Réunion PSMO : Environnement et Aménagements urbains

Débat public Port d’Achères

6ème réunion publique sur le projet PSMO

Faible affluence pour ce débat portant sur l’intégration paysagère et architecturale du port d’Achères. Les présentations et débats ont oscillé entre rêve (les aménagements urbains exemplaires souhaités par les ateliers de travail) et dure réalité avec la présence des Andrésiens expropriés par ce projet portuaire.

C’est dans une salle à moitié vide que s’est déroulée la réunion du débat public à Andrésy sur le thème de l’Environnement et des aménagements urbains, mardi 18 novembre 2014. Il faut dire que la municipalité de M. Ribault n’avait pas fait beaucoup de publicité de l’événement. Nous étions loin des salles combles d’Achères ou de Conflans !

Et pourtant : entre les Andrésiens de la rive gauche expropriés et les Andrésiens de la rive droite qui seront face à la darse (quartier Fin d’Oise) ou qui auront vue sur le port (habitants des Charvaux et des Coteaux), Andrésy est bien la ville la plus impactée par le projet de port de granulats !

Le maire d’Andrésy satisfait par le projet et les efforts d’intégration

Pour démarrer la soirée, l’allocution du maire d’Andrésy a rappelé les 5 exigences de la majorité municipale, concernant l’intégration environnementale du projet :

  1. Un aménagement vert entre le port et la Seine « qui nous a convaincu car il met en valeur les berges et la passerelle », s’est félicité M. Ribault ;
  2. La requalification de la route du barrage dès le début des travaux ;
  3. Le déplacement du « centre de vie du port » vers le barrage d’Andrésy ;
  4. La création d’un noeud de connexion RD/piétons/vélos (Achères/Andrésy RG/Andrésy RD) avec sécurisation de la passerelle ;
  5. La réduction des impacts environnementaux avec « rideaux d’arbres et haute qualité architecturale », mais aussi des garanties en matière de réduction de pollution sonore ou atmosphérique, sans autre précision.

Au-delà, le maire d’Andrésy a rappelé son soutien à ce projet Port Seine Métropole Ouest (PSMO) qui « pourrait être un équipement durable, participant au développement de la confluence Seine et Oise ». M. Ribault a eu un mot pour les Andrésiens expropriés : « il faut les indemniser et prévoir des modalités de relogement ».

PSMO : vers une « co-conception » avec la population des caractéristiques architecturales du port

Les ingénieurs de Ports de Paris (PDP) ont présenté les caractéristiques de l’intégration environnementale du projet portuaire. L’occasion de multiplier une novlangue censée rassurer les riverains inquiets : « ondes végétales, renaturation, cheminement doux, corridor de biodiversité, mail à double alignement d’arbres,... ». et l’on pouvait se poser la question si c’était encore un projet de port que PDP souhaitait construire !

Les responsables de PDP ont donc rappelé que le port sera coupé par plusieurs rangées vertes, permettant d’éviter tout impact visuel. Le port sera constitué de voies de circulation pour piétons et vélos. Les berges seront effectivement ouvertes au public. Une avenue reliera le port et le centre d’Achères.

PDP assure que « l’implication des acteurs du territoire sera réalisée à chaque étape : co-élaboration du cahier de prescription architecturale et de la charte d’exploitation, création d’un Comité local d’information portuaire, etc. »

2 heures d’ateliers avec la population : un port « à vivre et à voir »

Avant la réunion, des ateliers ont été organisés avec 40 personnes volontaires et des élus. Les propositions ont fusé. Elles pouvaient laisser rêveur le public tant elles donnaient l’impression que ce port serait presque un quartier de vie habité. Les élus d’Andrésy Energies Renouvelées ont d’ailleurs tenu à rappeler que PSMO était « avant tout un projet industriel » et qu’il ne « fallait pas l’oublier » dans ces débats publics.

Pour les membres des ateliers, il faut donc créer des liaisons pour « s’approprier » le port et pour tous les modes et usages (parcours de proximité sécurisés, et même... parkings) ; il faut aussi « donner à voir » en intégrant le port aux paysages avec respect des cônes de vue, avec charte paysagère,... Le port doit aussi garantir la « mixité fonctionnelle » en développant des activités de loisirs, culturels pour que l’artère principale reliant Achères au port soit « une voie royale ouverte à l’aristocratie et à la plèbe » ! Un port réconciliant les classes sociales, ouvriers et ingénieurs...
L’idée de mise en place de vaporetto entre les deux rives d’Andrésy a fait sourire le public. Enfin, le port doit être l’occasion d’une « implication locale et citoyenne »  : il faut « passer de l’information à la co-conception » en créant une structure de gouvernance permanente. Il s’agirait aussi « d’associer la populaiton dans la durée par des concours d’idées, des ateliers, des promenades, des sondages,... »

Expropriations : le retour aux réalités...

Les élus de l’opposition andrésienne AER ont tenu à rappeler, lors de cette réunion, que des Andrésiens allaient être expulsés non pas pour créer la darse ou des installations, mais seulement pour créer une bande verte entre la Seine et le port. PDP a répondu qu’il « s’agissait d’abord d’éviter des habitations trop proches des activités industrielles dont les nuisances ne seront pas compatibles ». L’un des Andrésiens expulsés a rétorqué : « mais nous habitons déjà dans un quartier avec des nuisances industrielles ! »

Les inquiétudes des associations sceptiques sont réapparues dans les débats : le port Est « appelera » le port Ouest ; un port qui n’est qu’un « avatar du Grand Paris » et qui fait partie intégrante d’un plus vaste projet qui sera accepté par les populations parce qu’il sera « saucissonné ».

Entre les propositions sorties des ateliers de réflexion et la situation désespérée des Andrésiens expropriés, cette réunion à Andrésy a laissé une impression étrange, si ce n’est dérangeante.