Un nouveau projet immobilier sur Andrésy décidé par la mairie

Projet Rue de chanteloup

 

L’association des riverains du quartier Gare/Maurice Berteaux/Marottes (RBBRM) s’est réunie en assemblée générale, le 18 octobre 2018. Le maire et son adjoint à l’Urbanisme, Jean-Claude Anne, étaient invités pour y présenter :

  • le projet d’aménagement urbain de la Gare (réalisé sur les zones de veilles foncières pré-déterminées par la ville et l’EPFIF depuis longtemps) : création de 290 logements dont 60 côté rue Maurice Berteaux, création d’une place publique (côté quai vers Paris), réaménagement de la place de la gare, création d’un parking public payant de 150 places (voir notre article : ) ;
  • le projet immobilier rue de Chanteloup : création de 38 logements suite à l’usage de son droit de préemption par la mairie (acquisitions réalisées sur une zone non indiquée dans les veilles foncières).

Une trentaine de personnes, majoritairement riverains de la rue Maurice Berteaux et de la rue de Chanteloup, est venue assister à l’AG. Cette réunion d’association s’est donc transformée en réunion de quartier, plutôt animée, au grand dam du maire (rappelons que ce dernier a supprimé les vraies réunions de quartier depuis 2015). 

Si le projet Gare (+ 700 habitants) a suscité beaucoup d’inquiétudes (voir notre article : « Projet Gare, les inquiétudes riverains »), le projet rue de Chanteloup, lui, a créé de la colère. 

Présent en tant que riverain, Lionel Wastl, élu AER, a dû intervenir pour mettre à jour les non-dits et rectifier certains propos du maire et de son adjoint sur ce projet.

Parallèlement, la procédure d’expropriation a été votée par la majorité municipale, rejointe par l’un des élus de la minorité de droite (Alexis Bakonyi), lors du Conseil municipal du 4 juillet 2018.

Un projet immobilier non prévu dans les conventions de veille foncière

Un petit retour sur le passé est nécessaire. En septembre 2014, afin de concrétiser l’objectif d’augmentation de 25% de la population d’Andrésy en huit années, la majorité municipale LR de M. Ribault inscrivait en zone de veille foncière trente hectares urbanisables. A l’époque, la maire adjointe à l’Urbanisme (Mme Henriet) affirmait que cela permettait d’avoir « une vision générale de la programmation de construction de logements, de développer des projets immobiliers cohérents ».

Lors de ce même conseil municipal (voir PV, page 26), le maire Hugues Ribault affirmait que ces « conventions de veille foncière permettaient de s’organiser et de protéger Andrésy d’opérations immobilières non maîtrisées et non souhaitées ». Mais, manifestement, pas pour se protéger contre ces mêmes opérations décidées par la mairie elle-même !

En effet, la mairie, quelques mois plus tard, lançait un projet immobilier hors zones foncières ! Cette décision a été condamnée par les élus AER qui y voyait une véritable « perte de confiance » : comment croire les affirmations de la majorité de MM. Ribault et Faist sur leurs réelles intentions de construction de logements en ville, au moment où elle projette de construire un immeuble hors zones foncières ?

Le projet immobilier de la rue de Chanteloup est en totale contradiction avec les affirmations du maire et de son adjointe à l’Urbanisme de 2014. Encore une promesse non tenue !

¨Pour avancer vite et bien sur ce projet porté par la ville d’Andrésy, la mairie a décidé de préempter trois terrains rue de Chanteloup (parcelles AM65 et AM66 et AM496) puis de lancer une procédure d’expropriation « dans l’hypothèse où la ville ne parviendrait pas à acquérir à l’amiable l’ensemble des terrains nécessaires » (voir la présentation et l’historique du projet : [« Projet rue de Chanteloup »->http://www.andresy-energies-renouvelees.com/multiplication-des-projets.html]).

Pour le maire, la rue de Chanteloup est « propice à l’installation de collectifs déjà existants dans ce quartier »

Lors du vote de la procédure d’expropriation (Conseil municipal du 4 juillet 2018), le maire a considéré ce projet immobilier comme tout-à-fait cohérent dans « le tissu urbain hétérogène » de la rue de Chanteloup.

