteaux, création d’une place publique (côté quai vers Paris), réaménagement de la place de la gare, création d’un parking public payant de 150 places.
     
  • le projet immobilier rue de Chanteloup : création de 38 logements suite à l’usage de son droit de préemption par la mairie (acquisitions réalisées sur une zone non indiquée dans les veilles foncières). Ce projet sera le sujet d’un prochain article.

Une trentaine de personnes, majoritairement riverains de la rue Maurice Berteaux et de la rue de Chanteloup, est venue assister à l’AG. Cette réunion d’association s’est donc transformée en réunion de quartier, plutôt animée, au grand dam du maire (rappelons que ce dernier a supprimé les vraies réunions de quartier en 2015). 

La tournure prise par les échanges démontre que, malgré les propos rassurants du maire et de son adjoint, de grandes inquiétudes subsistent quant à l’impact de l’arrivée de plus de 700 habitants supplémentaires sur ce petit périmètre.

Présent en tant que riverain, Lionel Wastl, élu AER, est intervenu pour mettre à jour les non-dits et rectifier certains propos du maire et de son adjoint.

Projet Gare - Points positifs et négatifs

Hugues Ribault et son adjoint à l’Urbanisme ont exposé le projet immobilier Gare. Comparé à la première présentation du projet (voir notre synthèse : [« Projet Gare, 290 logements dans 4 ans »->http://www.andresy-energies-renouvelees.com/projet-gare-290-logements-dans-4.html]), certains points ont évolué, d’autres non.

L’aménagement de l’espace avec sa place centrale ainsi que l’allure esthétique générale restent ceux présentés initialement même si rien n’est définitivement figé. Les investissements en éco-urbanisme demeurent absents.

Les logements sociaux : « ce sera un tiers »

Andrésy est en retard concernant le pourcentage de logements sociaux qu’elle doit offrir, avec un taux actuel de 17% au lieu des 25% requis par la Loi.

Le maire l’affirme , la « bonne solution » pour rattraper ce retard est d’imposer, pour tout projet immobilier neuf, une répartition d’un tiers de locatif social pour deux-tiers de propriétés privées.

M. Ribault répète à loisir ce nouvel adage, qu’aucune étude ne vient confirmer (pourquoi « un tiers » à Andrésy, et pas 40 ou 50 %, sachant que la ville est en retard ?) lors de chaque réunion de présentation des nombreux projets immobiliers prévus sur la ville, alors qu’il sait pertinemment que :

  • l’interco, dans son Plan Local de l’Habitat intercommunal (PLHi) voté en septembre 2018, demande à Andrésy un quota de 40% de logements sociaux sur les 884 logements que la commune s’est engagée à construire a minima d’ici 2023. Le maire ne peut feindre de l’ignorer, puisque lors du conseil municipal de juillet dernier, sa majorité s’est retrouvée à devoir émettre une « réserve » sur cette obligation de 40% pour la ville. Obligation qu’il n’avait même pas remarquée lors de sa lecture du PLHi. En effet, Andrésy fait partie des 21 communes dont le quota SRU est aujourd’hui situé entre 12% et 20% et dont l’objectif est de 40% de LLS (1).

  • la mairie s’est engagée auprès de l’interco à réaliser 35% de social, soit 313 logements sociaux sur 884 logements ;

  • en pratique, les permis de construire déjà acceptés par la mairie sur différents projets font ressortir un taux de 35% de logements sociaux (CCI 34%, Gare 35%, Projet terrain ancienne BP 35%) sauf pour le projet de l’ancienne résidence Colonna en bord de Seine avec 50 logements sociaux sur 97 logements, soit + de 50% de social.

Pourquoi mentir à la population sur le taux de logements sociaux ?

Nombre de parking par logements : le maire hors-la-loi

Le maire d’Andrésy a confirmé qu’il comptait s’opposer à la « loi scélérate » (sic) qui fixe le nombre maximum de stationnements de voiture à 1 par logement, et 0,5 par logement social, lorsqu’un projet immobilier est proche d’une gare SNCF.

Hugues Ribault a évoqué, lors de cette réunion, qu’il y aurait un parking par logement social (alors que certains logements seront des studios ou des deux pièces loués à des étudiants ou à des personnes âgées) et deux par logement privé. Il est à noter que le maire avait affirmé aux élus municipaux qu’il y aurait une place de stationnement par 50 m² habitables, ce qui donnerait trois places de parking pour les logements de plus de 100 m².

Pourquoi se mettre hors la loi lorsqu’on sait que :

  • ces exigences de sur-stationnements souterrains implique un surcoût du foncier (les parkings ne sont pas offerts mais vendus), qui limite un peu plus encore l’accès de ces appartements aux acheteurs à revenus moyens ;

  • plus il y a de stationnements, plus y il a de voitures, sachant que les vieilles routes d’Andrésy ne vont pas s’élargir et supporter de plus en plus de circulation ;

  • créer un nouveau quartier, c’est partir de zéro tout en recevant de nouveaux habitants (dont beaucoup sont jeunes et viennent de la proche banlieue) : les conditions sont réunies pour imposer des contraintes en matière de voitures et modifier les comportements.

Les commerces prévus sur la nouvelle place de la Gare : la reculade du maire

Côté place de la gare, la boulangerie et le bar-tabac resteront à leurs emplacements actuels.

