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Un premier projet d’aménagement d’Andrésy refusé en 2013

Révision du PLU 2014-2022

Dossier PADD 2014-2022

En 2013, la majorité de M. Ribault arrêtait un premier PADD (projet d’Aménagement et de Développement durable). Au coeur de ce projet d’aménagement : une absence de croissance démographique sur les onze prochaines années (2014-2025).

Arrêté à quelques mois des échéances municipales, ce PADD a été rédigé conjointement par les deux candidats de la droite en concurrence : Mme Muneret (alors adjointe à l’urbanisme) et M. Ribault.

Il a été fortement critiqué par les collectivités locales et reçu un avis défavorable de l’Etat.

Le Conseil municipal du 30 mai 2013 votait un projet d’aménagement et de Développement durable (PADD) pour la période 2014-2025. Document obligatoire pour tout nouveau Plan local d’urbanisme (PLU), il fixe les grandes orientations du développement urbain prévu sur Andrésy.

Un 1er PADD volontairement sans ambition, avant les élections

La majorité municipale alors unie choisissait l’option « zéro croissance démographique ». Ainsi, afin de répondre seulement aux décohabitations (départ des enfants, séparations…), Andrésy s’engageait à construire que 40 logements par an. Soit 640 constructions jusqu’en 2025.

Comme les élus AER l’ont rappelé récemment en Conseil municipal, il s’agissait d’un « PADD pré-électoral »  : à quelques mois des échéances municipales, la majorité autour de M. Ribault et de son adjointe à l’Urbanisme, Mme Muneret (mais bientôt adversaire du maire-sortant) ne souhaitaient pas faire peur à son électorat, ni prêter le flanc à la critique en proposant plus de constructions.

Une modération de l’objectif démographique au dernier moment

Nous avons la preuve que la majorité municipale a pris une décision au dernier moment. Au départ, le candidat-maire comptait proposer un objectif de « croissance modérée de la population ». La commission Urbanisme au printemps travaillait bien sur cela, comme l’ont témoigné les élus de l’opposition de l’époque (Andrésy Citoyenne). Par ailleurs, cet objectif de croissance avait aussi été présenté lors de la réunion avec les collectivités locales, amenées à donner un avis sur le PADD.

La majorité municipale a donc décidé au dernier moment de modifier son objectif. D’ailleurs, dans son courrier justifiant son avis négatif, la Communauté d’agglomération des Deux Rives (CA2RS), déplorait cette situation : « c’est regrettable dans la mesure où le projet de PADD présenté en réunion des personnes publiques associées du 4 avril 2013, et pour lequel j’ai accusé réception par courrier du 29 avril 2013, présentait un objectif de croissance modérée  », déplore le président de la CA2RS, Philippe Tautou, dans un courrier adressé à M. Ribault, le 2 avril 2014.

Un choix volontairement intenable

Le choix de M. Ribault et son adjointe, Mme Muneret, de construire a minima sur la ville et de refuser tout accroissement démographique était, à l’avance, intenable : la ville s’est engagée dans des objectifs de constructions bien plus ambitieux, tant au sein de la CA2RS que de l’OIN Seine-Aval, à laquelle Andrésy a souhaité intégrer.

Par ailleurs, Andrésy est en retard dans les quotas de logements sociaux issus de la loi SRU. Avec un taux de moins de 16%, l’Etat exigeait des constructions triennales suffisantes pour rattraper les 20 % exigés (avant la loi Duflot qui a porté le taux à 25 %). Ainsi, Andrésy aurait dû construire 600 logements sociaux sur les 640 prévus sur la période 2014-2025, soit 93 % de logements sociaux !

C’est donc sans surprise que l’Etat s’est opposé à ce premier PADD. Le calcul des deux candidats de la droite était simple : en proposant un projet à « 0 % de croissance », ils se protégeaient de toute critique pendant la campagne des Municipales, tout en reportant la responsabilité de l’annulation du projet sur l’Etat, qui allait émettre forcément un avis défavorable. Cette stratégie politicienne de dédouanement serait anecdotique si elle n’avait pas fait perdre deux années à la ville dans l’élaboration d’un nouveau PLU et si elle n’avait pas coûté de l’argent aux contribuables. Car la municipalité a dû à nouveau faire appel à un cabinet d’expertise pour élaborer un second PADD, sans parler des heures de travail supplémentaires à l’ensemble des services urbanisme de la ville !

Les critiques du premier PADD

Plus précisément, quelles étaient les critiques des collectivités locales sur ce premier PADD ?

  • L’Etat émet un avis défavorable :

    Ce PADD représentait pour l’Etat « un handicap majeur pour satisfaire les besoins en logements sociaux » et « manque d’ambition » alors qu’Andrésy est dans une situation « stratégique », au cœur d’un « grand pôle métropolitain »… L’Etat a rappelé à Andrésy qu’elle avait intégré l’OIN Seine Aval et que, de ce fait elle était « concernée par plusieurs zones d’aménagement différé (ZAD) », notamment sur les coteaux de l’Hautil. Les services de la préfecture ont même rappelé que tout classement en Espace naturel sensible (ENS) des coteaux de l’Hautil restait « incompatible avec le protocole de l’OIN » - que M. Ribault a souhaité inscrire Andrésy.

  • Le Département des Yvelines émet un avis négatif :

    Le Conseil général des Yvelines (CG 78) sous la plume du président de notre interco, Philippe Tautou, qui était aussi conseiller général (!), rappelait à la majorité municipale d’Andrésy que le 0 % croissance démographique ne « respectait pas les objectifs de l’OIN », et que le classement en zone naturelle des coteaux « gèlerait définitivement ce foncier disponible » pour urbaniser.

    Notons au passage que le CG 78 regrettait aussi que le PADD d’Andrésy ne prenne pas en compte sur ses plans, le projet routier du pont d’Achères/Denouval, alors qu’il « fait l’objet d’un arrêté de déclaration publique » !

  • La CA2RS émet un avis négatif  :

    C’est encore Philippe Tautou (cumul des mandats oblige) qui a rappelé à M. Ribault et Mme Muneret que leur PADD avec « stabilité de la population andrésienne ne s’inscrivait pas dans les objectifs » de l’interco. La critique est d’autant plus incroyable que ces fameux objectifs inscrits dans le plan local d’habitation (PLH, intercommunal) ont été définis et votés par M. Ribault, en tant que… vice-président de la CA2RS.

  • La Chambre d’agriculture IDF émet un avis défavorable :

    Celle-ci constate que ce PADD fait un « état des lieux simplistes et hâtif » des zones agricoles d’Andrésy, comprenant « 115 hectares exploités par six entreprises agricoles » qui ne sont dans aucune zone A (agricole) mais en zone N (naturelle). La Chambre souhaite que le PADD d’Andrésy « affirme la vocation agricole des espaces [de l’Hautil] par un classement en zone A dans le futur PLU ».


C’est donc sans surprise que ce premier PADD sans ambition ne pouvait être accepté par les personnes publiques associées. Une fois réélu, M. Ribault a donc remis ses services d’urbanisme au travail pour un nouveau PADD qui affiche maintenant une « croissance démographique modérée »… C’est ce PLU qui a été présentée à la population et aux élus du conseil, courant 2015...