Projet Trek ’ile : le parc urbain proposera un train touristique sur l’île !

Le projet de création du parc urbain paysager sur l’île d’Andrésy (projet Trek’île) n’en finit pas de faire couler de l’encre.

Contesté pour son coût financier, pour sa dimension green washing, voilà que le grand projet du maire doit affronter la règlementation tatillonne des autorités compétentes.

Les Architectes des Bâtiments de France (ABF) freinent les ardeurs touristiques de M. Ribault : face au nombre de visiteurs attendus sur l’île, avec son ouverture intégrale, ABF a mis son holà.

M. Ribault a fait appel à un cabinet spécialisé dans l’écotourisme pour trouver une solution permettant de concilier tourisme de masse et protection de la biodiversité de l’île. Les experts ont proposé au maire la création d’un petit train qui traverserait l’île, du nord au sud et qui permettrait de contrôler le flux des badauds.

EDIT : Il s’agissait bien sûr d’un poisson d’avril... Mais les photos sont bien réelles.

Comment concilier tourisme de masse et protection de l’île ?

Le projet prioritaire de la majorité municipale de M. Ribault en cette année 2016 reste la création du parc urbain paysager sur l’île d’Andrésy. Mais celui-ci ne se fait pas sans heurts : opposition des riverains, création d’une association qui s’oppose au projet, recours juridiques, mais aussi difficultés à obtenir l’autorisation des autorités compétentes.

Sur ce dernier point, la majorité de M. Ribault avait commencé les travaux sans toutes les autorisations légales. Ce qui a eu le don d’énerver le préfet et de rendre plus frileuses les autorités compétentes qui délivrent les autorisations de ce parc urbain : Voies Navigables de France (VNF), le Service Eau et Risques de la Direction départementale ou encore les Bâtiments de France.

S’agissant des architectes des Bâtiments de France, il faut rappeler que l’île Nancy est en zone de protection du patrimoine. Tout projet de construction doit répondre à des critères très stricts. En conséquence, M. Ribault avait déjà dû en rabattre sur la hauteur des deux éoliennes du projet qui sont passées de 18 à 12 mètres de haut.

Mais les soucis avec les Bâtiments de France ne se sont pas arrêtés là : les autorités ont aussi mis le holà sur les ambitions touristiques du maire d’Andrésy. L’île – toujours en zone naturelle – ne peut recevoir autant de visiteurs. D’autant que la faune et la flore de l’île recèlent des espèces « rares » ou même « très rares  » dans la Liste rouge régionale d’IDF (Conseil Régional IDF).

Un petit train : un projet « écotouristique »

Aussi, la municipalité de M. Ribault a dû trouver une solution pour limiter le nombre de visites du futur parc urbain de l’île. Les services de la ville ont donc été contraints de se rapprocher d’un cabinet de conseil, « Vert Bashing », qui est spécialisé dans l’écotourisme.

Le cabinet a proposé une solution qui permettra de donner une nouvelle touche attractive à Trek’île tout en contrôlant les flux de touristes sur l’île : créer un petit train qui traversera toute l’île, permettant, assis, de découvrir la forêt, les berges et la mare artificielle. Les Andrésiens auront aussi une très belle vue sur la rive andrésienne : ils pourront admirer le nouveau centre-ville, puis toutes les très belles propriétés et leurs grands jardins protégés par le PLU, le long du quai de Seine, jusqu’à Carrières.

Des traverses tout en bois

Ainsi, les derniers travaux ont vu se réaliser cette proposition sous la forme de traverses en bois qui ont été posées, annonçant le démarrage de la seconde partie du projet de la municipalité, avec la construction d’une petite voie ferroviaire pour train permettant une visite propre de l’île.

Traverses de bois sur le chantier Trek'Île {JPEG}

M. Ribault a souhaité rassuré les élus AER : « les traverses sont en bois » afin de préserver la dimension écologique du projet.

Un « train’kill » à énergie solaire

Train électrique {JPEG} C’est donc un train électrique de type Sun Shuttle qui a été choisi pour circuler sur ce circuit. Il s’agit d’un train électrique homologué pour le transport collectif jusqu’à 75 personnes assises et muni de panneaux solaires.

Il n’est pas exclu de devoir déforester un peu plus au niveau des voies pour que l’énergie solaire soit suffisante afin que le train puisse atteindre les 20 km/h souhaités (car le trajet pourrait faire 4 kms). Déjà surnommé par la majorité de M. Ribault le « train’kill », il permettra de visiter Trek’ile « trank’illement » !

Un surcoût supporté par la nouvelle interco : le cadeau de Pierre Bédier

Son coût de fonctionnement d’1 € pour 100 km fait de lui le train le plus économique en Europe. C’est d’ailleurs l’argument qui a fait basculer la décision de la mairie. Il permettra en outre de ne pas se salir les pieds et de préserver une nature restée intacte depuis 1352 ans.

Le surcoût du projet serait supporté par la nouvelle intercommunalité : Pierre Bédier, président du département et qui tient les ficelles de l’interco, est un proche politique de M. Ribault. Il aurait donné son accord au maire. Une façon de faire avaler la pilule de cette interco imposée « Andrésy/Mantes ».

L’agacement de M. Mazagol : la leçon aux écolos d’AER...

Surpris par cette décision d’installer un train sur l’île, les élus AER ont demandé des explications en commission au maire-adjoint aux Travaux, Alain Mazagol. Celui-ci a répondu, agacé : « que des élus écologistes devraient applaudir des deux mains le souhait de la mairie de proposer un transport en commun alternatif au routier ».

Une proposition d’AER : déménager sur l’île la halle à marchandises SNCF promise à démolition

Un peu surpris par cette réponse, les élus AER ont voulu savoir jusqu’où irait M. Ribault dans ce projet qui - il faut l’avouer - prend des proportions de parc d’attractions.

Comme il est prévu une petite gare de départ (100 mètres après la passe à poissons, côté sud), les élus AER ont donc proposé à M. Ribault de recycler une partie de l’ancienne halle à marchandises SNCF de la gare qui va être, hélas, détruite dans le projet immobilier Gare.

Halle à marchandise de la gare d'Andrésy {JPEG}D’une belle richesse architecturale, typique des gares franciliennes construites en 1880-1890, avec des matériaux nobles (poutrelles en fer forgé, meulière…), cette halle pourrait valoriser le futur parc d’attraction d’Andrésy.

En tout cas, une gare ancienne sur l’île rappellera aux plus anciens le petit train des berges qui reliait Poissy à Pontoise, en passant par Andrésy : le tacot…

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