Tentative de remplissage de la « zone humide » du projet Trek’Île à la cloche de bois

Jeudi 17 août 2017 une barge s’est amarrée à la partie sud de l’île Nancy (île d’En Bas) et si vous ne l’avez pas vue... c’est parce qu’elle a été amarrée côté Achères pour plus de discrétion.

Mais pour quoi faire ?...

Rappel des tentatives précédentes pour rendre la zone humide

La crue de juin 2016 avait quasiment noyé les pontons du projet.
Quinze jours après, l’eau avait disparu.

Durant l’été 2016 tous les végétaux plantés à la main avaient été enlevés et les sociétés s’étaient mises en quête des problèmes d’étanchéité de la zone en retournant la terre, en créant des bassins. Puis toutes les plantes ont été replantées.
Et l’eau n’est pas restée.

Durant l’hiver, les puits d’alimentation en eau des éoliennes ont été recreusés, preuve que pas assez d’eau n’alimentait les pompes éoliennes.
Mais le débit d’eau est resté le même, et la zone est restée sèche.

Début août 2017, sur l’une des pompes le diamètre de la sortie d’eau a été agrandi, sur l’autre pompe c’est une troisième sortie d’eau qui a été ajoutée.
Mais toujours point d’eau à l’horizon.

A ce jour toutes les tentatives sont donc restées infructueuses pour remplir d’eau la zone artificielle dite humide par les procédés prévus au cahier des charges.

Reste également infructueuse la retenue des eaux qui persistent à disparaître malgré l’étanchéisation artificielle de 27000m2 sol à la bentonite.

Seulement voilà, les travaux ont commencé depuis novembre 2015, l’ouverture est en retard d’un an et demi et un procès avec l’association d’Andrésiens, Trank’île, se profile à l’horizon.

Août 2017 en grandes pompes

Aux grands maux, les grands moyens donc. Si la zone humide avait déjà été alimentée en eau par des pompes et des tuyaux durant les derniers mois, on est passé jeudi au gabarit supérieur.

Ce sont des tuyaux de 20 cm qui ont été déployés jeudi en fin de journée, pompant directement depuis la Seine, via un groupe électrogène installé sur la barge. De tels tuyaux permettent d’atteindre des débits dépassant les 80m3/h, nécessitant une demande d’autorisation. La photo ci-dessous est explicite sur la puissance du pompage.

Très en colère, par cette opération manifestement illégale et cachée de tous, les élus AER ont donc interrogé par mail les services de la ville à la première heure, vendredi 18 août.

Ces derniers nous ont indiqué n’avoir « autorisé aucun pompage ». La municipalité d’Andrésy  a envoyé la police municipale dès le lendemain matin pour vérifier notre information. Celle-ci n’a rien touvé sur place.

La barge et les tuyaux avaient été retirés sans doute aux premières heures du jour.

Mais de l’eau ? Point.

Elle semble s’être évaporée et la zone continue de ressembler à un champ avec ces chardons et ses herbes folles.

Il faudra donc éclaircir ce mystère de la barge fantôme. Car la municipalité semblait sincère quand elle nous a affirmé de ne pas avoir donné d’autorisation et mener une investigation sur l’origine de la barge et le donneur d’ordre.

Des travaux qui vont à vau-l’eau

Mais, quoi qu’il qu’en soit, cette enième tentative de remplir la zone dite humide, faite en catimini, n’est qu’une démonstration accablante de la prétention de ce projet, voulant substituer notre « capital Nature » par une nature modifiée par l’homme, tout cela sur fond de subsides publics.

Le projet Trek’île n’en finit plus de s’embourber, entre problèmes d’étanchéité, de pompage, non respect du cahier des charges, suivi de chantier douteux, passage sur des parcelles privées sans autorisations, retards et maintenant barge fantôme...

Mais qui gère donc ce projet calamiteux ?

Il y a malheureusement fort à parier que tout cela finira en recherche de responsabilités croisées entre la mairie, la maîtrise d’oeuvre et les différentes entreprises, voire même le département qui a appelé ce projet de ses voeux.

Tout cela bien sûr aux frais du contribuable andrésien...

Mais avant cela nous pourrions encore apprendre que la servitude de marchepied censée mener les visiteurs du Nord au Sud de l’île n’est pas adaptée à la fréquentation d’un si grand nombre de personnes...

A suivre...

 

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