 

Le projet Rue de Chanteloup détruira la dernière ferme de la ville : lors du Conseil municipal de juillet, Lionel Wastl a aussi rappelé que le maire, en construisant un immeuble au 22 rue de Chanteloup, allait « détruire l’une des dernières fermes existantes de la ville ». Lionel Wastl a enfoncé le clou en rappelant qu’ « à chaque projet immobilier de l’actuelle majorité, il y a un patrimoine historique de détruit* » et de conclure que « ce sera encore une ancienne maison andrésienne détruite qui sera ensuite en photo dans le prochain livre de souvenirs publié par le Club Historique d’Andrésy ».

Lionel Wastl, tête de liste AER, est intervenu pour constater que les analyses du maire sont à géométrie variable : « La majorité de M. Ribault trouve cohérent ce projet d’immeuble dans une rue 100% pavillonnaire, alors que le maire trouvait que le projet immobilier de la rue Maurice Berteaux, situé à 100 mètres [et depuis lors, abandonné], était incohérent et alors même qu’il était situé juste derrière les immeubles des Marottes ! ».

 

Un projet qui connaît une augmentation de 26% du nombre de logements prévus

Les Andrésiens présents à la réunion de l’association digéraient à peine ce projet immobilier dans cette rue calme et pavillonnaire que le maire leur annonçait son intention de passer de 30 à 38 logements, soit une augmentation de plus du quart du nombre d logements prévus. Et pourtant : les 30 logements sont inscrits noir sur blanc dans le plan local d’habitat intercommunal (PLHi).

Le projet sera constitué d’un collectif et de maisons de ville « parfaitement inséré dans ce quartier », selon le maire.

MM. Ribault et Anne : « C’est la faute de l’interco et de l’Etat ! »

Face au mécontentement de la salle, et notamment la remarque faite sur la baisse de la valeur foncière des maisons voisines (« est-ce vous, M. Ribault, qui allez payer la moins-value sur ma maison ? »), le maire-adjoint à l’Urbanisme, Jean-Claude Anne, a tenté de reporter la responsabilité de ce projet immobilier sur l’Etat et notre interco. « Nous avons des obligations de construction vis-à-vis de l’interco et de l’Etat dans notre PLU » et « Andrésy doit construire des logements sociaux ».

Lionel Wastl, élu AER, a dû intervenir et rappeler qu’afin de remplir ses obligations de construction de logements, la ville avait déterminé des zones de veille foncière. Les parcelles acquises rue de Chanteloup (l’ancienne ferme et la grande maison adjacente) n’étaient absolument pas inscrites dans ces veilles : « ce projet est entièrement et uniquement piloté par la ville ». Aucune autre collectivité n’a à voir avec ce projet de la rue de Chanteloup : ni l’Etat, ni l’interco n’ont demandé à M. Ribault de construire un tel projet immobilier, rue de Chanteloup.

Projet rue de Chanteloup : un million dépensé par la Ville

Pour concrétiser ce projet de 38 logements, la ville a déjà dépensé environ 1.000.000 € pour financer, à ses seuls frais, ces parcelles. Il reste donc encore deux lots de la ferme à acquérir.

Ce projet immobilier est donc difficilement justifiable. Il s’implante par ailleurs dans un tissu urbain pavillonnaire. Mais il n’était pas inscrit dans les objectifs de construction de logements remontés à l’Etat. Ces 38 logements symbolisent une véritable perte de confiance pour les habitants : les déclarations et les documents officiels signés par MM. Ribault et Faist ne sont pas respectés. La ville s’était déjà engagée dans des objectifs ambitieux de construction de logements et qui inquiètent la population. Si, en plus, la ville ne respecte pas ses propres engagements et entament des projets de construction supplémentaires, on peut être inquiet sur l’avenir de la ville...

 

------

* La halle à marchandises SNCF dans le projet Gare ; les ateliers de travail de la CCI (projet rue des Robaresses).