De l’autre côté, sur la nouvelle place, le maire avait promis l’emménagement de La Poste, la création d’un cabinet médical et l’installation d’une crèche privée.

Lors de la présente réunion, le maire n’a plus évoqué la crèche et précisé qu’ils « étudiaient la possibilité » d’installer un cabinet médical et La Poste. Le maire a depuis longtemps promis ces arrivées sachant, qu’une fois de plus, il n’a encore aucune garantie de pouvoir tenir ses promesses.

Les élus AER déplorent, par ailleurs, que le maire d’Andrésy n’ait pas imposé l’intégration de l’ancienne halle à marchandises SNCF, patrimoine de la ville et bel exemple d’architecture industrielle de la fin du XIXème siècle, afin d’y positionner au rez-de-chaussée des commerces et, au premier étage, de nouvelles salles dédiées, par exemple, aux associations qui en manquent cruellement.

Parking Relais SNCF : l’oubli du maire

Durant toute la présentation, le maire a évoqué la création d’un parking Relais SNCF de 150 places en oubliant de préciser qu’il serait... payant.

Nous avons dû intervenir pour le rappeler.

Un parking payant génèrera un phénomène de report de voitures dans les rues voisines…

Projet de zones bleue et violette rue Maurice Berteaux et rue des Valences

Le maire d’Andrésy a annoncé une réglementation limitative du temps de stationnement sur les deux rues fortement impactées par les constructions. Il est prévu que les habitants des deux rues reçoivent des cartes de résidents : ils ne seront donc pas assujettis au respect des zones de stationnement.

L’élargissement de la rue des Valences

La rue des Valences sera élargie et des places de stationnements extérieurs seront positionnées, côté habitations.

Ces places seront intégrées dans les zones bleue et violette. Une voirie réservée aux vélos et piétons est confirmée entre la gare et la rue des Valences.

Un hypothétique élargissement du pont routier

Le maire a affirmé qu’une passerelle en encorbellement sera construite pour les piétons.

Espérons que son optimisme affiché ne soit pas à nouveau rabattu par la réalité. Un tel aménagement nécessite l’accord de la SNCF, accord que cette dernière donne au compte-goutte et implique un coût financier assez élevé.

Pas d’investissement handicap au niveau de la gare

Il n’y aura pas de passerelle supplémentaire et encore moins d’ascenseur pour faciliter l’accès de la gare aux personnes à mobilité réduite.

La SNCF investit sur ces problématiques uniquement dans les infrastructures désignées comme prioritaires par elle-même. La gare d’Andrésy ne l’est pas en raison de sa faible fréquentation.

Rue Maurice Berteaux : des investissements a minima

La rue principale de la gare, l’une des artères importantes nord/sud de la ville, sera rénovée seulement entre le pont (création probable d’un rond-point, au niveau de la rue de la Gare et de la rue M. Berteaux) et la rue des Valences. Le maire ne prévoit pas, sur ce tronçon, de places de stationnement supplémentaires.

La rue Maurice Berteaux reste l’une des grandes inquiétudes des habitants : abîmée, soumise à un trafic intense aux heures de pointe, elle devra absorber les flux routiers supplémentaires induits par les nouveaux logements.

Les habitants se plaignent aussi de la vitesse des voitures et des bus.

Sur tous ces points, le maire d’Andrésy n’a apporté aucune réponse, même s’il n’a pas exclu des infrastructures afin de ralentir la circulation (ralentisseurs, chicanes). Les habitants ont été forts déçus d’apprendre que la rénovation de la rue se limitera à ces quelques mètres du début de la rue.

Le maire a évoqué un changement de positionnement de l’arrêt des bus de la ligne 11 qui serait placé plus bas, vers la boulangerie. Si ce déplacement peut faciliter l’accès du bus aux personnes à mobilité réduites en leur évitant de monter l’escalier, il positionne l’arrêt sur une partie plus étroite de la chaussée qui induira des problèmes de fluidité de la circulation.

L’accès aux nouveaux logements côté rue Maurice Berteaux : le vrai point noir

Une nouvelle voirie sera créée entre la boulangerie et la rue des Valences pour desservir les nouvelles maisons de ville et les collectifs. Entrées et sorties des voitures sont prévues sur la rue Maurice Berteaux à un endroit dangereux (rue étroite en descente).

Le maire, pour calmer les esprits, a évoqué l’idée d’une entrée côté rue M. Berteaux et d’une sortie vers la rue des Valences. Cette idée, contraignante et inadaptée, obligerait les nouveaux habitants à prendre la rue des Valences jusqu’à la rue des Ormeteaux puis de tourner deux fois à gauche pour repartir vers la gare et le nord de la ville !

Des riverains pas rassurés

En définitive, il est évident que le maire et son adjoint à l’Urbanisme n’ont pas du tout rassuré les habitants du quartier. D’ailleurs, les conséquences d’une augmentation de la population sur le quartier n’inquiètent pas du tout MM. Ribault et Anne qui ont aussi affirmé qu’ « Andrésy n’avait aucun problème de circulation et que les voiries étaient suffisamment calibrées pour absorber les trafics supplémentaires ».

Les échanges ont été bien plus tendus sur le projet immobilier piloté par la ville dans la rue de Chanteloup. Nous y reviendrons dans un article dédié à ce projet de 38 logements.

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(1) PLHi, GPS&O, page 186 - voté en conseil communautaire, le 27/09/18